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L’amitié, bien plus qu’un mot, le véritable pilier d’Antoine Fournier

Contraint de quitter le Stade aurillacois, Antoine Fournier est revenu s’installer en cité géraldienne pour y retrouver famille et amis, et le projet de reprendre, à terme, l’entreprise de son papa.
 

Deux joueurs de rugby à l'entraînement.
Grégory Fabro (à gauche), Antoine Fournier (au centre) : deux amis qui se sont connus au Stade aurillacois et se sont retrouvés à Aurillac après leur carrière.
© M. V.

Ne cherchez pas dans vos archives la photo d’un essai marqué par Antoine Fournier, elle n’existe pas ! En huit saisons chez les pros au Stade aurillacois, les deux ans passés à l’US carcassonnaise et la fin de sa carrière à Rouen Normandie (2019-2024), le Cantalien n’aura pas franchi une seule fois la ligne blanche. “On m’a assez charié avec le fait que je n’ai jamais rien marqué, rigole ce costaud barbu d’1m88 et de plus de 120 kilos. Je n’en ai jamais eu l’opportunité en fait. L’important était de faire un bon match, après le reste... C’est l’avantage de ne pas voir trop d’égo !” 
Autre zéro pointé : celui du nombre de cartons rouges reçus. Aucun, symbole de la gentillesse d’un joueur pas gueulard mais travailleur, dur au mal, sur et en dehors des terrains. Malgré un gabarit qui pourrait en impressionner plus d’un, Antoine Fournier Fournier fait partie de ces piliers qui encaissent en silence, même dans les pires moments. 
Son départ du Saca en est un. Un départ forcé, qu’il a accepté sans faire de vagues. Même des années après, l’émotion reste forte : “On m’a poussé dehors. Stéphane Borel (son coéquipier en bleu et rouge, ndlr) m’avait prévenu : si les dirigeants ne te contactent pas à Noël, c’est que ça pue.” Et c’est ce qu’il s’est passé : “Je ne voyais rien qui se tramait. Via l’agent d’Adrien Pélissié, j’ai eu des contacts avec Carcassonne et j’ai signé là bas.” Quelques semaines plus tard, une rencontre avec Jeremy Davidson, l’entraîneur d’alors, et Christian Millette, président, siffle la fin de l’histoire rugbystique entre Antoine Fournier et le Stade : “Ils m’ont dit que j’étais le pilier gauche le plus nul des quatre... J’ai refusé une baisse de plus de la moitié de mon salaire. J’avais compris.” 
La pilule est dure à avaler : le jeune homme est arrivé en cadets 2 chez les Rouges et Bleus, après avoir usé ses premiers shorts à Arpajon, en 8 d’abord puis en deuxième ligne, avant, à 18 ans, de passer pilier sur les conseils avisés d’un spécialiste du poste, Vincent Caldayroux. “On dit qu’un pilier est mature à 27 ans, trop vieux 
à 30... Je n’avais même pas 20 ans !” 
Cela ne l’empêche pas d’empiler les matches chez les pros, et de tutoyer les sommets avec cette finale d’accession en 2016 à Toulouse, contre Bayonne. “Et trois ans avant, il y avait déjà eu la demi-finale contre Brive.” 
Des souvenirs qui marquent un homme au fer rouge : “Ma génération (1988, ndlr), on a signé presque tous en même temps : Latu (Maituku), Jean-Phi Cassan, Paul Boisset, Lee Adriansee, Toko (Albert Valentin)... Des amis qui le sont restés. On essaye même d’organiser un week-end cet été pour fêter les dix ans de la finale !”
C’est Pierre-Henri Broncan qui le fait passer pro à 20 ans. Cette signature fait basculer le jeune adulte dans le monde du rugby pro. Quatre minutes contre Dax, aux côtés de Mathieu Lescure, marque ses débuts au Stade aurillacois. Malgré un “bref” appel du pied de Mont-de-Marsan, il resigne deux fois, chez lui. Parce qu’il est d’ici, parce qu’il a ses amis, parce que sportivement, ça matche : “En six ans, on joue deux phases finales malgré un petit budget. Quand on se voit pour des mariages, des baptêmes, on en parle encore. On se dit que c’était énorme. Je n’ai jamais retrouvé cette ambiance ailleurs. L’amitié primait sur tout. Mes années aurillacoises sont les plus belles sportivement.” 
Jusqu’à devenir persona non grata au Stade et profiter de cette opportunité dans l’Aude en 2017. “Je l’ai encaissé, mais ce n’était pas cool. Mais finalement, humainement, ça m’a fait du bien de quitter Aurillac. Je n’avais jamais bougé avant.” 
L’aventure sportive carcassonnaise tourne court rapidement : “On est dernier du classement, je n’étais pas bien là bas”, malgré la présence de l’ancien Stadiste Antoine Renaud, de Thomas Lainault, qui joue maintenant au Racing 92, et de Damien Venes, l’analyste vidéo. “C’est l’amitié qui me fait tenir, c’est l’essence même du rugby. J’ai fait la connaissance de trois-quatre mecs bien” et de sa compagne infirmière, Manon. Quand “le pilier, idole du club, revient de blessure, je passe aux oubliettes”. Le couple prend donc la direction de la Normandie, pendant cinq ans. Joseph et Suzanne naissent, Antoine Fournier raccroche les crampons. “Je termine ma carrière sur une descente en Nationale, ce n’est pas très folichon... J’aurai bien aimé faire un an de plus...”
L’heure de la bascule a sonné, mais “je n’ai pas fait d’études... Si je voulais travailler, il fallait que je retourne là où je connaissais du monde : ma famille, mes amis du rugby, mes cousins...” En toute logique et sans hésitation, la famille s’installe donc en centre-ville d’Aurillac. Le stade Jean-Alric n’est pas très loin, l’ancien première ligne ne rate aucun match. Manon rejoint le bloc opératoire du centre hospitalier, Antoine décroche un Bac +4 en management. Bien utile quand on envisage de reprendre Miermont propreté, 50 salariés, dont Jean-Marc, son papa, est l’un des dirigeants, aux côtés de Francis Berche. “Il lui reste quelques années à travailler donc pour l’instant, je fais quelques remplacements”, explique le néo-Aurillacois, qui s’est aussi essayé aux travaux publics, agricoles et forestiers, à la SA TPA de son copain rugbyman Manu Estèves. Mais plus question de jouer avec un ballon ovale, malgré, une seule et unique fois, un entraînement avec le club de Saint-Simon : “Un jour, j’ai dit à Manon que j’arrêtais le rugby pro, que je ne jouerai plus. Et ça, elle l’a bien imprimé !” Alors, pour retrouver la forme (-18 kg sur la balance...) et les copains, Antoine s’entraîne pour disputer des compétitions d’hyrox (fitness en salle), en groupe, avec quelques anciens du rugby. Peu de chance par contre de le revoir sur un cheval : “L’équitation, c’était mon premier sport ! C’est difficile à croire, mais j’en ai fait pendant 16 ans, avec les frères William et Julien Vedreine notamment ! Mais quand on fait 100 kg, pour réussir...” Et bien on opte pour le rugby, et on écrit une carrière riche de plus de 270 matches en Pro D2, même sans essai !
 

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