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Le Crédit Agricole crée un fonds de développement en agriculture de 10 millions d’euros pour les jeunes agriculteurs

À l’occasion du Sommet de l’élevage, le Crédit Agricole est revenu sur la création d’un « fonds de développement en agriculture » de 10 millions d’euros, annoncé en septembre au SPACE à Rennes.

© stock.adobe.com

Cette nouvelle présentation du "fonds de développement en agriculture » devant les représentants de la FRSEA, de JA et des filières régionales visait à clarifier les ambitions du Crédit Agricole en direction des projets d’installation et de modernisation des exploitations agricoles, dans un contexte où les besoins financiers du secteur sont colossaux.

Dès 2026, les fonds seront alloués pour une période de sept à neuf ans, durant laquelle l’agriculteur paiera uniquement les intérêts avant de rembourser, in fine, le capital.

Le dispositif du Crédit Agricole vise à soulager les trésoreries

Le dispositif retenu par le premier financeur du secteur agricole est celui des quasi-fonds propres : 

il ne s’agit pas pour le Crédit Agricole d’entrer au capital des exploitations, mais de proposer un financement complémentaire entre le crédit bancaire classique et les fonds propres de l’agriculteur » a souligné Jean-Christophe Roubin, Directeur de l'Agriculture et de l'Agroalimentaire de Crédit Agricole S.A.

Comment fonctionne le fonds du Crédit Agricole ?

Concrètement, durant les premières années, seuls les intérêts sont dus ; le remboursement du capital n’intervient qu'à échéance soit au bout de 7 à 9 ans, selon le projet financé. 

« L’objectif de ces quasi-fonds propres est de permettre aux agriculteurs de passer leurs premières années, le plus sereinement possible, d'alléger leurs encours et les mensualités, et puis aussi de renforcer la structure financière des exploitations » explique Jean-Christophe Roubin. 

Ce dispositif vise à soulager la trésorerie des exploitants lors du démarrage du projet, à renforcer leur capacité de résilience face aux aléas et à se donner le temps de construire un projet.

À lire aussi : 9 jeunes agriculteurs sur 10 accompagnés par le Crédit Agricole Centre France

Comment rembourser le fonds du Crédit Agricole sans générer de fiscalité ? 

Trouvant un intérêt à ce dispositif financier, les représentants de la FRSEA et JA émettent néanmoins quelques craintes. 

Si pendant les premières années l'agriculteur bénéficiaire ne rembourse que les intérêts, la situation risque d'être plus compliquée pour lui, à échéance, quand il va devoir rembourser la totalité du capital. 

Comment va-t-il faire sans que cela ne génère une fiscalité supplémentaire pour lui ? Car s'il décide de mettre de côté chaque année pour rembourser son capital in fine, il devra payer des impôts ! " soulignent les représentants syndicaux. 

Une question cruciale à laquelle le Crédit Agricole entend apporter une réponse adaptée. "Effectivement, nous avons besoin encore de calibrer le dispositif en prenant en compte des filières et des régions différentes, et en vérifiant aussi la complexité des projets (...) Par ailleurs, si à échéance l'agriculteur est dans l'incapacité de rembourser le capital emprunté, la banque pourra rééchelonner sa dette" précise le directeur.

Avant le lancement opérationnel en 2026, une enveloppe expérimentale est mise en place

Le lancement opérationnel du dispositif est prévu pour début 2026, à titre expérimental dans un premier temps. Le fonds démarre avec une dotation de 10 millions d’euros. En considérant un ticket moyen de 200 000 euros, cela permettrait d’accompagner une cinquantaine de projets d’élevages dans les prochaines années.

À lire aussi : 200 jeunes s'installent en moyenne dans le Puy‑de‑Dôme mais compensent-ils les départs ?

 

 

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