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Le porc, une diversification qui dure en Corrèze

Un dynamique presque quadra, président de la caisse locale du Crédit Agricole et élu sur la commune de Seilhac, suit la tradition familiale en développant deux ateliers sur son exploitation.

C'est une coquette ferme, où tout est à sa place, qui abrite Pierre Fourches et sa famille. L'équipe est complétée d'un jeune salarié embauché à la fin de son apprentissage et d'un salarié d'une Cuma, deux jours par mois environ, lors des grosses manipulations comme les arrivées et les départs des porcs.

Toutes les normes sont respectées et pour accéder à la porcherie il nous faut passer par le « vestiaire » afin d'enfiler combinaisons jetables et bottes puis par un pédiluve de désinfectant.

Tout a commencé avec le grand-père de l’agriculteur et quelques vaches mais c'est surtout son père qui a développé le porc en même temps que la sélection bovine. Ce dernier se rendait au salon International de l'Agriculture avec ses porcs Large White sélectionnés par ses soins.

Pour sa part Pierre a fait le choix,  lors de son installation en 2009, de rejoindre des associés d'une maternité en Dordogne, département voisin. 550 porcelets âgés d'un mois arrivent directement de la maternité toutes les 9 semaines déjà castrés et soignés. Pierre et son équipe les vaccinent, les tatouent et les séparent.

 

Les femelles d'un côté et les mâles de l'autre

 

Ceci afin que toutes et tous fassent un poids équivalent à la fin de l'engraissement, « cela évite que les lots soient hétérogènes ainsi que les agressions » explique Pierre. En effet, les mâles plus voraces empêcheraient les femelles de se nourrir correctement. C'est donc à quelques exceptions près (tout comme les humains, les porcs n'ont pas tous le même métabolisme) que les porcs partent vers l'abattoir de Lapalisse dans l'Allier qui découpe sous logistique froide pour Lidl France. Cet abattoir du groupement Tradival (né à Montluçon), dont Cirhyo (coopérative porcine dont Pierre Fourches est adhérent) détient des parts, pratique les contrats tripartites éleveur/Abattoir/Lidl. « La rétribution est juste et ils nous donnent 10 Cts/kg de plus pour les porcs labellisés Label Rouge »  explique l'éleveur qui arrive à obtenir la labellisation pour  95 % de ses porcs.

 

Le label rouge

 

Le cahier des charges exige que le porc soit âgé de minimum 26 semaines au moment de l'abattage, Qu’il fasse entre 80 et 115 kg « chaud », que l’identification (tatouage) soit bien visible pour garantir la traçabilité et le porc doit, dans l'idéal, avoir 60 de TMP. Le TMP est le taux de muscle par rapport au gras et 60 signifie qu'il y a 1mm de gras pour 6 mm de muscle. Pour le vérifier on pèse les bêtes et on leur fait passer une sorte de radio en les positionnant entre deux parois sensibles. C’est la dernière acquisition de Pierre et Maëlle, sa compagne. Ils ont fait le choix de Label Rouge classique qui n'autorise pas la nourriture avec OGM.

Toutes les 9 semaines environ, l'élevage reçoit 530 porcelets âgés de 4 semaines et à la fin de l'engraissement les porcs font environ 130 kilos, soit entre 100 et 110 kilos carcasse. Pierre Fourches a opté pour la nourriture par granulés, car il estime que cela est plus hygiénique. Dans son dernier bâtiment datant de 2018 tout est automatisé, y compris le calcul des rations et leur distribution, en fonction des données que choisissent l'éleveur et sa compagne tout aussi passionnée que lui. L'alimentation est biphasée : jusqu'à 80 kg les porcs reçoivent des aliments dits de croissance pour « mettre du muscle » et ensuite l'alimentation est moins riche et dite de finition.

 

Le bien-être animal et l'environnement

 

Les porcs sont dans des salles de 8 cases recevant chacune 25 porcs. La température idéale est mesurée et distillée. Les salles sont construites avec des parpaings en briques rouges isolées au milieu. On y accède par un couloir ventilé à l'aide de claustras en bois qui isolent du soleil. Les sols sont en caillebotis qui offre à la fois confort et sécurité aux animaux et permet l'évacuation des déjections. Les porcs boivent à partir d'un système de « fontaines à la demande » qu’ils déclenchent en appuyant avec leur groin.

Et puis il faut bien parler de l'odeur et là tous les préjugés s'envolent : il y en a très peu dans les pièces et pas du tout dans les couloirs et à l'extérieur : grâce à un système d'aspiration de l'air, un peu comme un radiateur de voiture, avec de l'eau en mouvement et qui est brassé en circuit fermé et qui fait filtre.

Lors du départ des porcs pour l'abattoir, tout est aussi fait pour éviter le stress : les camions fournis par la coopératives sont tous neufs, ventilés, propres avec de la paille et de l'eau. Les chauffeurs sont sensibilisés au transports des animaux et font en sorte de faire leur poses avant ou après le trajet afin que ce dernier soit le plus rapide possible pour le bien-être animal.

Il y a bien sûr la question de l'épandage, mais là aussi les normes sont respectées et c'est à bonne distance des habitations (très peu nombreuses aux environs de l'exploitation) et des cours d'eau que c'est pratiqué. L'exploitation compte 115 ha et bientôt 135 qui vont leur permettre d'être en totale autonomie alimentaire (céréales et maïs) pour les bovins.

 

La diversification de l'exploitation

 

L'atelier porcin représente entre 65 et 70 % des revenus de l'exploitation. Pierre a conservé aussi l'atelier bovin et travaille avec le pôle de sélection de Lanaud (19) . Il y a 80 vêlages par an et les vaches grasses sont abattues à l'abattoir de Lubersac (19). L'éleveur amène lui-même les bêtes, par une ou deux, à l'abattoir, il y tient : « pour éviter au maximum que les animaux soient stressés ». Pour continuer dans l'esprit des circuits-courts les vaches abattues sont vendues exclusivement à un boucher-traiteur de Tulle.

À noter aussi que des panneaux photovoltaïques, pour l’autoconsommation, couvrent une partie des toitures des bâtiments. Cela permet à l’exploitation, tout comme à l’habitation, d’être quasiment en autonomie énergétique.

Tout est pensé pour la continuité par Pierre Fourches et notre petit doigt nous a dit que la quatrième génération se régale déjà à manipuler les porcelets.

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