L´agriculture raisonnée à la portée du plus grand nombre
Le Forum pour l´agriculture raisonnée respectueuse de l´environnement a ouvert une antenne départementale. Dans le Cantal, deux agriculteurs ont déjà signé la "charte des bonnes pratiques".
D´abord la charte départementale
Aussi invite-t-il les éleveurs du département qui ne l´ont pas encore fait à signer rapidement la charte des bonnes pratiques pour accompagner la réglementation. Cet engagement n´intéresse cependant que la production ; elle ne qualifie pas toute l´exploitation. C´est justement toute la différence avec ce que propose Farre. "L´agriculture raisonnée engage toute l´exploitation, de l´analyse de sol à tous les ateliers d´élevage", explique Michel Combes. Des contraintes ? Loin d´être insurmontables selon l´association, qui parle de précautions qui servent à la fois la sécurité et... l´économie : proscrire une cuve à fuel dans le même local que les engrais stoppe le risque d´explosion ; réaliser une analyse de sol avant de fertiliser permet de connaître avec précision les besoins et de n´épandre que la juste dose. "J´ai personnellement réalisé sur ces deux dernières années l´équivalent de 15 000 F d´économie d´engrais (2 300 euros), simplement en sachant ce dont le sol a besoin, en fonction du semis choisi", témoigne l´éleveur de Prunet. C´est ainsi que l´an dernier, après une analyse de sol qui montrait un excédent en phosphore, il a décidé de ne pas en épandre, contrairement aux autres années.
Une démarche peu contraignante
Pour s´inscrire dans cette démarche d´agriculture raisonnée, le chef d´exploitation, après avoir signé la charte des bonnes pratiques, devra effectuer un audit réalisé par un organisme indépendant. Il peut auparavant se procurer auprès de Farre-15 le cahier des charges et auto-évaluer son exploitation. "Ce cahier des charges compte 95 points, mais nombre d´entre eux ne concernent pas forcément l´agriculture cantalienne ; beaucoup d´autres sont respectés naturellement depuis longtemps", rassure Michel Combes. "On se rend vite compte qu´il n´y a pas besoin de fournir d´énormes efforts pour respecter ces précautions". Une nouveauté toutefois : l´éleveur engagé devra enregistrer par écrit chacune des opérations effectuées (plantation, traitement, récolte, etc.). Ce type de démarche n´est pas aussi innovante qu´il y paraît, notamment au regard d´autres pays comme l´Allemagne, bien plus en avance que la France. Les exploitations ont pourtant intérêt à être qualifiées, puisqu´à en croire Michel Combes, les grandes marques de distributeurs demandent un étiquetage officiel "Issu de l´agriculture raisonnée", en vue d´une différenciation positive des produits.