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Le beurre, le prix du beurre… et le producteur !

La « pénurie » dans les supermarchés serait-elle une «intox» ? C’est du moins ce que dénoncent les producteurs qui ont mené des actions dans les supermarchés afin de rétablir la vérité.

À Thiers, les producteurs de lait dont Sabine Tholoniat et Denis Guérin ont apposé des tracts FDPL dans une grande surface afin d’expliquer la pénurie de beurre
À Thiers, les producteurs de lait dont Sabine Tholoniat et Denis Guérin ont apposé des tracts FDPL dans une grande surface afin d’expliquer la pénurie de beurre
© FNSEA 63

Samedi 28 octobre à l’appel de la FNPL(1), des éleveurs ont mené des actions dans les supermarchés pour dire que la pénurie de beure « n’existe pas » et pour « rétablir la vérité avec des affichettes dans les rayons où il y a soi-disant pénurie ».

Dans le Puy de Dôme, les producteurs de la FDPL63 se sont rendus dans un supermarché à Thiers. Pour eux, l'absence de plaquettes de beurre dans certaines grandes surfaces ne relève pas d'une faute ou d'une pénurie de lait chez les producteurs, «c'est un problème de négociations commerciales entre industriels laitiers et distributeurs. Et nous ne voulons pas être les boucs émissaires de leurs relations commerciales tendues», indique Sabine Tholoniat, membre du bureau de la FNSEA63 et de la FDPL63. Samedi à Thiers, les éleveurs ont distribué aux clients du supermarché des tracts où l’on pouvait lire : « Si ce rayon est vide, c'est que ce magasin ne veut pas payer le beurre à son juste prix !».

Jeu de « Poker menteur » de la grande distribution

La « pénurie » de beurre et le manque de produits dans les rayons font la une des médias ces derniers jours. Comment la France qui après la dernière guerre a fait en sorte d’apporter la sécurité alimentaire à sa population a pu en arriver là ? Au cours des dernières années, l’ima-ge du beurre, sa réputation et «son traitement médiatique » ont radicalement changé. La matière grasse laitière, longtemps décriée, retrouve aujourd’hui ses lettres de noblesse. La demande mondiale et européenne a par ailleurs fortement augmenté et l’émergence de nouveaux marchés notamment en Chine, accentue le phénomène.

En parallèle, 2016 a été une année noire pour les producteurs de lait.

La conjoncture de prix bas a entrainé une baisse du nombre d’exploitants laitiers et par conséquent des volumes produits. Et les tendances sur 2017 ne sont guère meilleures. « Certes l’équilibre entre offre et demande est tendu sur le marché du beurre, mais cela n’explique pas tout… selon un communiqué de la FDPL du Puy-de-Dôme. L’absence de beurre en rayon est surtout révélatrice de tensions entre certaines enseignes de la grande distribution et leurs fournisseurs. » Et d’ajouter « Alors que partout dans le monde, la demande en beurre supérieure à l’offre tire les prix vers des sommets, la majorité des centrales d’achats françaises refusent de procéder aux hausses tarifaires justifiées. Dans un contexte de guerre des prix entre distributeurs, elles préfèrent prendre en otage les consommateurs en organisant la pénurie dans leurs rayons. Dans cette situation, les industriels laitiers font des choix et les mauvais payeurs ne sont pas prioritaires ! »

Les États généraux de l’alimentation ont mis en avant la répartition inéquitable de la valeur. Pour Sabine Tholoniat, « il est urgent d’agir, parce que, les producteurs de lait, eux, n’ont pas vu leur prix du lait augmenter aussi vite que les cours du beurre ! »

(1) Fédération nationale des producteurs de lait

Beurre : ruptures de stocks de 30 % dans les supermarchés du 16 au 22 octobre

Selon une étude le cabinet Nielsen, « les risques de pénuries (évoqués) dans les médias ont entraîné une forte accélération des ventes, qui s'explique notamment par la volonté de stockage des consommateurs. » L'étude, basée sur les ventes effectives des distributeurs, montre que plus d’un tiers de la demande des grandes surfaces n’a pas été satisfaite entre le 16 et 22 octobre, contre des ruptures de stocks de 21 % la semaine précédente. Conséquence directe de ce manque de beurre dans les rayons : les ventes de margarine, qui étaient en baisse sur l'ensemble de l'année, ont progressé de 15% en volume, et de 12% en chiffre d'affaires, sur la même semaine. Et d’une façon générale, on a assisté à un bon de la demande pour l'ensemble des corps gras (beurre, margarine, crème fraîche, etc.), constate le cabinet, qui parle d'une hausse de 5,4% des prix en octobre.

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