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Le point sur la conjoncture agricole

Entre Covid et sécheresse, Dominique Graciet a fait le point sur l’actualité de l’agriculture néo-aquitaine lors de la traditionnelle conférence de presse de rentrée de la chambre régionale d’agriculture (CRANA).

Dominique Graciet, président de la Chambre régionale d’agriculture de Nouvelle-Aquitaine.
Dominique Graciet, président de la Chambre régionale d’agriculture de Nouvelle-Aquitaine.
© P. Dumont

Pour sa dernière conférence de presse en tant que président de la CRANA, Dominique Graciet est revenu sur plusieurs sujets. En tête, la covid‑19 et ses incidences sur la conjoncture agricole. « Le confinement a été l’occasion de faire de la pédagogie et de renouer le dialogue avec nos concitoyens, note Dominique Graciet. Surtout avec les « taiseux », ceux qui sont bienveillants à l’égard des agriculteurs mais que l’on n’entend jamais. » Pour autant, la crise sanitaire a aussi constitué un écueil de plus pour un secteur déjà en difficulté. « La covid‑19 a eu des incidences diverses selon les filières, poursuit le président de la CRANA. Celles en difficulté structurelle comme l’élevage n’ont pas été touchées de la même manière que la filière fruits et légumes ». Dans la première catégorie, le vin de Bordeaux a particulièrement souffert, victime d’une mutation de la consommation et de la fermeture des bars et restaurants. Celles-ci ont également affecté l’élevage, touché cette année encore par une énième sécheresse alors que de nombreux territoires n’ont pas bénéficié des calamités en 2019. « Cela pose la question de l’eau, souligne Dominique Graciet. Au niveau régional, les projets de retenues collinaires représentent 60 M€ mais très peu sont réalisés. On voit également apparaître de nouveaux projets pour de l’abreuvement ou de la reconversion de cultures ». Avec le confinement, la filière fruits et légumes a connu elle aussi des difficultés causées par la fermeture des restaurants (asperges) ou le manque de main d’œuvre pour la cueillette (fraises). Celles-ci ont toutefois été atténuées par une fin de saison correcte, les GMS s’étant tournées vers un approvisionnement plus local. Enfin, les filières fortement exportatrices ont été également pénalisées. C’est le cas du cognac qui a enregistré une baisse de 60 % des expéditions au plus fort de la crise. C’est dans ce contexte que la Chambre régionale attend avec une certaine appréhension le plan de relance gouvernemental. « Nous avons peur d’être encore les oubliés, reprend le président de la CRANA. Oui, nous avons poursuivi notre activité pendant le confinement mais avec des surcoûts très importants. Ce plan devra aussi être décliné filière par filière pour que les solutions soient adaptées ». Outre ce plan, Dominique Graciet a également évoqué Neo Terra, la feuille de route régionale dédiée à la transition énergétique et écologique. « Beaucoup d’éléments de notre projet de mandature ont été repris dans Néo-Terra, a-t-il précisé. Aujourd’hui ce qui pénalise la transition écologique c’est notamment la trésorerie des exploitations et les moyens que l’on veut y consacrer ». Interrogé sur la ré-autorisation des néonicotinoïdes dans la culture des betteraves, l’explication du président de la CRANA a été claire. « Il n’est pas possible de laisser une filière s’effondrer pour une impasse technique or, c’est le cas ici, a-t-il rappelé. Oui, il faut prendre des précautions. Oui, il y a pu y avoir quelques problèmes dûs à une mauvaise implantation mais ce n’est pas parce que l’on clame quelque chose haut et fort que ça devient une vérité. Aujourd’hui, l’enrobage des graines de betterave est la technique la plus sûre et la plus économe en dosage de produits, quelques dizaines de grammes pour un hectare. La graine est enfouie et de plus, la betterave n’est pas une plante mellifère. On ne peut mettre à genoux toute une production pour finir par importer le même produit qui aura subi on ne sait quels traitements ».

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