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Le congrès de la FNB s'ouvre dans le Puy-de-Dôme

Le congrès de la FNB s'est ouvert dans le Puy-de-Dôme. Entre crises sanitaires, accords commerciaux menaçants et défi du renouvellement générationnel, Annie Genevard, ministre de l’Agriculture, était attendue ce jeudi pour des solutions concrètes.

Sur l’exploitation du Gaec du Puy Giroux à Romagnat, Patrick Bénézit, président de la FNB (au centre) a ouvert le congrès de la FNB qui se déroule cette année dans le Puy-de-Dôme.
Sur l’exploitation du Gaec du Puy Giroux à Romagnat, Patrick Bénézit, président de la FNB (au centre) a ouvert le congrès de la FNB qui se déroule cette année dans le Puy-de-Dôme.
© Anna Beck

Le congrès annuel de la FNB s'est ouvert mercredi 4 février dans le Puy-de-Dôme pour se clôturer ce jeudi en fin de matinée, après la venue d’Annie Genevard, ministre de l'Agriculture.

Entre crises sanitaires, accords commerciaux internationaux, défense du prix et de l'élevage à l'herbe, sans oublier le renouvellement générationnel, le programme annoncé par les organisateurs lors de la conférence de presse du mardi 3 février, laissait entrevoir un programme chargé pour les 500 congressistes. Bien qu'elle connaisse un rebond économique, la filière allaitante française reste prudente. 

C'est la première fois que nous faisons un congrès où les coûts de production des éleveurs allaitants sont couverts par les prix de vente. C'est toutefois assez récent (moins d'un an) et tous les éleveurs n'ont pas encore pu en profiter » précise Patrick Bénézit, président de la FNB.

Un million de vaches en moins en 10 ans, l’élevage français s'érode

La défense du prix reste LA priorité de la fédération pour faire face à l'érosion de l'élevage français. En 10 ans, plus d'un million de vaches ont été perdues dont plus de 700 000 bovins allaitants. L'élevage allaitant français repose sur 48 000 exploitations, contre 62 000, dix ans plus tôt.

Le Puy-de-Dôme, où se déroule ce congrès, n'est bien sûr pas épargné. D'après les derniers chiffres de l'identification bovine de l'EDE du Puy-de-Dôme, 84 872 vaches allaitantes (au 1er juillet 2025) sont dédiées à la production sur un total de 321 000 bovins (Agreste 2020), réparties dans 3 436 élevages (27% des exploitations totales). En 10 ans, le nombre d’élevages allaitants a diminué de 18% dans le département. 

Les exploitations s’agrandissent sans augmenter leur cheptel (extensification) pour maintenir leur autonomie fourragère » précise David Chaize, président de la section bovine de la FNSEA 63.

À lire aussi : L'élevage allaitant, le pilier fragile de l'agriculture du Puy-de-Dôme

En parallèle de cette extensification, les élevages voient leur valeur vénale augmenter. Alors que 50% du cheptel national est entre les mains d’agriculteurs de plus de 50 ans, les jeunes repreneurs, déjà rares, doivent faire face à des exploitations avec un important capital. « Il est de plus en plus lourd en élevage bovin, les jeunes ont besoin de l'engagement de la filière sur le prix pour couvrir les coûts de production et les annuités » affirme Patrick Bénézit.

À ses côtés, Cédric Mandin, secrétaire général de la FNB ajoute : « un métier rémunérateur, ça donne envie aux jeunes de s'y investir ». 

 La passion ne suffit pas à vivre » appuie Sabine Tholoniat, présidente de la FNSEA 63.

Sans argent, pas de reprise, pas de production et donc moins de volumes pour les outils essentiels à la filière. Le défi du renouvellement générationnel est aussi là, dans le maintien de la rentabilité notamment des abattoirs.

Victoire sur le Mercosur, menaces de l'Australie, la guerre des accords internationaux n'est pas terminée

« Le danger guette. » Sans nul doute durant ce congrès, les accords de commerce internationaux occupent une place majeure.

Le renvoi de l’accord entre l’Europe et les pays du Mercosur vers la Cour de justice de l’UE suite au vote positif des eurodéputés le 21 janvier, est une victoire pour tous les éleveurs français et notamment la FNB qui a longuement œuvré.

À lire aussi : Victoire des agriculteurs : le Parlement européen saisit la Cour de justice

La fédération n'a cependant pas le temps de souffler puisque l'accord avec l'Australie, qui prévoit l'augmentation de l'importation de viande bovine vers l'Europe, devrait connaître un coup d'accélérateur dans les négociations. Pour Patrick Bénézit, la ligne reste la même : 

on ne peut pas mettre en concurrence l’élevage français, conduit à l'herbe, avec des systèmes usant d’hormones de croissance et n'ayant aucune norme de bien-être animal. C'est une question de souveraineté alimentaire mais aussi de sécurité sanitaire. »

Le sanitaire, justement, va lui aussi alimenter les débats des congressistes. La DNC sera inévitablement au cœur des échanges notamment sur le maintien des exports. « La FNB s'est pleinement mobilisée pour obtenir des accords bilatéraux avec ses partenaires importateurs (Italie et Espagne) qui permettent de vendre des animaux vaccinés. L’accord obtenu fin novembre entre la France et l’Italie évite les 14 mois d’attente, mais il reste dur selon les différents zonages : entre quatre mois au mieux et sept mois au pire.»

À lire aussi : Patrick Bénézit : « Le combat de la FNB, c’est le prix »

Les éleveurs attendent la venue d’Annie Genevard pour exposer l'ensemble de leurs revendications. La ministre de l'Agriculture aura alors la lourde charge de clôturer ce congrès ce jeudi 5 février.

À lire aussi : Bovins vaccinés DNC : discriminés sur le marché

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