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« Le maïs a encore de l'avenir en France et en Europe »

L'assemblée générale de l'AGPM a eu lieu mardi 21 et mercredi 22 novembre à Clermont-Ferrand. Franck Laborde, son président, revient sur l'actualité et l'avenir de la production de maïs française et européenne.

Franck Laborde, président de l'AGPM.
Franck Laborde, président de l'AGPM.
© AGPM

Quel bilan de campagne avez-vous présenté à vos adhérents et invités ?
Après une campagne 2022 très difficile, en raison d'une sécheresse très importante, 2023 a réuni toutes les conditions météo pour nous offrir une bonne année. Le rendement moyen national en maïs grain s'établit à 105 qx/ha (une moyenne de 101 qx/ha à l'échelle parcellaire) soit 30 % de plus que 2022. Ces résultats sont même supérieurs à la moyenne quinquennale. En maïs semence, ce fut une campagne exceptionnelle avec des rendements très importants, supérieurs aux objectifs entre 5 et 10 %. Quelques exploitations culminent même à plus de 200 % des objectifs. Il ne faut pas oublier toutefois la déception de certains agriculteurs dont les résultats ont été plus faibles. À l'échelle européenne, il est encore trop tôt pour un bilan, les chiffres ne sont pas consolidés.
Cette campagne 2023, 8 % des surfaces de maïs ont été perdues en France, en réponse aux mauvais rendements de 2022 et aux craintes en sortie d'hiver de ne pas voir les réserves en eau se reconstituer. Malgré les bons résultats, les producteurs sont inquiets concernant les prix. Par rapport à 2022, nous avons perdu 20 à 30 EUR/t. Les rendements 2023 permettent d'atteindre le point d'équilibre et une rémunération convenable. Toutefois, si les prix venaient à dévisser, nous serions victimes d'un effet ciseau tel que certaines parcelles verraient leur résultat économique devenir négatif.

Quelle place occupe le maïs sur la scène internationale ?
Le maïs est la première céréale produite au monde en termes de volumes et la première céréale utilisée dans l'alimentation humaine et animale. L'Europe a perdu un million d'hectares de surfaces de maïs en 20 ans, soit un potentiel de production de huit millions de tonnes. Autrefois, elle était autosuffisante en maïs. Désormais, elle importe environ un quart de ses besoins pour l'alimentation humaine et animale. Ce maïs provient majoritairement d'Argentine et du Brésil, deux pays dont les standards de productions sont aux antipodes de ceux de l'Europe. Au Brésil, le maïs produit est principalement OGM et conduit avec des phytos interdits en France. L'AGPM a d'ailleurs produit un document sur le sujet. Chiffres à l'appui, 78 % des produits de traitements homologués au Brésil et en Argentine sont interdits en France. En Europe et en France, chaque fois qu'un texte sort (Pac, usage des phytos...) il pénalise la culture du maïs. Prenons la nouvelle Pac et sa BCAE 7 (mesure de conditionnalité qui voulaient imposer la non monoculture), l'AGPM et la FNSEA sont parvenus à infléchir cette décision, autrement nous aurions encore perdu de notre force de productivité. L'Union Européenne et la France sont en flagrant délit de distorsion de concurrence. Alors que faisons-nous ? Les États, et notamment la France, vont-ils poursuivre cette fuite en avant qui consiste à contraindre la production nationale et favoriser l'importation de produits qui mettent, non seulement notre santé et notre environnement en danger, mais aussi ceux de ces pays ? Ou l'Europe décide d'avoir confiance en ses producteurs et ses filières et de se saisir du sujet de la production de maïs ?

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