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Le Département implore les territoires à rester unis pour être attractif

Un débat politique s'est ouvert lors de la dernière session du Conseil départemental, des élus d'Aurillac 2 et 3 boudant le statut juridique de syndicat mixte de l'agence "Cantal attractivité".

© R. S.-A.

L es projections démographiques ne sont pas bonnes : "À l'Ouest de la région, dans les départements ruraux du Cantal et de l'Allier, la population ne cesserait de diminuer. Le Cantal perdant chaque année 1 400 habitants du fait d'un déficit important des naissances sur les décès. Les migrations résidentielles ne permettraient pas de compenser ce déficit naturel, soit 15 000 habitants perdu en 50 ans." De quoi faire réagir les élus départementaux, réunis à
l'occasion du vote du budget, lundi 12 et mardi 13 décembre. La collectivité va devoir redoubler d'efforts pour la reconquête démographique, d'autant qu'aucun territoire intercommunal ne peut se prévaloir d'un solde net en progression. En un mot comme en cent, le Cantal perd encore inexorablement des habitants.

Et pourtant, du mieux
"Nous pouvons cependant être fiers du travail déjà réalisé car nous sommes passés d'un solde migratoire négatif, il y a 20 ans, à un solde positif de +225 il y a douze ans et +880 habitants ces dernières années." Hélas, dans le même temps, le solde naturel s'est détérioré - et continuera de se détériorer - approchant les -1 000 par an.
Et le comble, c'est que les familles françaises font moins d'enfants et que les nouveaux installés n'échappent pas à la tendance. Ainsi, lorsqu'il est question de parler des collèges, la projection à l'horizon 2030 de l'Insee imagine 1 000 collégiens de moins qu'aujourd'hui. Quand on sait qu'un collège cantalien accueille en moyenne 240 élèves, c'est comme si quatre établissements devaient fermer d'ici 2030...
C'est pourquoi vient d'être créé un syndicat mixte baptisé "Cantal attractivité". Si l'idée semble faire l'unanimité autour d'un fonctionnement qui s'apparente à une agence, en revanche, sa forme juridique fait débat. À cette heure, le syndicat compte dix membres. Mais le président du Département "regrette que certains territoires n'aient pas encore souhaité en discuter dans leurs instances". C'est le cas de la Caba. Et son président, conseiller départemental, s'en est expliqué. Sa crainte,  un "fonctionnement coercitif" où tout le monde paie ce que le Département décide seul. Pierre Mathonier aurait préféré un statut associatif, rempart selon lui à un "chèque en blanc". Qu'importe le statut selon les élus de la majorité, qui veulent avant tout que tout le monde travaille dans le même sens, comme l'a rappelé Isabelle Lantuéjoul (Arpajon) : "Les termes techniques doivent se régler entre
personnes responsables."

Une question de confiance
Jean Mage (Riom) s'adresse directement au maire de la ville centre : "Quand on parle d'Aurillac, on parle d'abord du Cantal. La Caba ne serait pas grand chose sans les quatre points cardinaux du département. Et si ça lui coûte un peu, j'y verrai une forme de péréquation", estime celui qui se réjouit que le Département soit "chef de file" de ce projet. Dominique Beaudrey (Maurs) implore de cesser une "guéguerre politique", d'autant, souligne-t-elle, "que je ne vois pas comment un syndicat mixte pourrait s'avérer contraire à l'intérêt des territoires". Vincent Descoeur (Arpajon) appelle de ses voeux à une "mobilisation collective au moment où les projections Insee sont douloureuses à lire" et exhorte les territoires ne l'ont pas encore fait à adhérer (NDLR : la Châtaigneraie cantalienne n'a pas encore présenté le projet à ses membres). "On ne va pas se regarder en chien de faïence pendant six ans, il faut se faire confiance !"
La "base d'une confiance réciproque" est la notion qui prévaut également dans les propos du président Faure :  "Quel esprit vous anime ?", lance encore le président Faure à Pierre Mathonier. "Le Département n'a aucun intérêt à imposer quoi que ce soit et le syndicat rendra des comptes", souligne-t-il. "Quand on travaille ensemble avec la Caba, on peut faire de belles choses", poursuit-il en donnant pour exemples les dossiers de l'enseignement supérieur ou de la ligne aérienne. La position du président de la Caba reste tranchée, même si, comme
Philippe Fabre (Vic) l'a fait remarquer, "sauf erreur, rien n'a encore été présenté aux élus du bassin aurillacois"... Le temps pour les conseillers départementaux de prêcher la bonne parole auprès des maires...
Didier Achalme (Saint-Flour) se félicite qu'Hautes Terres communauté ait immédiatement adhéré, "les Cantaliens ne comprendraient pas une division". Céline Charriaud (Neuvéglise) confirme que Saint-Flour communauté adhèrera, "car c'est l'affaire de tous les Cantaliens", note-t-elle, en faisant remarquer un premier travail effectué qui a permis de redonner de la fierté à l'appartenance Cantal. "On se félicite ici que le Département est le bon échelon et on est schizophrène quand on revient dans nos EPCI ?", s'interroge Florian Morelle (Maurs). Et pour séduire à l'extérieur il faut "faire preuve en interne d'une entente cordiale", plaide Gilles Chabrier (Murat) qui réclame de la part de ses collègues élus, d'adopter "la positive attitude"...

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