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RÉSILIENCE
L'Earl du Claveix a atteint l'autonomie alimentaire

À Cisternes-la-Forêt dans les Combrailles, David Cohade, qui s'est converti au bio en 2010, a revu l'organisation de son
exploitation laitière pour de ne plus être dépendant des intrants en tout genre.

David Cohade multiplie les initiatives pour rendre son exploitation plus résiliente comme l'entretien de ses sources.
David Cohade multiplie les initiatives pour rendre son exploitation plus résiliente comme l'entretien de ses sources.
© M. Comte

David Cohade a le sourire. Il y a 10 ans, il a entamé des changements de taille au sein de son exploitation laitière pour atteindre, depuis deux ans, l'autonomie alimentaire totale de son troupeau laitier. De la dépendance à l'indépendance, le chemin est long, pavé de nombreux doutes, mais la récompense finale est l'assurance d'une résilience solide, d'autant plus appréciable dans le contexte inflationniste actuel.

Les méteils, l'assurance céréalière

Il y a un peu plus d'une décennie, David Cohade n'imaginais pas revoir l'intégralité de son système laitier. Sous les encouragements de Sodiaal et "parce que mes pratiques n'étaient pas très éloignées du bio", il converti son exploitation laitière. Jusque-là sur la route d'un système productif, l'éleveur ne ménageais pas sa trésorerie pour les achats d'aliments. "J'étais même entré dans un système de distribution d'aliment à volonté." La facture est salée en conventionnel, elle explose en bio ! L'éleveur cisternois est contraint de revoir ses pratiques pour survivre.
Il commence par une bonne dose de formations et multiplie les visites chez d'autres producteurs. Dès lors, il fait de sa culture de triticale, des méteils dont il élabore les mélanges pour obtenir une culture adaptée au contexte pédo-climatique de son exploitation et avoir une ration équilibrée. "J'ai opté pour des espèces et des variétés solides et qui mûrissent toutes en même temps. J'arrive à obtenir un taux de protéine entre 16 et 18."  Blé, triticale, avoine, épeautre, orge et pois sont devenus l'équipe gagnante de l'éleveur. Depuis peu, il essaie d'intégrer de la féverole à cette dernière, toujours dans l'idée d'avoir la ration céréalière la plus complète possible.

L'herbe au cœur du système

L'autonomie alimentaire ne passe pas seulement par les méteils. Ceux-ci ne couvrent qu'entre quatre et six hectares des 78 hectares que compte l'exploitation. L'herbe est majoritaire et reprend sa place de culture à part entière au sein du système. La pâturage tournant est mis en place pour "optimiser la pousse de l'herbe et la valorisation par les animaux". "Mangée au bon moment, l'herbe vaut un aliment" assure-t-il.
Du côté des prairies temporaires, David Cohade adopte là aussi de nouveaux mélanges résistants aux conditions sèches. Quant à la récolte, il diversifie ses pratiques et surtout les enclenche au moment le plus opportun. " Il n'y a pas de secret. Récoltée tôt et dans de bonnes conditions, on arrive à avoir de l'herbe avec des taux de matière azotée très correcte."
Les années propices, David Cohade valorise également ses prairies humides. Là où elles sont suffisamment portantes, il réalise un "toping" soit une fauche de l'herbe la veille ou l'avant-veille de l'entrée en patûrage des vaches. "Elles n'offrent pas beaucoup d'herbe mais permettent de compléter les manques notamment les années de sécheresse."

Aliment et tourteaux bannis

Mis bout à bout, l'ensemble de ces nouvelles pratiques permet à l'exploitation d'être autonome depuis deux ans. "Il n'y a que les années sèches où j'achète un peu de grain et/ou de luzerne." Une petite révolution qui ne s'est pas fait sans inquiétude. Si David Cohade avoue avoir "considérablement diminué" ses charges de production, il explique avoir également perdu du lait. Ses 40 vaches Prim'Holstein produisent désormais " environ 5 800 litres contre 1 500 litres supplémentaires auparavant" mais le contexte actuel renforce la stratégie gagnante de l'éleveur. "Je n'étais pas tranquille à l'idée d'arrêter les achats d'aliments. Mais quand je regarde le coût de l'aliment actuellement et les cours du lait bio, je me dis qu'heureusement j'ai pris ce virage. "
Moins de lait certes mais aussi moins de charges de production, la comptabilité de l'Earl du Claveix s'en ressent positivement. La machine étant désormais bien amorcée, David Cohade et son épouse, Béatrice, ne s'arrêtent pas là. Ensemble, ils recherchent inlassablement des solutions pour être plus résilient face aux aléas économiques et climatiques.
 

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