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Le charbon symptomatique : une maladie mortelle pour les animaux

Vendredi 9 septembre, la préfète de Lozère Valérie Hatsch a tenu une conférence de presse pour donner les résultats des analyses après qu'une mortalité anormale de bovins a été signalée sur le mont Lozère, en près de deux semaines.

Dans la salle de la mairie des Bondons, Laure Gaillard explique les conséquences d'une transmission de la maladie du charbon symptomatique.
Dans la salle de la mairie des Bondons, Laure Gaillard explique les conséquences d'une transmission de la maladie du charbon symptomatique.
© Marion Ghibaudo

Au 8 septembre, 18 bovins de tout âge (15 broutards et trois vaches) étaient morts subitement dans plusieurs élevages autour du mont Lozère. Plusieurs animaux ont été autopsiés et des prélèvements effectués en vue d'analyse au Laboratoire Départemental de Mende. Les résultats mettent en évidence une bactérie appelée Clostridium chauvoei, responsable de charbon dit symptomatique.
Les bactéries de la famille des Clostridies sont à l'origine de toxi-infections, c'est-à-dire de la libération dans l'organisme de toxines parmi les plus virulentes connues, ce qui explique la soudaineté et la rapidité de la mort. Ces bactéries sont présentes de façon normale dans le tube digestif des animaux, et leur multiplication excessive peut conduire à la survenue des symptômes, mais on les trouve aussi dans le sol à l'état de spores qui sont des formes de résistance : c'est en ingérant ces spores que les animaux s'infectent. Pour le charbon symptomatique, des conditions météorologiques favorables (humidité et chaleur comme nous l'avons eu cet été) permettent la très grande multiplication des spores dans le sol, sur un secteur plus ou moins vaste. Cela explique que plusieurs élevages voisins ou proches aient été touchés.
La maladie peut provoquer une nécrose musculaire et on observe parfois au tout début un membre gonflé ou une boiterie sur l'animal atteint. Du fait de la très grande rapidité d'évolution, les traitements sont inefficaces, seule la vaccination préventive permet, avec succès et à un coût modéré, d'éviter les mortalités. Enfin, rentrer les animaux en bâtiment est une action à mettre immédiatement en oeuvre dans un contexte de mortalités, tout comme enlever rapidement les cadavres des pâtures afin d'éviter au maximum la dissémination de bactéries. Dans tous les cas, il est nécessaire de se mettre rapidement en relation avec son vétérinaire qui apportera ses conseils et son expertise, surtout si des prélèvements doivent être effectués car les cadavres pourrissent très vite lors d'infections à clostridies. La mise en place de mesures efficaces permet de stopper les mortalités.
Attention, il ne faut pas confondre charbon symptomatique et charbon bactéridien ! Ce dernier est une maladie très grave puisque pouvant être mortelle pour l'homme, ce qui n'est heureusement pas le cas pour le charbon symptomatique, non transmissible. Pour ces deux maladies, on parle de « charbon » car le sang des animaux atteints prend une teinte très foncée. Le charbon bactéridien, plus connu sous le nom de fièvre charbonneuse ou anthrax, est dû à une bactérie (Bacillus anthracis) d'une famille bactérienne différente, et dont la déclaration en cas de foyer avéré ou de suspicion est obligatoire auprès des services vétérinaires de l'État.

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