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L’agronomie rencontre la science

Limiter l’impact du changement climatique sur les cultures, un enjeu agronomique et économique gigantesque, vers lequel Limagrain oriente ses recherches.

À l’occasion des rencontres Agro 2018, 250 adhérents Limagrain ont découvert les premiers résultats de recherches de la coopérative.
À l’occasion des rencontres Agro 2018, 250 adhérents Limagrain ont découvert les premiers résultats de recherches de la coopérative.
© M.comte

Moins de 500 mm de précipitations par an, contre plus de 600 mm actuellement. Des pluies éparses et irrégulières dans l’année. Une température moyenne de +1°C en 30 ans et appelée à augmenter encore, avec comme conséquence, 20 à 40% des jours compris entre le 15 mai et le 15 juillet, à plus de 30°C. Voilà l’un des scénarios prédictifs des conditions climatiques dans la plaine de la Limagne d’ici quelques décennies (établis par l’INRA et Weather Measures NDLR). Bien qu’il s’agisse d’une prédiction, donc sans réelle certitude ni exactitude dans son déroulement, Limagrain n’attend pas de voir arriver ces jours pour agir. « Le rôle de la coopérative est d’assurer un suivi technique mais aussi d’anticiper les demandes de ses adhérents » explique Catherine Pennec, la directrice.

 

Un blé 4 roues motrices

Les récentes prédictions de rendement de 2050, établies par l’INRA, démontrent une chute quantitative et qualitative dans les récoltes de blés. La sélection variétale est régulièrement évoquée comme étant la clé de voûte pour contrecarrer ce possible futur.

Or, l’étude du génome du blé, et de son expression à travers la plante, est longue et particulièrement complexe. Vincent Allard, chargé de recherche à l’INRA de Crouël, a la difficile mission, le 5 juin à Riom, d’expliquer aux agriculteurs quoi en attendre. «La génétique s’exprime sournoisement. Aujourd’hui, nous ne pouvons pas prédire longtemps à l’avance, comment réagira le blé. Cependant, et c’est là que cette plante est formidable, elle possède une grande plasticité. Le blé arrive à compenser ses pertes par différents mécanismes. » C’est donc sur ces points précis que se concentrent les scientifiques dans le but de sélectionner une variété capable de maintenir son rendement malgré les aléas climatiques. « On ne recherche pas une Formule 1 mais plutôt un 4X4. »

Techniques culturales à repenser

« La sélection variétale est une solution mais pas l’unique. Nous nous concentrons également à étudier de nouvelles pratiques agronomiques permettant de limiter les conséquences du changement climatique. » Irrigation, travail du sol, développement d’outils numériques sont autant de sujets sur lesquels travaillent les équipes de Michel Prévost, responsable du service Innovation et Développement de Limagrain.

La coopérative teste et compare ainsi différents itinéraires techniques permettant entre autre de maintenir un taux de matière organique optimal dans les sols. « Le changement climatique a également un impact sur la minéralisation. Celle-ci, aujourd’hui cyclique, a tendance à s’étaler. » Alors quid du semis direct et du strip-till ? Quels couverts végétaux pour quels résultats ? Des essais sont en cours et sont appelés à se poursuivre pour affiner des résultats mi-figue mi-raisin, entre augmentation de rendement, forte présence de résidus et dépendance au glyphosate.

L’irrigation et son pilotage ne sont pas oubliés. Encore une fois, les modèles prédictifs de l’INRA et Weather Measures prévoient une diminution du débit de la rivière Allier dans les années à venir. La gestion de l’eau passera probablement par l’emploi d’outils numériques capables de quantifier le réel besoin du blé, suivant sa variété. Malgré tout, les agronomes sont unanimes quant à l’urgente nécessité de réfléchir au stockage de l’eau.

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