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Le salariat, une réponse d’avenir au manque de main-d’œuvre

Lancée en septembre par le ministère de l’Agriculture et de l’Alimentation, la campagne de communication « #LesEntrepreneursDuVivant recrutent » vise à redonner de l’attractivité aux métiers agricoles.

Jérôme Volle, vice-président de la FNSEA en charge de la commission emploi.
Jérôme Volle, vice-président de la FNSEA en charge de la commission emploi.
© DR

926 000. C’est le nombre de salariés du secteur de la production agricole employés aujourd’hui dans notre pays d’après les données de l’observatoire de l’emploi de la FNSEA. Avec 100 000 salariés agricoles, la région Auvergne-Rhône-Alpes apparaît comme la quatrième région française en matière d’emploi de salariés agricoles. Des chiffres en augmentation régulière qui symbolisent le retour au premier plan du salariat agricole. « Le salariat agricole se développe en raison de deux principaux éléments : le retrait de la main-d’oeuvre familiale qui se tourne aujourd’hui vers le statut de salarié agricole et l’agrandissement des exploitations qui engendre un besoin plus important en main-d’oeuvre salariée », explique Arthur Hibert de l’observatoire de l’emploi de la FNSEA.

Des filières en tension qui ont besoin de salariés
Si les chiffres du salariat progressent, ses perspectives d’évolution restent encore importantes. Toujours d’après l’observatoire de l’emploi de la FNSEA, 10 % des postes restaient non pourvus en 2018. Selon Jérôme Volle, président de la commission emploi de la FNSEA, « il manque 10 000 salariés permanents et 60 000 saisonniers chaque année ». Il avance quelques explications : « C’est d’abord un problème lié à la mobilité. Le chômage est élevé en ville mais nous proposons du travail à la campagne, il y a donc une inadéquation entre l’offre et la demande. L’autre problématique est le manque de visibilité des métiers de l’agriculture. Dans le cadre de leur recherche à Pôle emploi, si les candidats n’indiquent pas qu’ils sont intéressés par les métiers agricoles, ils ne sont jamais envoyés vers nous ». Si l’ensemble des filières sont touchées, l’élevage et les grandes cultures comptent parmi les plus en difficulté pour recruter. Une liste de métiers particulièrement en tension peut aujourd’hui être dressée : agent de culture ou d’élevage, tractoriste et conducteur d’engins agricoles pour les emplois permanents et salarié en viticulture, arboriculture et maraîchage pour le salariat saisonnier. Avec la modernisation des exploitations, des besoins administratifs et commerciaux se font également sentir depuis quelques années dans la plupart des filières. Autre problématique qui freine encore l’essor du salariat agricole : la difficulté des chefs d’exploitation à stabiliser leur main-d’œuvre. Dans le cadre de l’étude menée par l’observatoire de l’emploi de la FNSEA en 2018, un quart des exploitations déclaraient avoir vu partir au moins un salarié sur les trois dernières années. Au total, si 40 % de ces salariés se sont dirigés vers une autre exploitation, un tiers d’entre eux ont décidé de se tourner vers un autre secteur d’activité.

Le salariat agricole en pleine mutation
Malgré ces difficultés persistantes, plusieurs indicateurs d’attractivité du salariat agricole peuvent être avancés. Notons d’abord une stabilisation progressive de l’emploi agricole : le nombre de salariés en CDI (200 000 aujourd’hui) a augmenté de 6 % en cinq ans quand celui des salariés en CDD (1 million de personnes, essentiellement des saisonniers) a diminué de 6 % sur la même période. Signe de la flexibilité du marché de l’emploi en agriculture, on retrouve aujourd’hui à la fois des salariés en CDI classiques et des salariés ayant signé un CDI intermittent incluant une alternance entre périodes travaillées et non travaillées. Toujours d’après les données de l’observatoire de l’emploi de la FNSEA, 17 000 cadres sont aujourd’hui en activité dans le secteur de la production agricole, en augmentation de 20 % sur les cinq dernières années. Une donnée qui va de pair avec une augmentation des salaires, l’un des points noirs du recrutement en agriculture. Aujourd’hui, les trois quarts des salariés agricoles gagnent entre 1 589,47 € (le Smic) et 2 310 € (1,5 Smic). Dans le même temps, 15 % des salariés agricoles touchent une rémunération correspondant à 1,8 Smic (soit 2 861 €).

Des arguments pour attirer les candidats
Autonomie, technicité, capacité d’analyse, rigueur… ce sont les principales qualités que recherchent aujourd’hui les recruteurs chez leurs futurs salariés. Face à ces exigences légitimes, le monde agricole peut désormais mettre en avant la nouvelle convention collective nationale, mise en place en avril. Fixée à un niveau supérieur à ce que pratiquaient jusqu’ici 30 % des conventions collectives territoriales, elle contribue à une hausse des salaires. La mise en place de la carte campagne pour les salariés agricoles, à l’image de la carte moisson dont bénéficient les chefs d’exploitation, apparaît comme un autre avantage qui vient démontrer la montée en gamme du salariat en agriculture. « Aujourd’hui, cela n’a plus aucun sens de cloisonner entre salariés et installés. Le salariat est d’ailleurs souvent un tremplin vers un statut d’associé ou une installation individuelle, rappelle Jérôme Volle. L’enjeu pour nous est de continuer à travailler avec les organismes d’emploi en montrant que l’agriculture est un secteur dynamique. Nous devons être capables de parler à quelqu’un qui habite en ville en lui disant que oui, nos métiers sont aussi accessibles pour lui. »

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