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Le secteur de Saugues sous surveillance

Deux agents de la Brigade Mobile d'Intervention (BMI) Loup étaient mobilisés du 22 au 26 juin sur le secteur de la Margeride.

© AdobeStock

Aggravation des attaques de loups en Haute-Loire

Depuis le début de l'année 2026, le département a subi 10 attaques perpétrées par le loup générant 65 victimes parmi les troupeaux d'ovins, des chiffres qui traduisent une aggravation de la situation par rapport à 2022 et 2025 pour cette même période. 

Tout le monde garde notamment en tête la violente attaque subie par une exploitation ovine de Landos qui a généré 25 victimes...

En savoir plus : Un loup frappe un troupeau ovin à Landos

Cette situation a conduit le Préfet de Haute-Loire, Yvan Cordier, à solliciter pour la seconde fois la Brigade Mobile d'Intervention. La précédente intervention de cette brigade spécialisée de l'OFB remonte à septembre 2025.

La Brigade Mobile d'Intervention à Saugues

De 22h à 2h du matin, les deux agents équipés d'armes à vision nocturne avaient pour mission de protéger le territoire de la Margeride. Et si d'aventure, un loup décidait de passer à l'attaque sur un troupeau d'ovins installés dans un parc bénéficiant de mesures de protection, les agents avaient pour ordre de tirer.


« La Margeride est un environnement difficile qui rend la chasse du loup complexe, c'est pourquoi j'ai sollicité la venue de cette brigade auprès du Préfet de Région. Nous sommes là pour aider les éleveurs. J'invite d'ailleurs ceux qui se situent en cercle 2 à effectuer une télédéclaration afin qu'ils puissent procéder à des tirs de défense simple. La Chambre d'agriculture et la DDT se tiennent à leur disposition pour les aider dans ces démarches » a indiqué le Préfet.

Lire aussi : Télédéclarer votre demande de tir de défense sur Démarche Numérique

Nouvelles mesures pour lutter contre la prédation

Les services de l'État ont pris d'autres mesures : fin mai, plus de 90 communes du département (partie sud) ont été placées en cercle 2. Même s'il a bien conscience que ces mesures ne vont pas résoudre tous les problèmes de prédation, Yvan Cordier a par ailleurs décidé de relancer 2 projets entrepris en 2024 :


« une étude sur la non-protégeabilité des territoires ainsi que le financement d'une expérimentation via une équipe mobile chargée de mettre en place des filets de protection pour les troupeaux. Il ajoute aussi que le statut du loup a changé en Europe et que le projet de loi d'urgence agricole traite également du loup ; tout ceci devrait faciliter la gestion du loup sur nos territoires. Certes, la législation évolue mais il faut continuer à privilégier la protection des troupeaux ».

En savoir plus : Changement du statut de protection du loup

Si aucune meute ne serait pour l'instant installée en Haute-Loire, notre territoire reste pour l'instant une zone de colonisation vu sa proximité avec l'Ardèche et la Lozère.

Loup : une profession agricole en souffrance
Invités à Saugues le 23 juin dernier par le Préfet de Haute-Loire, Yvan Cordier, à l'occasion de l'intervention de la BMI (voir article ci-contre), les responsables professionnels présents ont unanimement « dit non au loup ! » tout en faisant part de la souffrance de la filière ovine. « Certes nous avons obtenu des évolutions et des simplifications, notamment pour les tirs de défense, mais cela ne suffit pas. La pose de filets de protection et de parcs de nuit représente des contraintes supplémentaires pour nous éleveurs. Alors que les autres professions sont aux 35 heures, de notre côté on atteint désormais les 80 heures par semaine ! » souligne Véronique Roux, présidente de la section ovine de la FDSEA
Et de reprendre : « Les éleveurs sont blasés. Même si localement les services de l'État ont visiblement pris conscience de ce fléau, ce n'est pas forcément le cas à l'échelon national et européen. La Haute-Loire est un front de colonisation pour le loup et c'est une catastrophe pour notre territoire qui n'y est pas du tout préparé. Si la prédation continue, des troupeaux entiers vont disparaître et avec eux les paysages se fermeront et favoriseront le développement d'incendies ».

 

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