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Pratiques culturales
L’Auvergne, règne de la prairie, de la pâture et du labour

L’Auvergne, la plus grande prairie de France, est aussi une région de contrastes en matière de pratiques culturales. Les résultats d’une enquête conduite en 2011.

En 2011 une enquête a été conduite sur les pratiques culturales en grandes cultures et sur prairies dans la région Auvergne. La revue Agreste Auvergne  a consacré son numéro de juillet 2013 aux résultats de cette enquête.
Si les 4 départements d’Auvergne présentent de nombreux points communs en matière de pratiques culturales, des différences marquées existent selon les productions et les territoires.
Première information qui découle directement de cette enquête, l’Auvergne est un pays de prairies. Avec près de 1 150 000 ha de surface en herbe, l’Auvergne s’affirme comme la plus grande prairie de France. La prairie est constituée majoritairement de Surfaces Toujours en Herbe (STH) couvrant près de 900 000 ha, soit 61% de la SAU. Ces prairies sont composées pour l’essentiel de prairies permanentes productives qui représentent 57% de la SAU ; une spécificité moins marquée dans l’Allier (où la STH plafonne à 49% contre 79% dans le Cantal, 61% en Haute-Loire et 60% dans le Puy-de-Dôme).
En matière de cultures, pas de surprise, le blé et le maïs grain destinés essentiellement à la vente sont principalement cultivés en zone de plaine tandis que les céréales fourragères (orge, triticale) sont cultivées quasi exclusivement en zone d’élevage.

L’Auvergne économe en fertilisants...
L’enquête révèle une moindre consommation de fertilisants en Auvergne. Les exploitations auvergnates utilisent des doses d’azote minéral sensiblement inférieures à la moyenne nationale. Ce constat est encore plus vrai pour les cultures destinées à l’alimentation animale.
En revanche, la fertilisation organique est nettement plus importante.  Région d’élevage, l’Auvergne dispose de ressources importantes en effluents d’élevage qui sont utilisés sur toutes les cultures et particulièrement les prairies.
La part des surfaces fertilisées avec des engrais organiques est supérieure à celle observée dans toutes les régions françaises pour toutes les cultures, à l’exclusion du maïs fourrage.
Il s’agit majoritairement d’apports de fumier de bovins réalisés à l’automne ou en hiver. L’épandage de lisier se réalise quasi exclusivement sur les prairies et le maïs fourrage.
On note des différences marquées entre la zone de plaine à vocation céréalière où la fertilisation est réalisée avec des apports d’engrais minéraux et la zone d’élevage qui bénéficie d’apport d’effluents d’élevage.


... économe en produits phytosanitaires
Les exploitations agricoles de notre région ne sont pas de grandes utilisatrices de produits phytosanitaires, très certainement en raison de la forte représentation de l’herbe dans la SAU.
Il existe toutefois une grande diversité de pratiques sur le territoire auvergnat. Sur 10% des surfaces des cultures annuelles enquêtées, la charge phytosanitaire est faible avec un seul traitement depuis la récolte du précédent (un désherbage). En revanche, pour 10% des surfaces en céréales à paille, le nombre de traitements est très supérieur à la moyenne régionale avec plus de 6 traitements sur le blé et plus de sept sur l’orge.
Pour le Colza et le tournesol, la situation est plus contrastée avec un maximum de trois traitements sur les parcelles de tournesol et douze traitements sur un dizième des surfaces en colza.
En Auvergne, le maïs reçoit davantage de traitements qu’au niveau national ; 20% des surfaces reçoivent en effet plus de 6 traitements. Pour autant un nombre élevé de traitements n’implique pas forcément une charge phytosanitaire élevée car les doses utilisées peuvent être très faibles.
En Auvergne, le labour reste la pratique culturale de base avant l’implantation des cultures annuelles. 71% des terres arables régionales sont labourées (90% en Haute-Loire, 86 % dans le Cantal, 69% dans l’Allier et 60% dans le Puy-de-Dôme) contre 64% en France.

Pâturage : mode d’exploitation dominant
Notons qu’en Auvergne, le semis direct est pratiqué quasi exclusivement sur le blé tendre (8,5%) et surtout sur le blé produit en plaine (17%).
Les prairies auvergnates se placent au troisième rang national pour leur taux de pâturage. 93% des 21 800 exploitations ayant des prairies récoltent du foin, 20% font de l’ensilage et 42% de l’enrubannage. L’affouragement en vert est une pratique marginale qui concerne moins de 2% des exploitations.

 


Véronique Gruber
D’après Agreste Auvergne,
N°123, juillet 2013

 

A découvrir cette semaine dans l'édition de la Haute-Loire Paysanne du vendredi 3 janvier 2014 : la rotation culturale

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