Chambre d'agriculture de l'Allier : Christophe Jardoux fixe le cap
Élu président de la Chambre d’agriculture de l’Allier par ses pairs le 20 février 2025, Christophe Jardoux dresse un premier bilan et présente les grandes orientations à venir.
Élu président de la Chambre d’agriculture de l’Allier par ses pairs le 20 février 2025, Christophe Jardoux dresse un premier bilan et présente les grandes orientations à venir.
Premier bilan avec le nouveau président de la Chambre d’agriculture de l’Allier
Christophe Jardoux, vous vous êtes engagé très tôt auprès de syndicats et d’organismes.
Christophe Jardoux : L’engagement s’est fait progressivement.
Je me suis impliqué dans le syndicalisme dès mon installation ; je suis également administrateur de la coopérative FEDER depuis 1997.
Après plusieurs années en tant qu’administrateur, puis vice-président, c’est en 2021 que j’ai pris la tête du syndicat FNSEA 03.
En 2025, au moment des dernières élections de la Chambre d’agriculture, une nouvelle équipe s’est constituée.
J’ai alors conduit la liste qui a été majoritairement élue.
Quelles sont les actions d’une Chambre d’agriculture ?
C.J. : Les Chambres ont été créées en 1924 pour accompagner le développement agricole.
Avec la PAC et la complexité administrative, nous avons dû renforcer l’accompagnement réglementaire.
Mais notre rôle, c’est aussi la technique, l’innovation, l’appui économique.
Aujourd’hui, nous menons des essais variétaux en grandes cultures et nous testons l’efficacité de produits.
Nous accompagnons des groupes d’éleveurs et apportons du conseil.
Nous gérons aussi des missions réglementaires comme l’identification des bovins et des ovins.
Enfin, nous jouons un rôle politique d’interface avec les services de l’État sur l’aménagement du territoire entre autres ou plus particulièrement dans le cadre de crises sanitaires, climatiques.
Comment s’est déroulée cette première année de mandature ?
C.J. : J’ai pris mes fonctions en l’absence de direction : pendant six mois, j’ai assuré l’intérim, lancé le recrutement, structuré l’équipe.
Nous avons mis en place des commissions avec des élus référents et des responsables de service.
Ces commissions se sont réunies à plusieurs reprises pour élaborer un projet de mandature avec pour maître-mot « relancer la production » et pour fil conducteur « renouveler les générations », en cohérence avec les niveaux régional et national.
Quelles sont les actions engagées pour l’installation ?
C.J. : L’amélioration du parcours à l’installation est une priorité.
Un contrat de partenariat renforcé a été initié avec Cerfrance Terre d’Allier pour mieux accompagner et suivre nos jeunes agriculteurs.
Nous avons aussi des partenariats avec les communautés de communes, la SAFER (Société d'Aménagement Foncier et d'Établissement Rural) et tous les partenaires de l’agriculture pour mieux coordonner les départs en retraite ainsi que les installations, notamment via les « casse-croûtes de la transmission », qui rencontrent un réel succès sur le terrain.
Après les élections municipales, nous reprendrons le travail avec les communautés de communes renouvelées.
Quels sont les projets phares pour 2026 ?
C.J. : Le stockage de l’eau constitue un enjeu majeur.
Les élus et la commission eau ont prévu une journée technique et politique afin de faire avancer ce dossier stratégique.
Il n’y aura pas de relance de production sans maîtrise de l'eau, que ce soit pour l'élevage ou les grandes cultures.
Autre projet important : la création d’un fonds revolving pour aider les agriculteurs à acquérir du cheptel de souche.
Il y a peu, nous avons également entrepris un plan de relance de l’engraissement dans le département en lien avec la Région Auvergne-Rhône-Alpes dans le cadre de la souveraineté alimentaire.
Pour l’environnement, sur quels points la Chambre travaille-t-elle ?
C.J. : La Chambre travaille activement sur le dossier zones vulnérables, avec des propositions visant à simplifier son application et à coller beaucoup plus au terrain.
La directive nitrate est devenue une usine à gaz où tout le monde s'y perd.
Nous avons fait des propositions pour que notre région soit en mode d’expérimentation au niveau national, et nous attendons maintenant le retour de la DREAL (Direction Régionale de l’Environnement, de l’Aménagement et du Logement).
Quelles sont les difficultés rencontrées aujourd’hui ?
C.J. : Les discussions autour de la gestion de l’eau restent tendues, notamment avec l’agence Loire-Bretagne.
La réalité de terrain de l'agence de l'eau est en totale déconnexion de la réalité du monde agricole.
Nous bataillons fort là-dessus.
Le travail de Gérald Bacconnier, qui est notre élu référent, est essentiel.
Il participe à beaucoup de réunions avec la commission eau.
La Chambre reste aussi mobilisée pour accompagner les agriculteurs face aux aléas, comme lors des tempêtes de 2025, en facilitant notamment les démarches d’indemnisation (dossier RTE).
Quel message voulez-vous adresser aux agriculteurs de l’Allier ?
C.J. : La volonté et l’implication des élus sont fortes.
Nous sommes au service de tous les agriculteurs du département.
Notre orientation est bien dans la relance de la production.
En partenariat avec le syndicalisme majoritaire et nos Jeunes Agriculteurs, nous sommes et serons sur tous les sujets pour que demain la ferme Allier soit toujours ancrée économiquement sur notre territoire.
L’essentiel demeure avant tout dans la viabilité économique de nos exploitations, un atout majeur pour préserver les emplois dans nos territoires ruraux pour en faire rejaillir les bénéfices à l’échelle départementale et même au-delà.
En terres bourbonnaises, l’agriculture s’impose comme un levier économique incontournable, qu’il serait imprudent de négliger.