Aller au contenu principal

Le bien-être animal, un objectif d’éleveur et un éclairage à apporter au citoyen‑consommateur

L’année 2016 a été marquée par une montée en puissance de mouvements se revendiquant du bien-être animal.

Les observations, remontées ou échanges avec des personnes non directement impliquées dans l’élevage ont déterminé le choix du bien-être animal comme sujet de ce début d’année. C’est une tendance sociétale forte, portée par une médiatisation importante. Les politiques l’ont bien compris, promulguant la loi de 2015 « reconnaissant la sensibilité de l’animal ». Vous, éleveurs, qui vivez quotidiennement au contact de vos animaux, vous n’avez pas attendu cette loi pour en prendre conscience ! Cela confirme le besoin d’expliquer ce qu’est le bien-être du point de vue de l’animal et de montrer les nombreuses mesures mises en place.

Le bien-être animal : 5 libertés fondamentales
L’organisation mondiale de la santé animale (OIE) est la structure mondiale en charge de l’élaboration de normes intergouvernementales de bien-être animal. Elle donne une définition du bien-être animal qui fait aujourd’hui référence. Cette définition renvoie aux grands principes énoncés en 1992 par le Farm animal welfare council (FAWC), organisation britannique, connus sous le nom des 5 libertés fondamentales :
1. Liberté physiologique : ne pas souffrir de faim, de malnutrition ou de soif grâce au libre accès à l’eau et à un régime alimentaire apte à entretenir pleine santé et vigueur.
2. Liberté sanitaire : ne pas souffrir de douleurs, de blessures ou de maladies grâce à une prévention adaptée, un diagnostic rapide et un traitement approprié.
3. Liberté physiologique : ne pas éprouver de peur ou de détresse grâce à des conditions d’élevage et des pratiques liées ou non à un événement humain n’induisant pas de souffrances psychologiques.
4. Liberté environnementale : ne pas souffrir d’inconfort grâce à un logement adapté avec une absence de stress climatique et physique.
5. Liberté comportementale : pouvoir exprimer les comportements propres à chaque espèce grâce à un espace suffisant, un environnement approprié pour se déplacer, se reposer et être en contact avec des congénères.

Le statut de l’animal, une adaptation des éleveurs, une reconnaissance par la réglementation
Ces principes sont aujourd’hui intégrés dans les textes. Les professionnels des filières de production animale, notamment vous éleveurs, se sont fortement impliqués. Des indicateurs objectifs de bien-être animal avec les moyens de mesure correspondants ont été définis. En tant qu’éleveur, vous êtes très attentif à cette notion car, pour vous, le bénéfice est double : le bien-être animal induit de meilleures performances, donc une bonne rentabilité, et voir vos animaux entretenus dans de bonnes conditions contribue à votre propre bien-être, c’est une des valeurs centrales de votre métier d’éleveur. C’est donc vous qui êtes le mieux placé pour cette information du citoyen-consommateur.

Une évolution dans le temps, un nécessaire éclairage du citoyen‑consommateur
La représentation que l’Homme se fait des animaux, et donc les conceptions de son rapport avec eux, a évolué. Le traitement objectif de cette relation demande de ne pas y introduire le biais des projections anthropomorphiques. Les besoins des animaux ne sont pas les mêmes que les nôtres. Mais dans notre société, un profond changement des relations homme-animal est intervenu. L’urbanisation a éloigné les citoyens des réalités de l’élevage avec une raréfaction de leurs relations avec les animaux de ferme. Ils ne restent en contact qu’avec leurs animaux familiers dont le statut et la relation qu’ils entretiennent avec eux sont différents de ceux des animaux de ferme. Les systèmes d’élevage ont eux aussi évolué, suscitant de multiples interrogations liées à la méconnaissance. L’exemple du centre d’engraissement de Saint-Martial-le-Vieux en est une parfaite illustration, les bovins abrités dans ce centre bénéficiant de conditions de vie optimales. L’incendie criminel du bâtiment de stockage avec les inscriptions retrouvées, au-delà de la dégradation de l’outil de travail, démontrent la méconnaissance totale de la réalité du bien-être animal par ces détracteurs.

Une implication de chaque éleveur avec l’appui de GDS Creuse
Il revient donc à chacun d’entre vous en tant qu’éleveur d’expliquer de manière individuelle ou collective, à chaque occasion, les conditions de bien-être animal que vous pratiquez dans votre élevage. C’est déjà ce que j’indiquai dans l’article du 13/01/2012 intitulé : « Agriculture, alimentation, environnement et santé humaine. Les agriculteurs doivent reprendre la parole ». Le bien-être animal est une priorité pour GDS Creuse et une composante foncière de notre concept « Le sanitaire… j’adhère ! ». Pour plus d’informations, consultez l’encadré, ce sujet demandant des connaissances approfondies et rationnelles. Je reste à votre disposition pour tout renseignement complémentaire et vous présente, avec GDS Creuse, tous mes vœux, notamment de santé et de bien-être pour vous, pour cette nouvelle année.

Les plus lus

En 2010 et 2015, les éleveurs avaient déjà bloqué les sites du groupe Bigard.
Les éleveurs de viande bovine vont bloquer les abattoirs du groupe Bigard

Trop c'est trop. Face à la baisse continue des cours en viande bovine, les éleveurs ont décidé de passer à l'action. Ils…

groupe de personnes devant une retenue collinaire d'eau
La FDSEA et les JA ont convaincu le préfet de l’intérêt des réserves d’eau collinaires

En visite à Quézac, le préfet du Cantal s’est dit favorable aux réserves d’eau, devant l’installation d’une exploitation qui…

Antoine, Éric et Yoann Foncelle, de l'EARL des Diagots
Transmission : « Reprendre la ferme familiale, une évidence »

À 23 ans, Antoine Foncelle est en plein dans l’aventure de l’installation. Son projet est de reprendre la ferme de son père.…

Théo Mialon, éleveur à Moissat, aux côtés de Viking, un taureau qui devrait partir en concours dès septembre 2026.
Installation : Théo Mialon, l'élevage charolais en héritage

À seulement 24 ans, Théo Mialon a déjà tout d’un agriculteur accompli. Installé depuis novembre 2022 sur l’exploitation…

Conditions d'attribution, calcul des ressources, recours sur succession : la MSA Auvergne fait le point sur un dispositif qui préserve spécifiquement l'outil de travail des agriculteurs.
L’ASPA, un coup de pouce méconnu pour les retraites agricoles modestes

Complément de revenu destiné aux retraités les plus modestes, l’ASPA reste largement sous-utilisée par les exploitants…

Lionel Chauvin, Président du Conseil départemental du Puy-de-Dôme, et Marie-Anne Marchis, Vice-présidente en charge du tourisme, des Grands Sites et de l'UNESCO, ont inauguré l’Échappée volcanique, le nouvel itinéraire de cyclotourisme
L'Échappée volcanique : le nouvel itinéraire vélo de 110 km dans la Chaîne des Puys

Cet été, le Département du Puy-de-Dôme invite les amateurs de cyclotourisme à découvrir l’Échappée volcanique, un itinéraire…

Publicité
Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 100€/an
Liste à puce
Accédez à tous les articles du site Réussir lait
Profitez de l’ensemble des cotations de la filière Réussir lait
Consultez les revues Réussir lait au format numérique, sur tous les supports
Ne manquez aucune information grâce aux newsletters de la filière laitière