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Le groupe Altitude veut reprendre la main

Investir collectivement dans un outil industriel laitier, s’associer pour atteindre une taille suffisante pour peser sur les marchés bovins... : l’Union Altitude affiche ses ambitions.

L’assemblée plénière a été suivie d’une intervention du Crédit agricole sur le financement de l’agriculture.
L’assemblée plénière a été suivie d’une intervention du Crédit agricole sur le financement de l’agriculture.
© P.Olivieri
Réalisme et ambition : tel est, pour le président de l’Union Altitude, l’état d’esprit du groupe coopératif en ce printemps 2012 où les évolutions des marchés agricoles et de la demande alimentaire semblent s’enchaîner à la vitesse grand V, obligeant plus que jamais les opérateurs économiques à une adaptation permanente et à des postures d’anticipation. Réalisme, ambition mais aussi volonté de prendre - ou plutôt reprendre - la main, notamment dans le secteur laitier. Et de se positionner là où ne l’attendait plus forcément. Ainsi, jeudi dernier, à l’occasion de l’assemblée plénière de l’Union, Jean-Pierre Chateau a-t-il annoncé son intention de prendre très prochainement l’attache de l’ensemble des opérateurs laitiers coopératifs et privés du grand Sud de la Loire pour “proposer une réflexion visant à co-investir dans un nouvel outil de transformation du lait dans nos régions”. Un dossier qu’avait évoqué il y a quelques semaines le Crielal (interprofession laitière régionale).

Une unité à cheddar ?

 

Pourquoi ce projet soudain ? Pour la patron d’Altitude, il découle de plusieurs constats : l’érosion des volumes de lait transformés en appellations fromagères régionales du fait d’une consommation tournée désormais majoritairement vers le prêt-à-consommer et non vers le rayon coupe. Deuxième constat : une production laitière qui tend à se développer “avec pour les adhérents de Volcalis, beaucoup de jeunes, motivés, dynamiques, et des producteurs qui, avec la libéralisation des quotas, ont besoin de progresser après avoir été bridés pendant 30 ans”. Moins de transformation, plus de lait, l’équation conduit forcément à des laits d’excédent exportés un peu partout dans l’Hexagone et sous-valorisés en produits de dégagement. “Le constat est aussi celui de l’incapacité de nos usines à transformer ces laits supplémentaires, nous n’avons pas de tour de séchage, ni d’unité importante de concentration au sud de la Loire, analyse Jean-Pierre Chateau. On est dans une espèce de ciseau avec des entreprises françaises qui ont du mal à valoriser le lait faute de consommation interne et des outils inexistants pour pouvoir le concentrer et l’exporter”. Alors pour Altitude, “si on ne fait rien on va dans le mur”. Et son président va plus loin, proposant de suivre l’exemple des fondateurs de la Calara et de produire entre autre du cheddar, “qui a la même technologie que le cantal sans cahier des charges”. L’occasion pour Jean-Pierre Chateau, plus offensif que jamais, de jeter une pierre acide dans la cuve des AOP  fromagères : “Notre bassin s’enferme dans un raisonnement exclusivement centré sur les AOP en oubliant que les AOP ne consomment que 50 % de la production locale. Qui se soucie des 50 % restants ?” C’est sans doute un peu vite oublier la démarche engagée depuis plusieurs années déjà à l’échelle du Massif central sur le lait montagne.

Encore trop petit pour peser

 

Si le groupe compte se positionner en nouvelle locomotive du secteur laitier, l’Union Altitude va continuer à développer les partenariats dans le secteur de la viande : “On est trop fragile quand on est un petit outil dans le magma des GMS (grandes et moyennes surfaces) où règne toujours le “pas cher”, a développé Jean-Pierre Chateau. Nos outils sont faits pour des viandes comme la salers et l’aubrac mais aujourd’hui ce qui se vend, c’est de la charolaise, point. Bien sûr l’aubrac et la salers, ça a sa place, mais pour qu’il y ait cette niche, il faut être capable de faire du volume, et pour faire du volume, il faut grossir et donc des partenariats gagnant-gagnant”. C’est d’ailleurs dans cet état d’esprit que les Éleveurs du pays vert se sont associés avec les coopératives Bellac ovins et Charente ovins pour créer l’union de coopératives Écoovi qui, outre le maintien de la qualité d’OP (organisation de producteurs), va induire une optimisation des charges de fonctionnement de ces structures. De la même façon, un nouveau partenariat est à l’étude en matière d’exportation d’animaux maigres entre Calexport (filiale du groupe), Deltagro (bassin charolais) et Sofrelim (bassin limousin). Une nouvelle entité dont la forme reste à préciser et qui, selon les dirigeants du groupe, maîtriserait le tiers environ des exportations françaises de bovins maigres. “Nous sommes persuadés que la dynamique d’aval qui en résultera va entraîner dans son sillage une dynamique d’amont. (...) Alors, on peut se poser la question de la valorisation de la cueillette par les marchés au cadran” et d’un investissement d’une collectivité de plus de 2 millions d’euros pour un outil “qui sera utilisé un jour par semaine”. Une nouvelle charge dans un rapport moral qui avait à certains égards des petits airs de discours de campagne.

 

 

 

 

Plus d'infos à lire cette semaine dans L'Union du Cantal.

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