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Santé
Le service de réanimation du CMC menacé

Le personnel médical du CMC s’indigne contre le projet de l’ARS de réduire le nombre de lits de réanimation sur Aurillac.

Jacques Markarian, président de la CME du centre médico- chirurgical d’Aurillac, a affirmé qu’il se battrait jusqu’au bout.
Jacques Markarian, président de la CME du centre médico- chirurgical d’Aurillac, a affirmé qu’il se battrait jusqu’au bout.
© CR

La décision semble irrévocable. François Dumuis, directeur général de l’Agence régionale de santé d’Auvergne (ARS), a annoncé lors d’une réunion le 18 juin, la suppression des lits de réanimation du centre médico-chirurgical de Tronquières (CMC) en février 2014. Actuellement, le Cantal dispose de 14 lits de réanimation répartis en deux pôles : le pôle de réanimation du CMC, (huit lits), et celui du centre hospitalier Henri-Mondor (CHHM), doté de six lits. Dans une optique de réduction des dépenses, et avec une visée nationale d’un ratio d’un lit pour 10 000 habitants, l’ARS justifie la disparition de six lits(1) sur Aurillac, en centralisant les huit restant au CHHM. Une logique que dénonce l’ensemble du personnel hospitalier du CMC, qui fustige en outre l’absence d’écoute de l’ARS face au cas cantalien, un département qui, de part son enclavement et la spécificité de sa population, mériterait, comme l’a affirmé lors d’une conférence de presse organisée le 25 juin Jacques Markarian, président de la CME(2), “une enquête plus poussée, faite par un comité technique d’experts en réanimation”. De plus, cette décision va à l’encontre du Contrat pluriannuel d’objectifs et de moyens (CPOM) signé en 2008 par les deux pôles de réanimation d’Aurillac, qui travaillent en étroite collaboration. Même si dans le Cantal, une partie de la population du bassin de Saint-Flour se fait soigner à Clermont-Ferrand, ceci “ n’explique pas la diminution du nombre de lits dans le département, lorsqu’on sait que 20 % des patients en réanimation proviennent de l’Aveyron, du Lot et de la Corrèze”, a complété le président de la CME. La requête du CMC est donc de maintenir au minimum 14 lits.

Des conséquences sur la qualité des soins

Face à l’intransigeance affichée par le responsable de l’ARS, le personnel du CMC a décidé de se mobiliser pour sauver le service et l’accès à des soins de qualité dans le Cantal. Le docteur Karim Debbat, à la tête du service réanimation du CMC, a expliqué que cette décision prise “sans concertation et sans discussion possible aura un impact énorme sur la qualité des services de santé dans le Cantal, mais aussi sur l’accès aux soins et sur l’emploi”. En effet, cette suppression risque d’altérer l’attractivité du service en termes d’emploi. Karim Debbat, arrivé depuis peu d’Avignon, peut en témoigner : “Le Cantal, on le sait, ne fait pas partie des départements les plus attractifs, mais les deux pôles de réanimation de qualité qu’offre Aurillac, sont un réel plus pour attirer de jeunes médecins.” Si le service de réanimation du CMC venait à disparaître, ce sont entre 30 et 35 emplois qui seraient supprimés au sein de l’établissement et du laboratoire Sylab, tandis que des équipes médicales ne seraient pas renouvelées, avec une difficulté à recruter de jeunes spécialistes. Autre conséquence, une prise en charge des patients retardée et des transferts très coûteux vers les CHU les plus proches . Le docteur Constantin, chef du service réanimation au CHU Estaing de Clermont-Ferrand, a même assuré qu’ “il lui serait impossible d’accueillir les patients cantaliens”. De plus, le déménagement de tous les lits de réanimation vers le CHHM nécessiteront l’agrandissement des locaux et donc, des coûts supplémentaires. Concrètement, le CMC dénonce “une décision non justifiée et un risque sanitaire majeur face à une population vieillissante” (12 % de la population cantalienne a plus de 75 ans). (1) L’ARS a annoncé la possibilité de passer de 14 à 10 lits au lieu de 8. (2) Conférence médicale d’établissement.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Plus d'infos à lire cette semaine dans L'Union du Cantal.

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