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Le lien relationnel complète l’économique et le technique

L’association entre tiers permet de pérenniser des exploitations qui profitent d’un partage des tâches.

Les associés dans le magasin de vente sur place.
Les associés dans le magasin de vente sur place.
© C.F.

"La grange de la haute vallée"située au Pignou, est un Gaec entre tiers. Les deux associés transforment les trois quarts leur production laitière en fromages AOP, cantal, salers et bleu d'Auvergne, vendus sur place. Témoignage. Titulaire d'un BTS, Alain André, 43 ans, est associé avec Nathalie Meironen, 31 ans. "Je me suis installé en 2001 sur la ferme de mes beaux-parents à Pignou, commune d'Albepierre Bredons. Ils menaient alors un double troupeau". Alain souhaite cependant se tourner vers le lait et le valoriser par la transformation et la vente directe "afin de cesser d'être tributaire du prix payé en laiterie, de continuer à pouvoir vivre de ce métier et de dégager du temps pour une vie familiale plus équilibrée".
Un projet qu'il ne conçoit pas en individuel. Au vu de "l'investissement personnel nécessaire", son choix se porte sur une association plutôt que le salariat. Il s'inscrit donc au Répertoire départemental à l'installation (Rdi), et engage son exploitation pour la production d'un lait fromageable avec passage en troupeau montbéliard.

 

 

"C'est elle qui collait le mieux au projet"...

Une dizaine de candidats se présentent en quatre ans. C'est Nathalie qu'il retiendra. Biologiste écologue de formation, elle possède déjà deux expériences en tant que salariée et, depuis 2002, elle et son mari, conseiller agricole, ont décidé de devenir agriculteurs. N'étant ni l'un ni l'autre du milieu agricole, ils ont opté pour une association avec un agriculteur déjà installé "pour tirer parti de son expérience et de son instinct d'éleveur". "C'est elle qui collait le mieux au projet de transformation. Elle me paraissait la plus motivée", reconnaît Alain. Inscrite - elle aussi - au Rdi, c'est "un article de presse dans lequel Alain expose son projet et sa vision du métier, qui la décide à le contacter", précise-t-elle. Ils se rencontrent en 2004. Après une période d'essai, de stages dans l'exploitation, des réunions de réflexion et d'information de l'Adasea, ils décident de s'associer. En mars 2006, le Gaec est créé. Une première fabrication de fromage a lieu en janvier 2007. Depuis avril dernier Alexis, le mari de Nathalie, a été embauché comme salarié du Gaec : "Il fallait produire plus et vendre plus pour répondre au développement de l'entreprise". Et les tâches sont bien réparties : pour Alain, elles vont de la parcelle à la cuve de fabrication. Pour Alexis, de la cuve au magasin et, pour Nathalie, du magasin à la commercialisation et au tourisme (visite de l'exploitation). "Aujourd'hui si j'étais seul je ne serais pas sûr de continuer", avoue Alain. Pourtant, les choses ne sont pas si faciles : "Il faut encore améliorer le fonctionnement à trois reconnaissent-ils, alléger le travail". Nathalie, voulait "fonder une famille". Son objectif était aussi "une meilleure rémunération et là aussi, il faut encore progresser : "Transformer plus de lait et arriver à la maîtrise des charges notamment. Cependant, nous savons que l'entreprise va dans le bon sens", estime Nathalie pour qui, "si le choix des associés est important, la technique ou l'économie aussi, la gestion relationnelle, l'est tout autant. Nous avons la chance d'être complémentaires, mais, derrière cette entente, il faut savoir qu'il y a un véritable travail".
Plus d'infos à lire cette semaine dans L'Union du Cantal.
Droits de reproduction et de diffusion réservés.

 

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