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Le Coq aurillacois, une lame bienfaitrice de l'abbatiale Saint-Géraud

Le coutelier aurillacois Gérard Destannes a remis un nouveau chèque au profit de la rénovation de l’orgue de l’église Saint-Géraud, grâce à la vente de son Coq aurillacois.

Le grand orgue de l’abbatiale a pu à nouveau compter sur un généreux donateur, Gérard Destannes
© Patricia Olivieri

Quelques jours après Notre-Dame, c’est un autre joyau du patrimoine, aurillacois cette fois, qui accueillait un fidèle mécène : pour la troisième fois en à peine plus de dix ans, le coutelier Gérard Destannes a mis sa créativité, son savoir-faire et sa générosité au service de la rénovation de l’abbatiale Saint-Géraud, et plus précisément de son orgue du XVIIIe siècle, construit par Joseph Rabiny.  Restauré une première fois en 1986, l’usure du temps l’a cependant abîmé depuis. Il y a un an quasiment jour pour jour, devant la statut du Pape Gerbert, l’artisan de la rue des Frères, à la boutique plus que centenaire, présentait son nouveau projet : le Coq aurillacois, un “couteau hommage à trois emblèmes de la ville : Saint-Géraud, le Pape Gerbert et les berges de la Jordanne”, dont le manche en bois serait travaillé dans un petit morceau de la charpente de l’abbatiale conservé et mis à disposition par la Ville d’Aurillac

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Couteau charpenté

La vente de cette édition limitée - 300 exemplaires - a permis au coutelier amoureux de sa ville et de son patrimoine, de remettre ce 11 décembre un chèque de 1 500 € à l’association des Amis de l’orgue de Saint-Géraud. Cette somme va contribuer au projet de rénovation du buffet de l’orgue, en polychromie, avec des décorations : statuts, guirlandes, claire-voie qui prendront ainsi place devant les tuyaux, qui ont eux déjà fait l’objet d’une lourde campagne de restauration(1). Budget estimé par le technicien-conseil de la direction régionale des Affaires culturelles : entre 165 000 et 215 000 €, a précisé François Blanc, trésorier de l’association et organiste. “Il va falloir que j’en fasse des couteaux !”, s’est exclamé avec humour Gérard Destannes, chaleureusement remercié pour son geste et son engagement par le maire d’Aurillac et l’association. 
En 2020, ce sont des extraits des tuyaux, en plomb, qui avaient été incrustés et recouverts de résine dans le manche d’une précédente création de l’artisan, déjà destinée au financement de la rénovation de l’instrument via un don de 3 860 € à la Fondation du patrimoine.  La première opération, en 2013, avec une série évènement valorisant déjà les poutres en chêne de la charpente de l’église, avait connu un véritablement engouement avec plus de 13 000 € récoltés. 

L’abbatiale Saint-Géraud, c’est notre Notre-Dame à nous, elle est l’histoire d’Aurillac, elle veille sur la ville depuis plus de 1 000 ans", Gérard Destannes

“À l’époque, comme les dons pour la restauration de l’abbatiale n’affluaient pas beaucoup, je m’étais posé la question de savoir par quel moyen toucher les gens”, a rappelé Gérard Destannes. Non sans déclamer une nouvelle fois son amour à la cité géraldienne : “L’abbatiale Saint-Géraud, c’est notre Notre-Dame à nous, elle est l’histoire d’Aurillac, elle veille sur la ville depuis plus de 1 000 ans. C’est pourquoi les Aurillacois sont très attachés à cette église et ont une nouvelle fois répondu présent pour ce couteau.” 

Mécènes du bout du monde

L’occasion pour le coutelier, que le maire Pierre Mathonier considère comme un autre “monument historique” - mais bien vivant  -d’Aurillac, de montrer qu’au-delà des élus, des particuliers peuvent “à leur modeste manière” aider à sauvegarder et promouvoir le patrimoine de leur ville. L’occasion également d’évoquer de nouvelles pistes de mécénat potentiel sur la base d’anecdotes dont l’artisan n’est jamais avare : “J’ai eu des clients américains, venus à Aurillac spécialement pour visiter Saint-Géraud et son orgue, qui auraient pu être des mécènes du bout du monde. C’est une église exceptionnelle avec un très bel orgue.” Et François Blanc de relater à son tour la visite d’un couple d’Écossais, dont le mari, Auvergnat d’adoption, en kilt, avait  absolument tenu à jouer de l’orgue laissant à l’époque un don de 1 000 F.

(1) En 2019, 2 448 tuyaux de l’orgue ont été démontés, auscultés, expertisés, des postages en plomb ont été remplacés, des fuites d’air dans les poumons colmatées, les tuyaux et les sommiers nettoyés… 

La cinquième génération s’affûte
Le prochain “bébé” de Gérard Destannes est en train de s’écrire en famille, avec Romain, son neveu. Ce dernier, salarié d’Agrolab’s depuis huit ans, a en effet décidé de perpétuer une tradition artisanale familiale vieille de 120 ans, en s’installant comme la cinquième génération de coutelier Destannes à Aurillac d’ici un an. “Ce qui m’a donné le plus envie, c’est la clientèle, son attachement à ce commerce multi- générationnel”, confie Romain Destannes, formé sur le tas dans la boutique de la rue des Frères lors des périodes de vacances. Un savoir-faire qu’il va aller perfectionner à Thiers, dans le saint des seins de la profession, en bénéficiant des dernières innovations. “Dans un premier temps, on travaillera en doublon avec mon père, puis je reprendrai le commerce tel quel, avant, à moyen terme, d’envisager sa transformation et réfection avec potentiellement une surface commerciale agrandie”, expose le jeune homme. 


Une grande fierté pour Gérard Destannes, très attaché aux valeurs de la transmission familiale, qu’il partage avec de nombreux clients : “J’ai eu cet été un monsieur de plus de 80 ans, né à Aurillac mais vivant en Allemagne, qui avait fait exprès un détour pour acheter à son petit-fils son premier couteau ici, comme son propre père l’avait fait avec lui.” Fierté de transmettre mais aussi d’avoir pérenniser l’excellence et la réputation de ce petit commerce de centre-ville : “On a passé deux guerres et on est toujours là, le petit commerce a son utilité. Dans mon magasin, les produits sont 100 % français et quasi- ment 100 % auvergnats ; chez nous, il n’y a pas de “chinois”. Faire de la qualité, produire français, ça marche aussi !”
 

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