Le sous-préfet de Montluçon à l'écoute des JA 03
Les Jeunes Agriculteurs (JA) du canton de Cérilly-Hérisson-Marcillat, accompagnés de la FNSEA 03, ont organisé mercredi 25 mars, à Saint-Angel, une rencontre avec le sous-préfet de Montluçon, Laurent Alaton.
Les Jeunes Agriculteurs (JA) du canton de Cérilly-Hérisson-Marcillat, accompagnés de la FNSEA 03, ont organisé mercredi 25 mars, à Saint-Angel, une rencontre avec le sous-préfet de Montluçon, Laurent Alaton.
À Saint-Angel, les Jeunes Agriculteurs interpellent le sous-préfet sur les défis du monde agricole
Accueillie sur l’exploitation de Justin Labouesse, cette réunion avait pour objectif d’aborder les enjeux majeurs de l’activité agricole locale et de permettre aux Jeunes Agriculteurs de faire entendre leurs attentes.
Entre problématiques nationales et préoccupations de terrain, les échanges ont été nourris et directs.
Des enjeux nationaux qui pèsent sur les exploitations
« Nous voulions rencontrer Monsieur le sous-préfet pour lui parler des problématiques du secteur, des problèmes locaux ainsi que des enjeux nationaux », a expliqué Pierre Lamarque, président du canton des Jeunes Agriculteurs de Cérilly-Hérisson-Marcillat.
Parmi les sujets prioritaires cités par chaque acteur du monde agricole présent : le Mercosur, la PAC, mais la préoccupation du moment est la flambée du GNR (Gazole Non Routier).
« Le gasoil a doublé », a dit Pierre Lamarque. « Ce sont des gros coûts sur les exploitations. Avec des prix de céréales aussi bas et du gasoil aussi cher, ce n’est pas viable du tout ».
Une position partagée par Justin Labouesse, jeune agriculteur qui accueillait la rencontre sur son exploitation en polyculture élevage de 420 hectares : « sur une exploitation comme la nôtre, à l'année ça fait plus de 20 000 € », souligne-t-il. « On ne maîtrise pas le cours du blé puisqu’il est mondial, on ne peut pas vendre notre blé plus cher ».
Taille des haies et gestion de l’eau
Les Jeunes Agriculteurs ont mis en avant des problématiques locales.
Concernant les dates de taille des haies et de broyage, les agriculteurs réclament une gestion au niveau départemental adaptée aux conditions climatiques.
« Il y a eu un zonage par arrêté préfectoral qui a enlevé 23 communes qui sont vers Cérilly et Le Brethon », relate Pierre Lamarque. « Ce qui n’est pas logique parce qu'ils sont aussi mouillés que nous ».
Autre sujet crucial : la gestion de l’eau.
Le président du canton des Jeunes Agriculteurs de Cérilly-Hérisson-Marcillat, Pierre Lamarque, a insisté sur le manque de retenues et la nécessité d’adapter la réglementation : « les années sont de plus en plus sèches ; il y a un manque de retenues d'eau qui est très important ».
Il plaide pour davantage de souplesse : « nous avons expliqué au sous-préfet que nous aimerions avoir le droit de curer des mares, de curer des fossés, qu’on nous laisse faire des retenues d’eau, que ce soit sur l'abreuvement ou l'irrigation ».
Durant la réunion avec Laurent Alenton, la question de construire un barrage à Chambonchard a été soulevée.
« Avec les trois-quatre crues du Cher qu'il y a eu en janvier dernier, cela aurait rempli un barrage. On aurait pu avoir de l'eau pour l'été que ce soit pour le monde agricole ou même pour nous, usagers », a-t-il exposé.
Un avis partagé par Christophe Jardoux, président de la Chambre d’agriculture de l’Allier.
« Le sujet du barrage de Chambonchard devrait être remis sur le dessus de la pile », a-t-il insisté. « Dans le département, on a deux axes réalimentés qui sont l'Allier et la Loire. L'axe Cher, il n’y a rien ».
Un barrage était en question à Chambochard.
Christophe Jardoux rappelle : « c'est sous le mandat de Lionel Jospin, décédé récemment, où le barrage avait été arrêté pour compensation envers les écologistes et l'arrivée de Madame Voynet au gouvernement. Nous devons en parler parce que c'est important pour l'agriculture, pour l'industrie, mais aussi l'eau potable ».
Installation des jeunes
Point incontournable du secteur agricole, l’installation des jeunes.
Ludivine Lot, vice-présidente des JA, en charge du dossier installation aux JA Auvergne-Rhône-Alpes, a rappelé l’importance du renouvellement des générations : « le renouvellement des générations est un axe principal à aborder, mais le frein des installations est aussi dû à tous les sujets que nous avons abordés ».
Justin Labouesse a rappelé les difficultés d’installation : « sur environ 30 élèves en BTS, nous étions seulement 10 à nous installer. Hors cadre familial, c'est très compliqué ».
Selon lui, le coût des investissements et l’incertitude sur l’avenir freinent les vocations.
Malgré tout, la passion du métier reste intacte : « je ne regrette pas d’être agriculteur, je ne changerai jamais de métier ».
Un sous-préfet à l’écoute
Pour Laurent Alaton, cette rencontre avait avant tout pour but de mieux comprendre les attentes de la profession.
« Il y a une grosse attente de leur part ; l'objectif des Jeunes Agriculteurs, c'était plutôt de passer les messages », a-t-il expliqué.
Le représentant de l’État a souligné l’importance des sujets abordés, notamment « la gestion de l'eau, la gestion des haies » ou encore « les questions autour du photovoltaïque ».
Il a assuré vouloir relayer ces préoccupations : « j'entends, j'écoute, je vais tâcher d'être le relais et puis mieux comprendre quelles sont les difficultés de la profession ».
Le président de la Chambre d’agriculture de l’Allier, Christophe Jardoux a salué l’initiative des JA du canton de Cérilly-Hérisson-Marcillat pour avoir organisé cette rencontre.
Présent également, Geoffrey Rivaux, président de la FNSEA 03, a constaté avec satisfaction : « aujourd'hui, nous sommes sur un canton où il y a beaucoup de jeunes très motivés pour l'installation, mais aussi pour défendre tous les sujets. C’est notre force aujourd'hui ».
Il a conclu sur l’importance du dialogue tout en signifiant à nouveau que : « notre agriculture est au bord de la rupture. Les charges explosent : carburants, énergie, engrais, intrants. Nos demandes sont claires : un bouclier contre l’explosion des charges, une protection réelle contre les distorsions de concurrence, des compensations immédiates pour l’impact du MACF (Mécanisme d'Ajustement Carbone aux Frontières), des décisions rapides pour sauver nos exploitations. Nous voulons avancer et travailler sur les dossiers. La FNSEA 03 est force de proposition ».
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