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Les éleveurs allaitants d’Auvergne-Rhône-Alpes échangent avec Olivier Amrane sur l’avenir de la filière

En visite dans le Puy-de-Dôme, Olivier Amrane, vice-président du Conseil Régional AuRA, a échangé avec les éleveurs allaitants sur les défis de la filière, entre décapitalisation, hausse des coûts et soutien régional renforcé.

Olivier Amrane, vice-président de la Région (micro en main) a été reçu sur l'exploitation de Philippe Blateyron (à gauche) et l'ensemble des élus agricoles du département et de la région dont Sabine Tholoniat (en bleu) présidente de la FNSEA 63, Patrick Escure (au centre) vice président de la Chambre régionale d'agriculture AuRA et David Chauve (à droite), président de la FRSEA et président de la Chambre d'agriculture du Puy-de-Dôme.
Olivier Amrane, vice-président de la Région (micro en main) a été reçu sur l'exploitation de Philippe Blateyron (à gauche) et l'ensemble des élus agricoles du département et de la région dont Sabine Tholoniat (en bleu) présidente de la FNSEA 63, Patrick Escure (au centre) vice président de la Chambre régionale d'agriculture AuRA et David Chauve (à droite), président de la FRSEA et président de la Chambre d'agriculture du Puy-de-Dôme.
© M.Comte

Le 29 mai dernier, Olivier Amrane, vice-président du Conseil Régional Auvergne-Rhône-Alpes (AuRA), a visité l’exploitation de Philippe Blateyron à Joze, dans le Puy-de-Dôme, suite à sa demande de rencontrer les professionnels agricoles de la filière

Une rencontre symbolique dans un département60 % des exploitations sont dédiées à l’élevage, dont 25 % à la production de vaches allaitantes.

Avec plus de 87 000 têtes, principalement de race Charolaise, Aubrac et Salers, le Puy-de-Dôme incarne une partie de la force d’AuRA, première région de France en nombre de vaches allaitantes avec près de 600 000 animaux en début d’année.

L’engraissement des bovins, un modèle historique mis à l’épreuve

L’exploitation de Philippe Blateyron, à la fois céréalière et spécialisée en semences potagères, illustre un système du naisseur engraisseur devenu rare dans le département. Ses 45 vaches mères Charolaises, lui permettent d’élever et d’engraisser des bovins qui sont ensuite vendus en direct à des bouchers locaux et à un magasin Intermarché, à raison d’un animal par semaine.

Un système peu représentatif du Puy-de-Dôme, où l’élevage allaitant est majoritairement naisseur, avec des animaux envoyés à l’engraissement, vers l’Italie principalement. 

Pourtant, l’engraissement des animaux était autrefois répandu dans la plaine de la Limagne. La pratique a reculé à la fois par la spécialisation des exploitations, les faibles coûts de la viande durant de nombreuses années et enfin, la disparition des sous-produits de la betterave sucrière, après à la fermeture de la Sucrerie de Bourdon. Sabine Tholoniat, présidente de la FNSEA 63, a rappelé : « cette complémentarité entre cultures et élevage a longtemps structuré l’agriculture locale, ici en Limagne ».

À l’échelle régionale, la filière allaitante reste marquée par une forte orientation vers l’export (64% des veaux mâles). Seulement 13% des jeunes bovins sont engraissés sur le territoire

Malgré une décapitalisation moins prononcée qu’au niveau national (10 % de bovins en moins en dix ans), les professionnels alertent sur la nécessité d’enrayer ce phénomène et de soutenir l’installation des jeunes. La Région a d’ailleurs renforcé ses aides, avec l’une des Dotation Jeunes Agriculteurs (DJA) les plus élevées de France et des subventions pour la modernisation des bâtiments d’élevage.

À lire aussi : Petites retraites agricoles : Julien Brugerolles défend une loi de “justice sociale”

Soutien régional et défis économiques

Durant cette rencontre, les éleveurs ont insisté auprès d’Olivier Amrane sur l’importance du soutien du Conseil régional à l’agriculture et la filière viande. Une aide d’autant plus nécessaire que l’augmentation des prix cette dernière année a, à la fois redonner du souffle aux élevages et alourdi la valeur des cheptels.

François Garrivier, président du comité de filière bovine AuRA, explique : 

Le cheptel qui valait une certaine valeur il y a huit mois, a vu celle-ci être multipliée par 1,5 aujourd’hui. Les capitaux à transmettre, soit au fils qui arrive en exploitation, soit à de nouvelles personnes, sont donc encore plus importants. Le poids capitalistique, déjà énorme en viande bovine, l’est encore davantage. »

Les professionnels ont également évoqué les tensions récentes sur le marché de la viande avec une baisse des prix, après qu’ils aient atteint des sommets. « La mayonnaise a tourné parce qu’il y a une situation mondiale qui est compliquée en ce moment», résume François Garrivier. À cela s’ajoute l’imprévisibilité des crises sanitaires, comme la DNC en 2025 dans les Savoies, qui a entraîné l’abattage de troupeaux. Ou encore, l’explosion des charges sous l’effet du conflit au Moyen-Orient. 

La Région, par la voix d’Oliver Amrane, reste déterminée à soutenir la production locale.

On veut vraiment co-construire les choses. Le Conseil Régional prend ses responsabilités, mais on essaie de faire les choses ensemble, même dans la difficulté. Si on avait juste une lecture comptable, on n’investirait pas dans l’agriculture, compte tenu du nombre d’hectares et de la densité. La Région a fait le choix inverse.» 

Le vice-président a rappelé que le budget agricole régional a été multiplié par quatre, passant de 35 à 120 millions d’euros. 

En AuRA, 134 000 tonnes équivalentes carcasses sont produites alors que la consommation régionale de viande bovine atteint 183 000 tonnes. La région a d’ailleurs la chance de compter encore plusieurs abattoirs, de diverses tailles. 

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