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Le principe de précaution génère une inquiétude irrationnelle

Même si aucun cas de la maladie qui touche la volaille n´est avéré en France, des premières dispositions de précaution sont activées, y compris dans le Cantal.

Appelons les choses par leur nom. Ce que les médias désignent sous le terme de "grippe aviaire" est une maladie animale non-transmissible à l´homme en raison de la barrière des espèces : l´influenza aviaire. Un virus qui touche les oiseaux, colporté notamment lors des migrations. Les autorités conviennent que le risque en France est "faible". Dans un communiqué, la préfecture précise d´ailleurs que le département "n´est pas identifié comme une zone à risque". Le Cantal n´en est pas pour autant épargné par les mesures de précaution décidées par le gouvernement. Des mesures réduites, certes, mais qui contribuent à alimenter des peurs irrationnelles chez le consommateur. Une situation qui exaspère les producteurs et les inquiète. Selon l´Ofival, la consommation de viande de volaille a chuté de 28 % à la mi-octobre. A Giou-de-Mamou, Muriel Bromet, qui écoule en vente directe sa production fermière, affirme que tous ses clients ne lui parlent que de ça. "Certains posent des questions, d´autres garantissent qu´ils sont rassurés, mais tous y font allusion", constate-t-elle. Pourtant, elle n´a pas été contactée pour quelque mesure que se soit.

Une baisse de consommation

Du côté de l´élevage de faisans et de perdreaux de Neuvéglise non plus, aucun courrier n´a informé l´éleveur Thierry Tardieu. Confiant pour cette saison, il se dit plus inquiet pour l´avenir si les mesures venaient à se durcir. Pour l´heure, les services vétérinaires donnent des premières consignes "simplifiées" mais formulent aussi déjà quelques interdits, relatifs notamment à l´abreuvement avec des eaux de surface En outre, le réseau de veille sanitaire des vétérinaires, en place depuis 2001, est particulièrement attentif aux problèmes qui pourraient être signalés dans les élevages. Pour la faune sauvage, c´est un autre réseau de surveillance qui assure la vigilance : celui des chasseurs. Les fédérations départementales ont pour mission, dans le cadre du plan ordinaire de surveillance sanitaire Sagir, de détecter des épisodes de mortalité significative de l´avifaune (5 cadavres d´une ou plusieurs espèces sur un même site). La maladie est en effet rapidement fatale à l´oiseau atteint de l´influenza. "Les canards et les oies, qui sont les plus sensibles à l´épidémie, n´auraient pas le temps de remonter", explique Jean Nicolaudie, directeur de la fédération du Cantal.

La peur d´un virus qui n´existe pas !

"D´autre part, il semble que le couloir emprunté par les oiseaux migrateurs de passage dans notre région ne soit pas alimenté par les pays à risque", ajoute-t-il, confirmant au passage que les chasseurs n´ont rien décelé d´anormal à ce jour, ni dans le Cantal, ni ailleurs dans l´Hexagone. Là encore, des conseils de précautions prévalent : ne pas consommer de viande cuite en dessous de 70º, etc. Toutefois, certaines espèces, comme le pigeon, sont très peu susceptibles d´être infectés. Alors, d´où vient cette crainte qu´alimentent à longueur de journaux les grands supports médiatiques nationaux ? D´une supposition émise par l´Organisation mondiale de la santé. Ce que redoute l´OMS, c´est un virus mutant, issu du fameux H5N1, qui serait transmissible à l´humain et même d´homme à homme. Un scénario catastrophe à la probabilité très hypothétique, mais qui, le cas échéant, pourrait constituer un vrai fléau. C´est pour prévenir ce supposé risque que les hôpitaux s´équipent de vaccins et de masques respiratoires. Faire le distinguo entre la maladie animale et un hypothétique risque humain et ne pas ajouter à la confusion est un exercice difficile. Les professionnels de la filière avicole réfléchissent à des opérations de communication. La FDSEA du Cantal a déjà constitué un groupe de travail. Le secrétaire général, Patrick Bénézit, résume la première étape de travail : "Il s´agit de gérer de l´information, pas du sensationnel".

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