L'élevage cantalien ne perd plus de bovin
Alors que le cheptel bovin s’effritait dans le département depuis sept ans, 2025 voit cette décapitalisation enrayée contrairement à la tendance nationale. Une tendance durable ?
Alors que le cheptel bovin s’effritait dans le département depuis sept ans, 2025 voit cette décapitalisation enrayée contrairement à la tendance nationale. Une tendance durable ?
Ce sont des statistiques moins scrutées que celles de la démographie cantalienne en début d’année mais non moins riches d’enseignement sur la trajectoire du troupeau bovin cantalien. Au 31 décembre 2025, le Cantal comptait donc 462300 bovins (toujours trois fois plus que d’habitants !), toutes catégories confondues, soit 4 066 têtes de plus qu’un an auparavant. Ce + 0,89 % est certes modeste mais vient stopper une érosion continue depuis sept ans, particulièrement marquée entre 2019 et 2021.
Cheptel bovin : pas encore d’inversion mais une stabilisation
Autre bonne nouvelle : après sept années de décapitalisation du cheptel de souche, 2025 voit là aussi la courbe se stabiliser, à défaut de s’inverser encore : au 31 décembre dernier, les données de l’identification bovine (BDNI(1)) faisaient état de 232850 femelles de plus de 30 mois présentes dans les élevages cantaliens, soit 175 (+ 0,08 %) de plus qu’il a un an. En neuf ans, le département a cependant perdu un peu plus de 20000 vaches (- 8 %). Plus tardive dans le Cantal, la décapitalisation y est aussi enrayée plus rapidement, si cette tendance se confirme en 2026 et les suivantes. Et ce à la faveur de cours des bovins - notamment du maigre - qui ont connu des hausses inédites depuis 15 mois. Preuve que le paramètre de la valorisation est majeur dans l’équation.
La France a elle perdu 10,5 % de son cheptel bovin en cinq ans (- 423000 vaches allaitantes, - 341000 laitières) et la baisse se poursuit en 2025. Rebond des naissances Le nombre de naissances repart lui aussi à la hausse, après cinq années de recul : l’an dernier 208 791 veaux sont nés dans le Cantal, c’est 5 351 (+ 3 %) de plus qu’un an plus tôt. Pour mémoire, on en comptait 230 854 en 2019. On peut par ailleurs relever un décalage dans le temps : avec des mois de janvier et février 2025 déficitaires (- 3469 naissances en cumulé) mais un rattrapage sur avril (/ 2414), juillet (+ 1860), septembre, octobre et novembre (+ 3000 en cumul ces trois mois). Ce rebond des naissances est plus marqué en races aubrac, salers et limousine (avec respectivement + 6,29 %, + 7,60 % et + 4,4 %), à mettre sans doute en relation avec les effets induits de la FCO sur la reproduction en 2023-2024. C’est aussi le cas pour les abondance (+ 8,35 %), simmental (+ 6,6 %) et holstein (+ 5,92 %). Toujours au chapitre des entrées, 2025 se conclut par un repli de 15 % des introductions-achats avec 5330 bovins de moins.
Sur ce sujet : Pourquoi l'Idele prévoit un recul de la production en 2026 ?
Les effets visibles du blocage de l’export
Concernant les sorties, il s’est vendu un peu moins d’animaux pour l’élevage : 185 427, soit - 2,5 %. C’est 12000 têtes de moins que la moyenne de la période 2016-2026. Le blocage des exportations trois semaines en octobre se traduit par une baisse de 34 % des sorties ce mois-là, partiellement rattrapée par les 4 700 sorties supplémentaires de novembre (on retrouve d’ailleurs dans les effectifs bovins totaux 10 000 têtes supplémentaires en novembre 2025). Les sorties pour la boucherie marquent davantage le pas (- 4 %), le phénomène effectif depuis 2017 s’accentuant à la faveur des redressements des cours du maigre. Il s’est ainsi vendu sur l’année écoulée 48223 bovins. Quant à la mortalité, elle est en recul avec 24 023 sorties pour mort, c’est 6 % de moins qu’en 2024. Sur ce critère, on n’observe pas de surmortalité en 2023 et 2024 comme l’auraient laissé penser les épisodes FCO et MHE. Les courbes sont plus hautes à l’automne 2023 mais cette surmortalité saisonnière est compensée sur l’année.
L’aubrac galope
Si l’on s’intéresse aux évolutions des effectifs par race, 2025 s’inscrit dans la continuité de la décennie écoulée, à savoir, en races allaitantes : le recul des effectifs de vaches salers (+ 30 mois), une tendance qui ralentit cependant (- 1 % en 2025, - 10 % depuis 2019) ; l’aubrac suit la trajectoire inverse : la race gagne 2,6 % de vaches en un an, + 9 % depuis 2019, les autres races (limousine, charolaise) stabilisent leurs effectifs après avoir perdu respectivement 10 et 8 % de leur cheptel mère en six ans. Avec 77356 vaches (+ 30 mois), la salers voit sa part grignoter (53 % des vaches allaitantes du département), au profit de l’aubrac (44 433 vaches, 31 %). La limousine représente 12 % des effectifs, la charolaise 3 %. Le taux de croisement poursuit sa progression en salers (près de 47 %) et recule en aubrac (69,4 %).
Le Cantal comptait fin décembre 145 308 vaches allaitantes pour 50 557 laitières. Montbéliarde et prim’holstein continuent se talonner (respectivement 45 et 44 % des effectifs de vaches laitières + 30 mois), avec là aussi une stabilisation en 2025. Toutes deux ont perdu 15 % de leurs effectifs depuis 2019, c’est -18 % pour l’abondance, contre + 29 et + 35 % pour les simmental et les brune.
(1) Données à consolider avec les dernières notifications de l’année.