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Le rapport Vasseur invite aux remises en cause

L´ancien ministre de l´Agriculture a rendu un rapport sans concession, qui invite à faire taire les querelles et à définir un projet qu´il esquisse pour la filière laitière cantalienne.

Le 21 novembre 2003, le préfet, le président du Conseil général et le président de la Chambre d´agriculture confiaient à Philippe Vasseur, ancien ministre de l´Agriculture, la mission d´expertiser une filière laitière cantalienne en proie aux conflits et visiblement incapable de sortir la tête de l´eau. Au terme de six mois de travail, durant lesquels il a rencontré une bonne quarantaine d´interlocuteurs, Philippe Vasseur vient de rendre son rapport. Un rapport sans concessions qui, s´il ne prétend pas détenir "la" vérité et reprend des diagnostics et propositions déjà formulés par certains responsables cantaliens, n´en contient pas moins des réflexions de bon sens. Il pourrait sans aucun doute servir de base à un sursaut jugé vital pour la filière et l´économie départementale dans son entier.

"Dépasser les clivages et tensions"

Au travers de ses consultations, Philippe Vasseur a d´abord bien compris que les querelles de personnes et les conflits paralysent les projets et semblent empêcher des solutions "pourtant évidentes". Il conclut même que "la première clé du développement de la filière", ce sera la capacité des Cantaliens à surmonter les divisions. A ce propos, il estime que si le conflit 3A-Centre-Lait constitue une "circonstance aggravante", il serait "trop facile de focaliser sur ce seul affrontement la responsabilité des difficultés vécues dans le département... Rien ne peut être réglé sans LFO, mais rien ne peut-être réglé avec -seulement- LFO". Au-delà, et au vu du contexte laitier national et européen, l´ancien ministre constate que le département aux cinq AOC fromagères a de gros atouts "insuffisamment valorisés".

Cinq propositions pour l´AOC cantal

Premier d´entre-eux, l´AOC cantal : le rapporteur pointe du doigt l´absence de gestion des volumes (qui tire les prix vers le bas), un manque de lisibilité du produit (il peut se décliner en 18 présentations différentes !), son incapacité à valoriser le lait, le fait que "le producteur sait rarement à quoi sert son lait", le manque d´organisation... Pour conclure qu´une révision de l´AOC cantal est à la fois "nécessaire" et "inéluctable". Et Philippe Vasseur se risque à faire des propositions, suggérant que cinq principes servent de base à cette révision : trier les laits, seuls ceux de meilleure qualité devant servir à fabriquer le cantal AOC, avec une valorisation supérieure. Privilégier le lait cru, maintenir en l´état la zone AOC, ne rien changer au niveau des races mais privilégier l´herbe dans l´alimentation animale. Il préconise encore un allongement de la durée d´affinage, et juge qu´il faudra à terme sortir le "cantal jeune-croûte fine" de l´appellation en lui trouvant une autre dénomination et d´autres débouchés. Philippe Vasseur plaide encore pour une rationalisation de la collecte, le maintien des petits ateliers pour finalement écrire que "les conditions de la réussite dépendent, pour une bonne part, de l´attitude des Cantaliens eux-mêmes et de leur aptitude à s´intéresser davantage au futur qu´au passé".

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