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Le drone pour traquer les “hot spot”

Centrales photovoltaïques  : la société cantalienne Maintenance Energies Nouvelles dispose de drones, permettant de compléter son expertise de terrain en entretien préventif comme en dépannage.

Drone survolant la toiture photovoltaïque d'un bâtiment d'élevage.
Le survol avec le drone équipé d’une caméra thermique et piloté par Vincent Lescure va confirmer la localisation de la chaîne de panneaux défaillante.
© Patricia Olivieri

Ce jeudi matin froid, sec et ensoleillé, les conditions sont idéales pour optimiser la production de la centrale photovoltaïque installée il y a douze ans sur la toiture d’un des bâtiments d’élevage de Bernard Ginalhac qui héberge tout à la fois ses jeunes bovins à l’engraissement et ses stocks de fourrage. Pourtant, le rendement des 800 m2 de panneaux n’est pas celui attendu comme l’a constaté la veille Vincent Lescure, technicien de la société Maintenance Énergies Nouvelles qui assure la télésurveillance de l’installation dans le cadre d’un contrat annuel d’entretien et maintenance. Un des voyants de la centrale de 117 kwc de Largardette de Leynhac est ainsi passé au rouge attestant d’une panne sur l’un des onduleurs. 

L’avantage d’être “sur place”

“Nous disposons d’un logiciel qui nous permet de suivre sur ordinateur ou smartphone les courbes de production quotidienne des 150 centrales que nous avons en télésurveillance ainsi que les retours des données de production des compteurs EDF”, explique le technicien maintenance qui a rejoint l’entreprise il y a trois ans. Ces données effectives de production sont comparées en temps réel avec les courbes théoriques élaborées sur la base les données satellitaires d’ensoleillement. Le différentiel apparent entre les deux n’étant pas forcément synonyme de panne ou dysfonctionnement, les courbes théoriques ne tenant pas compte de phénomènes locaux comme le brouillard ou de récentes chutes de neige. “C’est ce qui se passe par exemple depuis trois jours sur le secteur de la Fageolle plongé dans le brouillard et c’est ce qui fait que des entreprises autrichiennes, qui nous sous-traitent la maintenance de leurs installations, nous appellent pour savoir ce qui se passe”, explique Vincent Lescure, qui fait peu confiance aux sondes d’ensoleillement équipant les centrales, trop fragiles et peu fiables. 

Façon Sherlock Holmes 

Ce jour-là, après avoir dans un premier temps contacté l’exploitant pour s’assurer qu’un problème de disjoncteur n’était pas en cause, le technicien va jouer les détectives pour définir dans un premier temps s’il ne s’agit pas d’un courant de fuite entre la terre et l’onduleur, ou si un rongeur, particulièrement friand des câbles photovoltaïques, n’a pas fait ses dents sur l’un d’eux... Une petite visite au boîtier qui protège les onduleurs et de premières mesures permettent rapidement d’identifier sur le plan de calepinage la chaîne de panneaux impactée, a priori située en bas de toiture. 
Un indice que va venir compléter un précieux allié dont s’est dotée l’équipe “d’enquêteurs” : un drone - guère plus de 500 grammes en main -  équipé d’une caméra thermique à l’œil infaillible. Un rapide survol de la pente met en évidence au bas de la toiture un “hot spot”, une zone de déperdition de chaleur, témoin de la défaillance d’un ou plusieurs panneaux. “Quand on cherche la panne, on fouine, on tâtonne, on lève des panneaux... ça peut être très court comme très long”, sourit Vincent Lescure qui, pour poser un diagnostic définitif et intervenir sur le panneau en cause, s’est déjà équipé de son baudrier relié à des deux ventouses anti-glisse. 

Drone : précieux gain de temps

Direction le toit du bâtiment où le dépannage va poursuivre son cours. Objectif : démonter le premier et le dernier panneau de la chaîne concernée pour définir si le dysfonctionnement se situe entre la toiture et l’onduleur ou au niveau des panneaux eux-mêmes. “Le drone apporte un gain de temps important en simplifiant les tâches et fournissant plusieurs informations sachant que nous disposons au total de quatre engins : deux équipés d’une caméra thermique, deux autres d’une caméra simple, ce qui permet d’intervenir simultanément en deux endroits du département. Ça n’évite pas de monter sur la toiture dès qu’on a un doute mais ça soulage”, apprécie le technicien qui, comme ses collègues, perfectionne ses compétences et son matériel au gré des innovations dans le secteur. 
Suite à une formation à l’Ines, l’Institut national de l’énergie solaire, la société vient ainsi de faire l’acquisition d’un appareil de mesure du rendement solaire de l’installation. “Ça permet notamment de savoir où en sont des centrales qui ont dix ans sachant que la puissance des panneaux est garantie à 80-85 % à 20 ans”, indique Vincent Lescure. Et d’ajouter que si ces derniers ne craignent ni la neige, ni le gel, ni la grêle (sauf épisode violent) du fait de leur flexibilité, il faut se méfier d’un passage d’épareuse non loin du bâtiment, les projections de cailloux pouvant provoquer un impact. Dans certains cas, c’est la qualité même du panneau qui est en cause : “On a eu une série de panneaux dont les matières premières du film blanc accolé au dos étaient de mauvaise qualité, et qui de ce fait prenaient l’humidité”, relate Laurent Regimbeau, actionnaire de la société de maintenance et dont le bureau d’études Ecojoule réalise pour le Gac EN(1) les demandes de raccordement et assure un accompagne technique sur le terrain. 
Les panneaux de dernière génération, toujours ultra-majoritairement conçus en Chine, sont-ils plus performants ? “Pour avoir la même puissance, il faut désormais moins de surfaces même si la production ramenée au kilowatt-crête ne varie pas forcément”, répond le spécialiste. 

(1) Groupement d’achat Énergies Nouvelles (FDSEA). 

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