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Le salariat en production AOP fromagère, une opportunité à étudier

L’arrivée d’un salarié permanent sur une exploitation fromagère bouscule l’organisation du travail et le fonctionnement de l’exploitation mais c’est aussi une opportunité de développement.

Pascal Servier, président de l’Arefa Auvergne, Michel Lacoste, président de l’association des producteurs de lait AOP d’Auvergne et Laurent Usse, directeur de l’Arefa Auvergne.
Pascal Servier, président de l’Arefa Auvergne, Michel Lacoste, président de l’association des producteurs de lait AOP d’Auvergne et Laurent Usse, directeur de l’Arefa Auvergne.
© C. ROLLE

L’emploi d’un salarié à temps plein ou partiel, de manière individuelle ou partagée, est une option étudiée aujourd’hui par de nombreux exploitants agricoles y compris par les producteurs d’AOP Saint nectaire et Salers dont l’organisation du travail évolue depuis quelques années, avec une régression du volume de la main d’œuvre familiale dans les travaux sur l’exploitation et le développement du salariat permanent non familial.

Une étude sur ce thème, conduite par l’Association des Producteurs de lait d’AOP d’Auvergne en partenariat avec l’Inra et l’Arefa, et présentée à l’occasion du Sommet de l’élevage, montre bien que ces deux filières ont des besoins de main d’œuvre grandissants pour répondre au développement des exploitations. « Plusieurs raisons motivent aujourd’hui le recours au salariat : un développement de l’exploitation à travers la création d’un atelier de transformation ou d’une cave d’affinage, l’approche de la vente directe, la volonté de se dégager du temps libre ou pallier au remplacement d’une main d’œuvre non salariée, bien souvent les parents» explique Priscilla Malanski, doctorante à l’INRA de Theix. Généralement, les salariés sont employés pour des tâches spécialisées telles que la transformation, l’affinage, la traite ou la commercialisation. Mais il arrive aussi que le salarié soit affecté à des travaux polyvalents comme l’entretien, les travaux des sols, les clôtures et le nettoyage.

Quelle que soit la tâche attribuée, « l’emploi d’un salarié ne permet pas une augmentation de la production en termes de quotas laitiers mais plutôt une valorisation de la production » précise l’auteure de l’étude.

Pourquoi et comment prendre un salarié ?

L’idée d’embaucher un salarié est le fruit de contextes différents : le sentiment d’être débordé, la charge de travail qui ne cesse d’augmenter, la peur d’être seul sur l’exploitation et des conséquences en cas de maladie ou accident. Ce peut-être aussi le besoin de développer une compétence spécialisée sur l’exploitation, de créer une nouvelle activité économique, d’améliorer sa performance ou tout simplement l’envie d’avoir une qualité de vie à l’image d’autres métiers, avec plus de temps pour soi…

Quelle que soit la raison, avant toute embauche, le producteur doit d’abord se poser les bonnes questions, définir ses besoins de main d’œuvre, cibler les tâches à confier, déterminer le rythme de travail qui sera imposé au salarié, organiser la relation de travail entre chaque membre de l’exploitation, s’interroger sur d’autres solutions que le salariat y compris la recherche d’un associé…

Aiguiller les producteurs

Différentes simulations économiques réalisées par Marion Missaoui et Joël Juery de l’Association des Producteurs de Lait AOP d’Auvergne, auprès d’exploitations des filières AOP Saint nectaire et Salers apportent des réponses opérationnelles et chiffrées sur l’emploi en Saint-nectaire Fermier et en Salers. Ainsi, sur la base de données économique, sociale et environnemen-tale, les hypothèses décrites lors de la conférence au Sommet de l’élevage, montrent que chaque projet salarié doit être pensé et étudié au cas par cas. Il n’y a pas de solution type à l’embauche d’un salarié dans les filières fromagères fermières ; celle-ci est fonction de l’environnement de l’exploitation, de son développement, de ses objectifs propres et de ses besoins.

Pour Michel Lacoste, président des producteurs de lait AOP Au-vergne, « la filière AOP a une vraie viabilité économique qui mérite qu’on s’y intéresse. C’est une vraie chance et nous devons saisir l’opportunité de la développer et d’optimiser ainsi l’exploitation fromagère. L’utilisation de la main d’œuvre salariée est un moyen pour y parvenir. Certes, ce n’est pas simple d’embaucher mais étudier cette option doit être envisagée par les producteurs car elle fait partie d’une logique de développement d’une exploitation ».

Sur la base des résultats de cette étude, les deux filières fromagères comptent bien valoriser le salariat auprès de tous les acteurs du territoire et aiguiller les producteurs vers diverses solutions d’emploi partagé ou accompagné par une structure comme Agri emploi.

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