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Le “coup de gueule” des Jeunes agriculteurs inquiets

Réuni mi-avril, le groupe lait des JA a dressé un constat alarmant de la conjoncture. Interview de Nicolas Cussac.

Nicolas Cussac : “Si on veut être réactifs demain, il faut trouver d’autres moyens de régulation de la production”.
Nicolas Cussac : “Si on veut être réactifs demain, il faut trouver d’autres moyens de régulation de la production”.
© P. O.

Depuis qu’il a pris le relais à la tête du groupe lait des Jeunes agriculteurs (JA) il y a un an, Nicolas Cussac ne manque pas de sujets de préoccupations ni d’occasions de mobiliser ses troupes. Il revient sur un état des lieux inquiétant dressé mi-avril par le groupe lait du syndicat jeune.

Où en sont les discussions sur le prix du lait du second trimestre ?
N. C. : “Tous les producteurs ont livré leur lait au mois d’avril sans savoir à quel prix les entreprises leur achèteraient. Certes, on connaît la tendance, à la baisse, mais on ne sait pas quel niveau celle-ci atteindra. C’est l’incertitude la plus totale. Les entreprises proposent un prix annuel lissé sur les douze mois de l’année, mais c’est inacceptable.”

Lors de l’AG des JA, vous avez aussi dénoncé l’application du système de flexibilité.
Nicolas Cussac : “Oui, nous sommes très remontés contre cette pratique. Une seule entreprise est habilitée dans le département à appliquer ce dispositif, or toutes les entreprises ont suivi la roue. Le plus grave c’est qu’alors qu’on vient de sceller un accord sur les AOC d’Auvergne, la flexibilité est appliquée sur le prix du lait transformé en AOC. C’est parfaitement incohérent. D’autre part, la flexibilité a toujours été négative pour les producteurs. Elle n’a jamais été mise en place quand elle aurait dû se traduire positivement sur notre fiche de paie du lait. À ce compte, on pourrait très bien exiger une flexibilité qui tienne compte de nos coûts alimentaires, et qui serait donc systématiquement à notre avantage.”

Avez-vous des indications sur l’évolution du marché à plus long terme ?
N. C. : “On vient de faire le constat en à peine 18 mois des conséquences d’un marché dérégulé. Il y a deux ans, certains économistes nous disaient : “Produisez”. Aujourd’hui, on se rend compte que le marché peut être très vite déstabilisé avec de fortes fluctuations. D’où notre inquiétude au sein du groupe lait quant à la fin des quotas laitiers. Il faudra d’ici la suppression de ces quotas, instaurer un autre système de maîtrise de la production.”

De quel type ?
N. C. : “La contractualisation fait partie des pistes possibles. Au niveau des JA, l’idée d’un GIE de collecte nationale est aussi avancée, mais ce n’est pas du goût des entreprises.”

Sur la question des AOC, après l’accord que vous évoquiez sur la valorisation, on annonce prochainement des contrôles. Quelle est la position des JA ?
N. C. : “Nous appuyons pleinement le collège producteurs qui siège au Cif. Pour nous, ces contrôles sur l’AOC cantal doivent être mis en place rapidement. C’est essentiel pour crédibiliser la filière et le fromage AOC cantal. Ce n’est pas en les repoussant à plus tard qu’on y arrivera. Il faut que chaque acteur soit crédible pour que le produit le soit. Mais contrôle ne signifie pas forcément sanction. Ces contrôles constituent un moyen d’accompagner les producteurs, de les aider à progresser.”
Plus d'infos à lire cette semaine dans L'Union du Cantal.
Droits de reproduction et de diffusion réservés.

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