Peste porcine africaine : des transmissions entre sangliers et élevages confirmées
Une étude française révèle l’ampleur méconnue des transmissions croisées entre élevages et faune sauvage, bouleversant les stratégies de lutte contre la peste porcine africaine.
Une étude française révèle l’ampleur méconnue des transmissions croisées entre élevages et faune sauvage, bouleversant les stratégies de lutte contre la peste porcine africaine.
La peste porcine africaine (PPA) ne connaît pas de frontière entre les porcins domestiques et sauvages. C’est ce que démontre une étude inédite publiée le 31 mars 2026 dans Nature Communications par des chercheurs d’INRAE, de l’École nationale vétérinaire de Toulouse (ENVT) et de l’Anses.
En analysant l’épidémie roumaine de 2018 qui représentait alors 66 % des foyers européens, les scientifiques ont mis au jour un mécanisme de transmission bidirectionnel et insidieux. Si 60 % des contaminations en élevage proviennent d’autres exploitations, 27 % sont imputables aux sangliers.
Plus surprenant encore, 40 % des infections chez les sangliers trouvent leur origine dans les élevages porcins. Un constat qui remet en cause les approches de contrôle actuelles, trop centrées sur les seuls élevages.
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Forêts et élevages : un cocktail explosif pour la peste porcine
Le modèle épidémiologique développé par l’équipe révèle que les zones à forte couverture forestière, habitats de prédilection des sangliers, amplifient la diffusion et la persistance du virus.
En Roumanie, l’épidémie de 2018 a ainsi été alimentée par un va-et-vient constant entre les deux populations, avec des conséquences économiques désastreuses pour la filière porcine.
L’étude offre ainsi une feuille de route scientifique pour adapter les politiques publiques, alors que la maladie menace désormais la souveraineté alimentaire européenne.
Les chiffres sont éloquents, depuis juillet 2025, l’Europe a enregistré 758 foyers domestiques et 6 902 cas sauvages, avec une progression inquiétante vers l’Ouest (Allemagne en 2020, Italie en 2022, Espagne en 2025). Riens qu’entre février et mars 2026, 716 sangliers infectés ont été détectés, principalement en Pologne, Italie et Allemagne.
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