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Interview
Le point sur la contractualisation avec Lactalis

Interview Frank Guéhenec (porte-parole de la Délégation Nationale des Groupements de Producteurs livrant à Lactalis)

Quelles ont été vos motivations pour entreprendre des négociations sur le contrat Lactalis ?
Franck Guéhenec : Lorsque la loi a officialisé l’obligation pour les entreprises privées de proposer des contrats écrits aux éleveurs, nous sommes partis d’un principe évident : avant qu’un contrat ne soit signé, il doit être négocié entre les parties concernées. Or, pour mener à bien cette négociation d’une manière équilibrée, une deuxième évidence s’imposait : nous devions nous regrouper de la manière la plus massive possible. C’est ce que nous avons fait. Tout d’abord en cherchant à organiser les éleveurs dans les zones où ils n’étaient pas regroupés, ensuite en organisant des rencontres nationales entre les groupements déjà constitués, et enfin en organisant la discussion avec l’entreprise à partir d’une délégation nationale des groupements. Tout cela paraît simple sur le papier, mais en fait, il a fallu une énergie folle et un travail énorme pour en arriver à cette délégation qui représente aujour­d’hui plus des deux tiers de la collecte de l’entreprise.

Où en sont les négociations avec Lactalis ?
FG : Je tiens d’abord à souligner qu’elles ont démarré rapidement puisque la proposition de contrat de Lactalis est arrivée au printemps et dès le début de juillet, les négociations ont commencé. Elles ont duré tout l’été, et des avancées substantielles ont pu se réaliser par rapport à la proposition de contrat d’origine. Les représentants de Lactalis ont joué le jeu et nous ont reconnus comme des interlocuteurs représentatifs et responsables. Cela s’est gâté fin septembre, lorsqu’il s’est agi de reconnaître et de formaliser le rôle des groupements dans la relation avec l’entreprise. Peu après, Lactalis a sorti sa deuxième version du contrat, fortement inspirée de l’état de nos négociations qui n’étaient pas encore totalement abouties. Mais Lactalis campait sur une position de rigidité vis-à-vis de la reconnaissance effective du rôle des groupements. Je l’ai déjà dit et le répète : cette négociation n’est pas totalement aboutie et la relation collective des producteurs avec Lactalis doit être formalisée, comme le font les autres industriels avec leurs Organisations de producteurs. Il n’est donc pas question de signer quoi que ce soit avant ces préalables. Sinon, chaque producteur aura les pieds et les poings liés à l’entreprise.

[...]

La suite est à lire dans la Creuse agricole et rurale du 6 janvier 2012.

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