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L’élevage bovin français : un modèle durable

À l’occasion de la 33e édition du Sommet de l’Élevage, Interbev (Interprofession du Bétail et des Viandes), présente sur l’évènement, proposait entre autres, une réflexion sur un thème central : « Comment valoriser notre production durable de bovin en France, en Union Européenne et dans le monde ? »

© CDA19

L’élevage bovin en France figure parmi les plus durables à l’échelle de la planète. Basé sur un système autonome et herbager, il rend de nombreux services environnementaux, comme la protection de la biodiversité́ et le stockage de carbone dans les sols, et contribue positivement à̀ la préservation des paysages.
De plus, il répond à̀ des standards élevés sur les plans sanitaires, écologique et de bien-être animal. Ces standards sont indispensables pour préserver une souveraineté́ alimentaire. 


Un élevage herbager


La France est le premier producteur européen de viande bovine avec 129 600 éleveurs et un cheptel de 16,9 millions de bovins, dont 96 % de vaches allaitantes nourries au pâturage.
Ce modèle valorise 12,5 millions d’hectares de prairies, contribuant ainsi à la préservation de l’environnement, de la biodiversité, et à l'atténuation des changements climatiques. Ces prairies permanentes non labourées favorisent les stockages de grandes quantités de carbones dans les sols, tout en préservant la qualité de l’eau, notamment grâce aux prairies permanentes non labourées et grâce aux apports réguliers de matières organiques, telles que les déjections. Et contrairement aux idées reçues, ce modèle ne monopolise pas une majorité des SAU aux détriments des autres cultures végétales.


Vers une augmentation de l’exportation


La France demeure le premier pays exportateur de bovins avec 1 470 000 bovins exportés par an vers l’Italie, l’Espagne, l’Algérie, le Maroc… L’élevage représente un secteur économique clé, employant avec 500 000 personnes et générant un chiffre d’affaires de 10,8 millions dont 0,9 million pour l’export d’animaux vivants.
« La France bénéficie d’excellentes conditions d’élevage, notamment à̀ l’herbe, et l’on perçoit mal, à consommation intérieure stable et demande extérieure croissante, l’intérêt qu’elle baisse ses productions alors même que celles-ci ne suffisent plus à̀ son autoconsommation ", lit-on dans le rapport du CGAAER. " Quel avantage à réduire d’une unité́ un cheptel pour lui substituer la même unité́, en provenance de pays moins-disant que la France aux plans environnementaux, bien-être animal et sanitaire ? Si ce n’est celui d’alourdir notre déficit commercial au détriment de notre souveraineté́ alimentaire et d’exporter de la maltraitance animale ». affirme le CGAAER.
La filière bovine s’engage par ailleurs à renforcer le bien-être animal en améliorant les conditions de transport, et en évaluant les pratiques à l’abattoir. Elle vise à répondre aux réglementations strictes de l’UE aux niveaux sanitaire, environnemental et de bien-être animal, conditions indispensables pour maintenir voir développer l’exportation vers l’UE et au-delà. 


Renforcer la contractualisation pour soutenir les éleveurs


Pour lutter contre la décapitalisation des cheptels et redonner des perspectives aux éleveurs et à tous les acteurs de la filière, la réponse semble être le renforcement systématique de la contractualisation. ce mécanisme sécurise les relations commerciales, offre une plus grande visibilité aux acteurs de la filière, et intègre les indicateurs des coûts de production, permettant d’améliorer le revenu des éleveurs. Cela passe notamment par un respect strict des prix de revient.


Vers une production durable


Il est absolument essentiel aujourd’hui de redonner de l'attractivité aux métiers de la filière bovine pour encourager les jeunes à s’y intéresser et à s’y engager. Envisager le travail du futur.


Aussi l'interprofession a-t-elle décidé de collaborer avec l'Institut du Développement Durable et des Relations Internationales (IDDRI). L’institut se penche sur 4 domaines : le climat, la biodiversité et les écosystèmes, l’océan et la gouvernance du développement durable. L'objectif est de placer ces enjeux au cœur des politiques publiques et des stratégies privées.
Pour conclure, Emmanuel Bernard, Président de la section bovine d’Interbev, affirme : « Aujourd’hui, dans ce contexte de rareté, le marché des bovins vifs produits en France se trouve à la croisée des chemins, entre la nécessité de couvrir nos besoins nationaux et celle de répondre à la demande de nos voisins, nos clients historiques. Ces deux voies sont complémentaires, mais elles ne sont pas sans risques. Pour les sécuriser, nous avons besoin que nos autorités, françaises et européennes, nous donnent un cadre sûr, prévisible, et adapté aux réalités de notre filière.».

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