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Vassivière
Le berger du lac

L’exploitation agricole traditionnelle a joué un rôle fondamental dans la préservation de certains milieux situés autour du lac de Vassivière comme la lande du Puy Lacroix. En l’absence de pâturage ovin, cette lande était menacée de disparition. D’où l’appel à un agriculteur pour entretenir le site.

Pierre-François Leclère, à gauche, entretient depuis 3 ans la lande du Puy Lacroix situé au bord du lac de Vassivière.
Pierre-François Leclère, à gauche, entretient depuis 3 ans la lande du Puy Lacroix situé au bord du lac de Vassivière.
© D.R.

Pierre-François Leclère est un jeune agriculteur de 25 ans installé depuis 7 ans. Éleveur d’ovins et de bovins basé à Saint-Marc à Loubaud, il avoue que sa situation n’est pas facile. Pour l’instant, il dit ne pas avoir de revenus de son travail agricole. Il travaille aussi dans le domaine des travaux publics pour compléter son salaire.

Une situation professionnelle pas facile certes, mais qui apporte aussi son lot de satisfactions. Ainsi en est-il du travail de gestion et d’entretien de la Lande du Puy Lacroix, située autour du lac de Vassivière, un des plus grands lacs de France, aux confins de la Creuse et de la Haute-Vienne. Depuis trois ans, chaque mois de juin, il fait pâturer une centaine de ses brebis sur cette parcelle de 13 hectares, classée territoire protégé Natura 2 000. Elle est composée de lande sèche principalement, mais aussi de lande humide (tourbière). Les brebis pâturent là jusqu’en septembre, « elles entretiennent la bruyère ».

Le contrat s’arrête cette année

S’il se retrouve à s’occuper de cette zone de pâturage située dans un territoire touristique, c’est parce que le syndicat mixte de Vassivière, gestionnaire du site, lui a proposé de prendre la suite de l’exploitant qui s’en occupait avant lui, Christin, du Groupement Pastoral du Haut Thaurion, de Gentioux, quand celui-ci s’est arrêté. Cette année, Pierre François Leclère a descendu ses brebis un peu plus tard, une fois qu’elles étaient tondues. Avant l’arrivée de ses brebis de race limousine, Pierre-François passe le broyeur dans la parcelle, pour couper les fougères qui ont poussé pendant l’année. « Je fais ce que le Syndicat Mixte de Vassivière me demande de faire : le broyage, l’entretien des clôtures, et le pâturage des ovins », explique le jeune éleveur, qui est aussi adhérent de la coopérative Creuse Corrèze Berry élevage.

Sa principale satisfaction depuis qu’il a entamé ce projet, c’est de participer à la « conservation du patrimoine ». Sans la pâture des brebis, la zone serait boisée. Grâce à cette action, on retrouve à la Lande du Puy Lacroix un paysage identique à ce qu’il pouvait être il y a cinquante ans.

Le contrat de gestion du site protégé qu’il a passé avec le Syndicat mixte de Vassivière doit s’arrêter cette année. Mais Pierre-François Leclère se verrait bien continuer l’aventure encore ! En attendant, cet été encore, les touristes en promenade à Vassivière traverseront la lande du Puy Lacroix où ils pourront, peut-être, apercevoir les brebis de l’éleveur creusois paturer.

Le rôle du conservatoire du littoral

Le conservatoire de l’espace littoral et des rivages lacustres a été créé en 1975 pour acquérir des zones littorales et les protéger de la construction qui pourraient détruire des écosystèmes remarquables. Au 1er janvier 2003, le Conservatoire assurait la protection de 125 000 hectares sur 500 sites, représentant 861 kms de rivages soit plus de 1 % du linéaire côtier. Mais le conservatoire n’acquiert pas uniquement des terrains sur le littoral maritime. Il possède aussi des sites lacustres, comme sa dénomination complète le laisse entendre. Seize grands lacs en France sont concernés dont le lac de Vassivière.

Le conservatoire du littoral intervient depuis le début des années 80 sur le pourtour du lac de Vassivière. Il est aujourd’hui propriétaire de plus de 260 ha et de 11 kms de linéaire de berges.

La loi qui a créé le Conservatoire l’oblige à proposer la gestion des sites aux collectivités locales concernées, telles le Symiva, associé ici à l’Office nationale des forêts.

Rédaction Réussir

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