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Lait : Les producteurs de lait «de Bongrain» quittent la salle à l’annonce d’un prix moyen de 285 € pour 2016

Bras de fer entre agriculteurs et responsables de la laiterie, vendredi 19 février dernier à St Paulien, à l’occasion de l’assemblée générale de l’OP «Bongrain».

Arrivée sur le parking de la salle du Chomeil à St Paulien pour l’assemblée générale de l’Organisation de Producteurs de la laiterie «Bongrain», c’est la surprise. Plus d’une centaine de producteurs sont dehors devant la salle, et leur colère est grande. Quelques minutes auparavant, les responsables de la coopérative leur ont annoncé un prix du lait moyen sur 2016 de 285 à 290 €/1 000 l. Ils ont alors spontannément pris la porte.«On s’attendait à un prix bas, mais 285 €, c’est pas possible» disent-ils partagés entre colère et désespoir. Face à cette situation, ils ont donc préféré quitter l’assemblée et laisser les responsables de la laiterie seuls à l’intérieur. Le message de cette action spontannée, nous dit Frédéric Pélisse président de l’OP, c’est : «on ne veut pas aller à la messe et écouter les mêmes discours qu’on nous sert depuis 10 ou 15 ans».

Les producteurs sont bien sûr conscients des difficultés de marchés, mais ils refusent d’être toujours «la variable d’ajustement», et dénoncent l’attitude des entreprises qui selon eux «ne font pas tout pour tirer tout le monde vers le haut» alors qu’ils ont des produits phares à forte valeur ajoutée comme le St Agur mis maintes fois en avant.

 

Dans les rangs des producteurs, on affiche sa lassitude, déplorant une dégradation de la situation. «On a choisi cette entreprise parce qu’elle est installée sur notre territoire, fabrique des produits de haute qualité… Quand on a créé l’OP, on était fier de notre entreprise…» souligne Christophe Soulis un producteur dépité qui préfère rentrer chez lui. Du côté de Savencia, le groupe laitier auquel appartient l’usine CFVA de Beauzac, on essaie d’expliquer la conjoncture pour justifier cette annonce de prix. Daniel Chevreul, responsable des achats lait, tente d’argumenter : «42 % de notre activité va sur le marché français avec une valorisation à 340 €/1 000 l de lait, 23 % sur l’Europe à 270 € et le reste sur le marché mondial à 210 €». Et Pierre De Veron Directeur de l’Alliance Fromagère du Groupement d’ajouter «on est tributaire du marché». La seule solution pour sortir de cette crise selon la laiterie, se situe au niveau européen : «il faut de la régulation en période de crise…».

Bref ce vendredi à St Paulien, on assistait visiblement à un dialogue de sourds auquel les agriculteurs n’ont pas voulu prêter l’oreille. Après environ une heure de «blocage», chacun est retourné à ses occupations, l’action étant surtout symbolique. Néanmoins, le malaise du monde agricole est profond, la crise perdure et touche toutes les productions. La tension est grande, et les producteurs sont toujours en attente de vraies solutions…

 

Suzanne Marion

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