Moins 30% d'émission de méthane d'ici 2030 ? L'INRAE de Theix dévoile le GreenFeed.
À l’INRAE de Theix, le dispositif GreenFeed permet d’étudier des solutions pour réduire les émissions de méthane des bovins. Objectif : -30 % d’émissions d’ici 2030. Nicolas Baleret, doctorant impliqué dans le programme Méthane 2030, détaille les objectifs et premiers résultats de ces travaux.
À l’INRAE de Theix, le dispositif GreenFeed permet d’étudier des solutions pour réduire les émissions de méthane des bovins. Objectif : -30 % d’émissions d’ici 2030. Nicolas Baleret, doctorant impliqué dans le programme Méthane 2030, détaille les objectifs et premiers résultats de ces travaux.
Vous menez une expérimentation dans le cadre du programme national “Méthane 20-30” sur le site de Thei. En quoi consiste-t-il ?
Nicolas Baleret : Actuellement, nous avons des expérimentations qui sont dans le cadre du programme Méthane 20-30. L'objectif de ce programme est de pouvoir réduire de 30% les émissions de méthane d'ici dix ans, donc entre 2020 et 2030. Ce qu'on va tester ici actuellement, ce sont des solutions nutritionnelles sur des vaches laitières, des vaches allaitantes ou des bovins à l'engraissement.
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Quelles mesures réalisez-vous et comment procédez-vous pour les obtenir ?
N.B. : Dans ce projet, l'outil de mesure qui va être utilisé, ça va être le GreenFeed. Cet outil là, c'est un outil dans lequel chaque animal va pouvoir venir. On va mesurer les concentrations en gaz qu’il va émettre par éructation ou simplement en expirant. L'objectif c'est surtout de mesurer les émissions de méthane, parce qu'on sait actuellement que c'est un gaz qui participe au réchauffement climatique et nous voulons limiter ses effets.
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Avez-vous déjà des résultats ?
N.B. : Actuellement, dans ce qu'on peut voir maintenant, on a des essais dans lesquels des solutions ont déjà été testées et on peut réduire, rien qu'avec l'alimentation, par exemple, de 20 à 50 %, les émissions de méthane, en fonction de comment sont les animaux et de ce qu'on leur donne à manger.
À propos de l'UMR Herbovores de l'INRAE
« L’enjeu est de concilier performance économique pour les éleveurs et réponse aux attentes sociétales : bien-être animal, qualité des produits et respect de l’environnement. », Gonzalo Cantalapiedra, directeur adjoint de l’unité de recherche Herbipôle.
Regroupant 120 agents, la mission de l’UMR Herbivores est de produire de la connaissance sur les systèmes d'élevage multi performants. L’unité s’appuie sur les principes de l'agro-écologie : imiter les processus naturels en élevage.
Face au changement climatique, considéré comme une menace majeure, l’ambition est claire : développer un élevage responsable, capable de limiter son impact environnemental, d’économiser les ressources natur
elles et de garantir la résilience des exploitations.
Avez-vous des résultats attendus ?
N.B. : Sur cet essai là, on vise à peu près 10 % de méthane en moins, ce qui serait bien, avec des performances animales au niveau des poids et des croissances au moins similaires et si possible meilleures.
Y-a-t-il d’autres fermes expérimentales en France ?
N.B. : Oui, il y en a un peu partout en France. Justement cela nous permet de couvrir beaucoup de conditions des systèmes d'élevage français. Et nous testons sur différentes races et différents systèmes. A la fin, l'idée c'est qu'il y a un choix pour l’éleveur, de ce qu'il a envie de faire ou pas envie de faire en fonction de sa philosophie, de son système à lui et de ce qu'il a aussi comme but pour son troupeau. Il y a par exemple des éleveurs qui, n'ont pas forcément besoin d'avoir plus de croissance, mais qui sont juste intéressés par l'aspect environnemental.
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