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Le dressage à la salle de traite des agnelles avant leur premier passage

Afin d’avoir des agnelles plus dociles lors de leur première campagne de traite, l’une des méthodes possibles est le dressage pour simplifier le travail des éleveurs.
 

Salle de traite de brebis
Salle de traite de brebis
© B. Grifffoul

Projet lancé par le GIE Occitanie, AstravOvin (Idele), et de nombreux autres partenaires dont la chambre d’agriculture de Lozère, l’objectif était d’habituer les agnelles à la salle de traite, dans l’optique aussi de « réduire le temps d’astreinte des éleveurs en salle de traite », détaille Mélanie Moreau, conseillère ovins lait à la chambre d’agriculture de Lozère et qui a suivi le projet depuis ses débuts. Des agriculteurs lozériens ont aussi été sollicités pour la mise en application de cette idée.
Ce dressage des agnelles fait partie d’un appel à projet plus large pour quantifier le temps d’astreinte des éleveurs et lancé en 2021. Parmi les autres axes de travail, on retrouve notamment la question du début de traite en hiver, ou encore celle de la fréquence de distribution des aliments.

Le dressage des agnelles doit se faire en période calme
La mise à la traite des agnelles est une période critique en élevage ovins lait, et intense du point de vue du travail. Après la mise bas, la séparation des agneaux s’ajoute au chantier de dressage, ce qui constitue un facteur de stress supplémentaire. Le trajet de l’aire paillée vers la salle de traite est difficile.
Le dressage des agnelles consiste donc, avant la première traite, à les habituer à la salle de traite en les habituant à l’espace, au bruit, etc. La méthodologie retenue pour les essais était simple : « l’apprentissage des agnelles devait se faire une fois par jour, pendant huit jours consécutifs et un à deux mois avant la mise bas ». Avec quelques recommandations pour les agnelles : « elles doivent être assez grandes, et donc assez âgées, pour être à bonne hauteur par rapport au cornadis, et ne doivent pas être dressées sur une période trop proche de l’agnelage à venir, afin de respecter le bien-être animal ».
Ce dressage a donc été étudié à l’Eplefpa de la Cazotte à Sainte-Affrique ainsi qu’au sein du Gaec des Anjus en Lozère, avec des brebis Lacaune dans les deux cas. À La Cazotte, le dressage a été mené en ajoutant des brebis adultes dans le lot d’agnelles, afin de vérifier si elles s’imprégnaient du comportement des femelles expérimentées. Des mesures ont été effectuées en salle de traite (stress, observations comportementales, nombre de chutes dans la fosse de traite, temps de travail nécessaire…). Au début de l’essai, les agnelles ont tendance à stresser les adultes, qui se retrouvent désorientées. De ce fait, il faut veiller à ce que la proportion d’adultes au sein du groupe de jeunes soit suffisante, pour qu’elles les influencent positivement. Il est également intéressant de repérer les agnelles meneuses, qui guident les autres. Entre les agnelles dressées ou non, le critère d’acquisition des faisceaux trayeurs a été évalué. Au bout de huit jours, 72 % des femelles dressées acceptent la traite, contre 25 % pour celles qui n’ont pas eu d’apprentissage. Toutefois, toutes rentrent en salle de traite sans difficulté.
Les résultats des suivis en exploitation sont similaires. Les agnelles dressées semblent plus calmes dès le premier pointage réalisé dans le cadre du projet. Les éleveurs, satisfaits des résultats obtenus, souhaitent continuer à dresser leurs agnelles. Enfin, dernier bénéfice noté par les éleveurs : grâce au dressage et donc la diminution du stress des agnelles, la salle de traite est moins bruyante.

Diminuer le temps d’astreinte, une question permanente
Tous les axes de travail avaient donc pour but d’étudier le temps d’astreinte des éleveurs pour comprendre les pistes d’améliorations possibles. Dans le cadre du projet, Mélanie Moreau a par exemple réalisé des portraits d’agriculteurs lozériens pour étudier leurs trucs et astuces pour gagner du temps : « Il y a des choses que l’on connaît, c’est surtout des façons de faire qui sont intéressantes. Et puis tout n’est pas faisable chez tout le monde, ça dépend vraiment des systèmes d’exploitation. Mais on peut évoquer la mono-traite ou encore distribuer l’aliment une seule fois par jour, etc. ». Autre exemple : avoir des bâtiments adaptés au troupeau, « plutôt modernes avec de grandes salles de traite. Mais tout le monde ne peut pas le faire ».
Conclusion : les temps de travail chez les agriculteurs sont très individualisés et ces derniers n’ont pas forcément d’idée de leur quantification pour l’optimiser.

 

En pratique

Pour retrouver cette étude et les fiches actions, rendez-vous sur le site de l’Idèle, et dans la barre de recherche, tapez « AstravOvin ».
 

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