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L’eau-tonomie, de la source à l’abreuvoir

Durant la dernière semaine de janvier, la chambre d’agriculture et les GDA de la Creuse ont organisé des visites d’exploitation afin de montrer un panel représentatif de solutions trouvées par les éleveurs et leurs conseillers pour faciliter leur accès à l’eau.

Améliorer la qualité
Avec une consommation totale de 1 200 m³ par an, le Gaec Sauthon à Sannat avait une facture d’eau conséquente. En 2014, il a donc fait le choix de créer une retenue d’eau afin d’alimenter les bâtiments (une centaine de vaches mères). Cette retenue de 950 m² permet d’économiser 1 000 m³ par an environ, le complément reste apporté par le réseau, particulièrement en période de sécheresse. Cependant, cette eau issue de la surface n’est pas d’une qualité idéale pour l’abreuvement, son analyse a montré une forte teneur en coliformes, E. Coli, etc. Pour la santé des animaux et leurs performances de croissance, il a donc fallu réfléchir à un système d’assainissement. La solution retenue est l’installation sur le circuit d’eau d’une station de traitement. Le traitement se fait en 3 étapes. Un premier filtre (sable et charbon actif) permet d’éclaircir l’eau, en la déchargeant des particules en suspension. La seconde étape est une potabilisation aux ultraviolets (UV), qui élimine toutes les bactéries. Enfin, l’adjonction d’un traitement léger au chlore permet de maintenir la potabilité dans la suite du circuit jusqu’aux abreuvoirs. La maintenance du matériel est assurée par la société qui l’a installé, à charge pour l’éleveur de préparer la solution de chlore environ une fois par semaine. La dernière analyse d’eau a montré une nette diminution des bactéries dans l’abreuvoir mais pas leur suppression, les derniers mètres de tuyauterie contenant probablement des résidus biologiques. L’installateur recommande donc un nettoyage poussé de ses derniers mètres. Ceci pourra être réalisé en remplaçant le chlore par une autre solution pendant quelques semaines.
L’installation de cette station de traitement a coûté environ 10 000 €HT (frais de dossier compris) avec une prise en charge de 40 % par la Région Nouvelle-Aquitaine.

Où prendre l’eau ?
Si le Gaec Sauthon a choisi de créer une retenue, les solutions de captage sont nombreuses. Puits et forages sont ainsi des pratiques communes en Creuse. Le Gaec Bigouret-Renault, à Genouillac, a lui opté pour la récupération des eaux de drainages existants. Une alimentation gravitaire permet ensuite de distribuer cette eau dans les parcelles et dans une réserve de 10 m³.
Pour les parcelles non alimentées mais disposant d’un cours d’eau, le Gaec a bénéficié du soutien du Syndicat mixte du bassin de la petite Creuse, qui a pris en charge 100 % du coût d’une pompe solaire mobile afin de mesurer son intérêt. Cet équipement a un double objectif environnemental et sanitaire en évitant le piétinement des berges par les animaux et la consommation d’une eau trop souillée.

Un cadre réglementaire strict
Si chacune des huit exploitations visitées a trouvé une solution pratique à son cas de figure, il n’existe pas de solution universelle. De nombreux critères sont à prendre en compte avant de se lancer dans les travaux : réglementation, état de l’existant, distance à parcourir, type et nombre d’animaux à abreuver, qualité sanitaire attendue, etc. Les techniciens de la Chambre d’agriculture sont à votre disposition pour voir avec vous quelles techniques sont les plus adaptées à votre situation.

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