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Foire chevaline
Le succès commercial de la foire aux chevaux de Maurs a du mal à masquer le ras-le-bol

Les cours restent solides et les acheteurs au rendez-vous à Maurs. Mais diverses pressions inquiètent. 

Des chevaux lourds montent dans un semi-remorque bétaillère.
Des cours soutenus, portés par une demande toujours forte. 
© R. Saint-André

Foire aux chevaux de Maurs : un marché toujours dynamique dans le Cantal

Les chiffres parlent d’eux-mêmes. Sur le foirail du Vert, 340 animaux étaient présents ce jeudi matin pour une foire dont la réputation déborde largement les frontières du Cantal.

Les poulains se sont échangés entre 2,40 et 2,70€/kg vif, tandis que les juments ont atteint des niveaux encore plus élevés, avec un record établi à 3,55 €/kg pour un animal de 1170kg. Les vendeurs convergent de toute l’Auvergne et du Limousin, mais aussi du Tarn, de l’Aveyron et même des Charentes.

Côté acheteurs, le marché reste dominé par les Italiens, très demandeurs, suivis par les Espagnols et des marchands bretons qui exportent vers le Japon.

Un marché des chevaux qui dépasse les frontières

Impliqué dans les foires chevalines de Maurs depuis 1985, Roger Condamine préside aujourd’hui l’organisation de ce rendez-vous reconnu comme la première foire aux chevaux de France.

Pourtant, derrière la vigueur du marché, il ne cache pas son épuisement après des années qu’il décrit comme “florissantes, festives et que tout le monde enviait”.

Des tensions autour de l’organisation de la foire

“Tout cela constitue de bien mauvaises récompenses pour ceux qui essaient de faire vivre le pays.”
Roger Condamine, président du comité des Foires chevalines de Maurs

Au moins trois griefs se cumulent aujourd’hui pour les organisateurs.

Le premier concerne la présence régulière d’associations animalistes sur les foires, même sous surveillance de la gendarmerie nationale, qui, selon Roger Condamine, “veulent la peau de la première foire chevaline de France”.

Le deuxième tient à un environnement administratif jugé de plus en plus contraignant. Roger Condamine dénonce des contrôles qu’il considère comme absurdes : “Perte de temps et d’argent”, explique-t-il, évoquant des agents qui vérifient le travail effectué en amont, notamment les puces posées par les vétérinaires et les carnets remplis par l’IFCE.

Ces contrôles s’effectuent également à la pesée, derrière les bascules où les acheteurs pèsent leurs chevaux.

“Seulement trois animaux ont été retirés car trop maigres.” (sur 340 chevaux présents)
Dr Éric Février

Des coûts supplémentaires pour la foire

Troisième motif d’irritation : le coût financier que ces contraintes font peser sur l’organisation.

Ce jeudi, l’IFCE – service d’État – ne s’étant pas déplacé, l’organisation a dû prendre en charge deux vétérinaires, “potentiellement remboursés par la communauté de communes, en soutien”, espère Roger Condamine.

Au final, le bilan sanitaire reste limité : “Trois animaux ont été retirés car trop maigres”, précise le docteur Éric Février, vétérinaire présent ce jour-là, ajoutant que “cela n’a pas fait d’histoire, les vendeurs étant bien conscients qu’effectivement leurs animaux étaient trop peu en forme”.

Les prochains rendez-vous à Maurs

Deux rendez-vous restent programmés sur le foirail du Vert à Maurs :

  • le marché aux chevaux “sports et loisirs”, le samedi 4 avril
  • la foire aux animaux gras, le 5 mai

    À la foire aux chevaux de Maurs

    STOP AUX AMALGAMES ! 
    Toutes les associations de protection de la cause animale présentes à Maurs  ne partagent pas les mêmes méthodes, ni les mêmes analyses. Isabelle Renault, d’Équ’ilvive (Tarn), tient à se démarquer clairement des groupes qu’elle accuse de rechercher des “images sensationnalistes qui incitent à la haine” et de mal connaître le monde animal. Elle choisit au contraire de témoigner des progrès accomplis sur la foire maursoise. Si elle formule quelques critiques sur les éditions 2012, elle note une nette amélioration dès 2014 et dit n’avoir rien à signaler depuis, saluant les efforts conjoints des organisateurs et des autorités, ainsi que l’application du décret européen sur la traçabilité. Face aux arguments les plus souvent mis en avant par les opposants à la foire, elle répond point par point. Une blessure visible dans un camion ? “Une toute petite blessure en vidéo, zoomée, devient impressionnante ; de toute façon, si l’animal nécessite des soins,  il n’est pas déchargé.” Le bâton ? “C’est pour guider, pas pour faire mal.” L’absence d’eau ? “Faux, il y a bien de l’eau à volonté, il suffit d’y amener un seau. Et il est normal qu’un cheval stressé par le voyage boude son fourrage.” Isabelle Renault dénonce surtout un amalgame récurrent entre les chevaux de boucherie et ceux de compagnie, qui se retrouvent le même jour sur le même foirail, à quelques boxes d’écart (photo) mais ne sont évidemment pas destinés à l’abattoir. Elle formule enfin un avertissement pragmatique : en cherchant à détruire des rassemblements encadrés comme celui de Maurs, les associations les plus radicales ne stopperont pas le commerce, qui se déplacera simplement en ferme, “sans encadrement aussi strict, ni public, et donc dans des conditions bien plus opaques”.

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