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Elevage laitier
Le niveau cellulaire, une situation jamais acquise !

L’Ede 63 Conseil Elevage a comparé les pratiques des éleveurs susceptibles d’influencer la situation cellulaire. Il livre ses résultats.

Josiane Chaussaroux : « La situation en matière de cellules s’est dégradée en 3 ans : de 256.000 cellules / ml de lait en 2007, nous sommes passés à 303.000 en 2009. Et cette dégradation se confirme pour 2010. »
Josiane Chaussaroux : « La situation en matière de cellules s’est dégradée en 3 ans : de 256.000 cellules / ml de lait en 2007, nous sommes passés à 303.000 en 2009. Et cette dégradation se confirme pour 2010. »
© SYLVIE TRINH

En préambule, un rappel vétérinaire : les « cellules» sont des leucocytes (ou globules blancs). Présentes en trop grande quantité dans le lait, elles sont le signe d’une infection mammaire, une mammite, décelable ou non à l’œil nu.

La situation cellulaire au sein d’un élevage est « multifactorielle». Avoir un bon niveau cellulaire, c’est donc maîtriser un ensemble d’éléments qui influent sur ce critère : un outil de production adapté au volume de production, des aires de couchage adéquates et bien entretenues, une hygiène de traite impeccable, une installation de traite régulièrement contrôlée, un taux de renouvellement non limitant pour réformer les vaches incurables. Les éleveurs doivent donc intervenir sur plusieurs domaines.

 

Une situation départementale inquiétante

La situation en matière de cellules s’est dégradée en 3 ans : de 256000 cellules / ml de lait en 2007, nous sommes passés à 303000 en 2009. Et cette dégradation se confirme pour 2010.

Pour y voir clair, Ede 63 Conseil Elevage a travaillé auprès de 400 élevages suivis depuis 2007.

D’abord, cette évolution moyenne cache de grandes disparités : en effet, 217 élevages ont vu leur taux cellulaire se dégrader très fortement (plus 70 000 cellules en 3 ans) et en même temps, 179 autres élevages ont amélioré leur situation cellulaire (moins 60 000 cellules ml de lait sur 3 ans). Une enquête a été menée par l’Ede auprès de ces deux groupes, le groupe (A) des éleveurs qui ont amélioré la qualité cellule du lait produit, et le groupe (D) des éleveurs chez lesquels le nombre de cellules/ml de lait s’est fortement dégradé. La comparaison des enquêtes faites auprès de ces deux groupes permet de mieux comprendre les facteurs qui contribuent à détériorer, ou au contraire à améliorer les résultats.

 

 

Un outil de production qui ne suit pas la hausse des litrages

En 3 ans, l’augmentation forte des litrages produits (+20%) se traduit par 4 vaches de plus dans les élevages (soit près de 10 % d’effectifs supplémentaires). Ainsi, pour 1/3 des éleveurs du groupe D confrontés à des problèmes de cellules, la politique de réforme (trop limitée) a contribué à amplifier le problème. Cette augmentation du nombre de vaches se traduit également par des aires paillées en surcharge chez deux tiers des éleveurs du groupe (D). Chez ceux qui maîtrisent mieux le taux cellulaire (groupe A), il faut noter une moindre évolution du nombre de vaches et le fait qu’un quart des éleveurs a aménagé le bâtiment pour faire face à l’accroissement du troupeau.

 

Le travail aussi peut contribuer à la dégradation des résultats

La fréquence de curage, en logettes ou en aire paillée, est aussi un critère discriminant : elle est jugée insuffisante chez 30% des éleveurs du groupe D contre seulement 8% des éleveurs du groupe A. La quantité de paille apportée est elle souvent jugée insuffisante par les éleveurs D. Toujours chez ces éleveurs D, le problème de main d’œuvre est mis en exergue puisque dans 54% des cas ils la jugent limitante.

Quel lien entre « trop de travail» et des conduites de traite inadaptées ? « Rien ne ressort concernant le temps de traite, l’utilisation du décrochage automatique, la rénovation du bloc de traite. En revanche, les pratiques défavorables (hygiène, entretien de la machine à traire, surtraite, sous équipement,…) se retrouvent uniquement chez les éleveurs D » explique Josiane Chaussaroux.

L’enquête fait aussi ressortir des difficultés particulières du côté du groupe D, difficultés liées à une certaine démotivation, dans un contexte difficile, sans réelles perspectives. Ils sont un quart du groupe D à évoquer ce point. Cet aspect est par contre très peu évoqué pour les éleveurs du groupe A.

 

 

On peut améliorer !

Chez les 179 éleveurs qui ont réussi à améliorer leurs résultats, 2 éleveurs sur 5 confirment avoir modifié leurs pratiques d’hygiène et de traite (hygiène de traite, traite, usage de lavettes individuelles, lavage des lavettes).

Pour les élevages qui se sont améliorés, la taille du bâtiment est plus adaptée au nombre de vaches, la quantité de paille apportée et la fréquence de nettoyage sont jugés souvent satisfaisantes.

Par ailleurs, le taux de renouvellement assez élevé dans la plupart de ces élevages permet de réformer des animaux pour cause de cellules. Enfin, les transitions alimentaires sont mieux respectées et les problèmes métaboliques moindres.

 

 

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