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Le bale grazing : une technique innovante pour régénérer les prairies et optimiser le travail

Franck Pradier, éleveur de vaches Salers dans le Puy-de-Dôme, a adopté le bale grazing pour améliorer ses sols et gagner en efficacité. Une méthode venue du Canada qui séduit par sa simplicité et ses résultats agronomiques.

Le bale grazing est un pâturage hivernal dont les résidus de foin vont servir à réensemencer la prairie et les bouses la fertiliser.
Le bale grazing est un pâturage hivernal dont les résidus de foin vont servir à réensemencer la prairie et les bouses la fertiliser.
© Mélodie Comte

Installé depuis 2006 à Saint-Maurice-es-Allier, Franck Pradier élève une cinquantaine de vaches Salers sur un parcellaire regroupé de 60 hectares de prairies naturelles, 7 hectares de prairies temporaires et 29 hectares de céréales autoconsommées. Dans ce coin du département, assis entre la plaine de la Limagne et les portes du Livradois-Forez, les sols sont superficiels et séchants. 

éleveur avec ses beaucerons

L’éleveur cherchait une solution peu coûteuse pour régénérer ses prairies et améliorer leur productivité tout en optimisant son temps de travail. C’est lors d’une formation dans les Deux-Sèvres qu’il découvre le bale grazing, une technique venue du Canada.

Le principe ? Disposer des bottes de foin directement dans les parcelles, en créant des paddocks délimités par du fil électrique. Les vaches y accèdent par rotation, sur 24 à 48 heures maximum. « Pour 14 vaches, j'ai estimé qu'il fallait environ 1,5 botte par jour pour les nourrir. Je mets donc 2 bottes pour que le surplus soit restitué à la prairie », explique-t-il. Le foin consommé ainsi sur place, réensemence naturellement la prairie. Quant aux vaches, elles fertilisent naturellement la parcelle.

Les bénéfices agronomiques et économiques du bale grazing

Le bale grazing permet à Franck Pradier de fertiliser ses sols sans apport de fumier. Les déjections des vaches, concentrées sur une petite surface, enrichissent directement le sol en matière organique et en azote, notamment grâce à l’urine

« C’est un gain de temps énorme puisque sur ces parcelles je n'apporte pas de fumier », souligne-t-il. 

De plus, cette méthode évite de rentrer le foin, libérant de l’espace dans les bâtiments et réduisant la charge de travail.

repousse d'herbe sous couvert de foin

Le bale grazing permet également d’améliorer la productivité et la diversité floristique de la parcelle. Les restes de foin, en se décomposant, agissent comme un paillis et favorisent l’émergence de nouvelles plantes. Franck Pradier observe cependant que les résultats ne sont pas immédiats : 

« il faut attendre la deuxième année pour voir la prairie se régénérer. »

L’éleveur de Salers a recours à cette technique d’outre-atlantique depuis 4 ans et témoigne déjà constater des bénéfices sur des parcelles jusqu’alors en perte de productivité. « L’herbe revient. On voit même très clairement un épaississement de la végétation dans les zones où les bottes de foin ont été posées deux ans plus tôt. »

À lire aussi : La hauteur d'herbe donne le coup d'envoi de la saison de pâturage

Adaptation et limites du bale grazing, une technique à maîtriser

La réussite du bale grazing repose dans le chargement animal dans les paddocks

« Il faut un lot d’animaux important à l’hectare pour 24 heures, afin de fertiliser efficacement la prairie. » 

Dans ce cadre précis, la prairie doit ensuite connaître une période de repos de 60 jours après le passage des animaux. Franck Pradier a doublé ce temps d’inactivité (120 jours). « Sous nos latitudes, la reprise de l’herbe au printemps est plus lente. »

La technique demande aussi une bonne préparation : délimitation des paddocks avec des fils, gestion des rotations, et connaissance de la flore et du sol

« Le temps à y consacrer est la principale limite, reconnaît l’éleveur. Il faut déplacer les animaux toutes les 24 à 48 heures. » 

Malgré cela, il a adapté le système pour l’utiliser aussi bien en été, en cas de manque de fourrage, qu’en hiver.

La technique est en cours d’essai par l’IDELE dans plusieurs départements français (Normandie, Bretagne, Finistère, Jura).

À lire aussi : Maîtriser dès maintenant la qualité et la quantité de ses fourrages

 

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