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« L’Avenir » se joue et se fabrique à Bains, dans l’atelier de transformation d’Amandine

Depuis quelques jours, un atelier de transformation laitière flambant neuf, et «au féminin», a ouvert ses portes à Bains. Venez découvrir les délicieux fromages aux artisous d'Amandine associée du Gaec Élevage Négron.

«On peut être en bottes et travailler sur une résine rose !» lance Amandine.Ici en compagnie d'Olivier et de leur fils dans leur laboratoire.
«On peut être en bottes et travailler sur une résine rose !» lance Amandine.Ici en compagnie d'Olivier et de leur fils dans leur laboratoire.
© HLP

 Transformer une partie de ses 450 000 L de lait

Dans le village de Farigoules, sur la commune de Bains, une exploitation laitière, bien connue pour la performance génétique de son troupeau et ses nombreuses participations dans les concours montbéliards, vient d'investir pour transformer une partie de ses 450 000 L de lait annuels en fromages. L'atelier de 160 m2, dont le sol est recouvert d'une résine rose fuchsia, est à l'image du dynamisme et de la motivation de l'éleveuse qui va faire tourner cet atelier ; Amandine Négron, 31 ans, poursuit l'idée de fabriquer des fromages depuis ses 15 ans, suite à un stage chez un agriculteur qui transformait du lait... Une idée qui ne l'a pas lâchée et qui s'est même renforcée puisqu'elle a été pendant plusieurs années salariée dans le domaine des fromages, que ce soit dans la commercialisation chez Isatis ou dans la fabrication au Gaec du Fougaud à St Jean Lachalm. 

« L'idée de transformer son propre lait et d'aller jusqu'au bout de la chaîne, jusqu'au consommateur, me plaisait. Et puis je ne voulais pas seulement traire les vaches ! » explique-t-elle. 

Accompagné par la Chambre d'agriculture de Haute-Loire

Ce projet a été accompagné par les services «bâtiment» et «diversification, circuits courts, produits fermiers» de la Chambre d’Agriculture de Haute-Loire. N'ayant pas d'autres possibilités, l'atelier a été installé dans l'appentis d'une grange devenue lieu de stockage, situé à 100 mètres du bâtiment entravé, où la traite s'effectue ; et c'est au moyen d'un lactoduc que le lait se trouve acheminé régulièrement dans les locaux.

Investir dans l'alimentation

Cette activité de transformation, qui a nécessité un investissement total de 300 000 euros subventionné à hauteur de 35%, constituera certes un complément de revenu pour ce Gaec mais aussi un surcroît de travail pour cette ferme qui emploie déjà un salarié (le beau-père d'Amandine) et accueillera dès le mois de septembre un jeune apprenti. 

« Nous avons fait le choix d’investir dans la transformation plutôt que dans un bâtiment neuf. Nous voulons être un maximum autonomes et cet atelier permet de limiter notre dépendance auprès des industriels » indique son mari et associé Olivier Négron avant de livrer cette analyse : « ces temps-ci le lait est plutôt bien payé mais le problème réside dans les coûts de production qui restent très élevés ».

À terme, le Gaec envisage de transformer 100 000 L de leur production, pour fabriquer environ 10 tonnes par an de fromages aux artisous. Un fromage de pays au lait cru traditionnel dans le Velay que la grand-mère d'Olivier fabriquait et vendait déjà à son époque... Comme un clin d'œil à cette ancienne agricultrice qui a aujourd'hui 90 ans et qui se montre si fière que l'aventure continue avec les nouvelles générations en place. Leur choix s'est aussi porté sur l'artisou car c'est un fromage facile à fabriquer et à transporter (hors chaîne du froid) même s'il nécessite le strict respect des règles d'hygiène puisqu'il s'agit d'un fromage au lait cru. C'est aussi un produit très recherché comme le souligne Aurélie Michel, du service diversification, circuits courts, produits fermiers à la Chambre d'agriculture 43 : 

« Nous avons une demande constante pour ce fromage apprécié pour sa typicité, d'autant que les producteurs ne sont plus qu'une trentaine contre 230 dans les années 2000 ».

Un fromage local qui a une histoire

Après 3 essais concluants, la recette du fromage de l'élevage Négron, qui se prénomme l'Avenir, est validée. Une fois fabriqué, chaque tomme prendra place pendant 1,5 mois dans la cave naturelle et enterrée du laboratoire déjà colonisée par les artisous... Et pour vendre sa marchandise, Amandine peut compter sur de solides arguments : « C'est un fromage local qui a une histoire et qui est fabriqué par de petites exploitations ». "L'avenir" sera disponible dans plusieurs points de vente : Les Salaisons Torrilhon à Chaspuzac, magasin SuperU d'Aiguilhe, boulangerie du Pertuis, magasin Isatis, Les Jardins de Johanna à St Vincent, salon de Thé Maréchal Fayolle à St Geneys Près St Paulien. Amandine rêve de placer ses fromages à la vente dans les fruitières de Comté dans le Doubs et le Jura ; une région qu'elle connaît par l'intermédiaire des nombreux concours montbéliards auxquels participe l'élevage Négron. Toutefois sa priorité reste la satisfaction de la demande locale.

À présent, il ne vous reste plus qu'à le goûter !

 

 

 

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