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L´agriculture raisonnée à la portée du plus grand nombre

Le Forum pour l´agriculture raisonnée respectueuse de l´environnement a ouvert une antenne départementale. Dans le Cantal, deux agriculteurs ont déjà signé la "charte des bonnes pratiques".

Née en France dans les années 90, Farre (Forum pour l´agriculture raisonnée respectueuse de l´environnement) compte désormais 500 exploitations qualifiées. Au début des années 2000, une antenne régionale Auvergne-Limousin s´est mise en place. Le Cantalien Michel Combes, éleveur à Prunet, assure la présidence de cette structure qui regroupe une vingtaine d´exploitations qualifiées, dont deux dans le Cantal : celle du président Combes (producteur laitier) et de Paul Besson (éleveur allaitant à Saint-Paul des Landes). "Je pense que si bien peu d´agriculteurs s´engagent, c´est que le terme de respect de l´environnement fait encore peur", analyse Michel Combes. "Pourtant, devenir exploitation qualifiée est à la portée du plus grand nombre, notamment de celles et ceux qui ont signé la charte des bonnes pratiques, première étape indispensable pour entrer dans la démarche Farre". "La charte départementale, comme il en existe partout, ne reprend que la réglementation. en vigueur", poursuit le président de la structure régionale et responsable de l´antenne cantalienne qui vient de voir le jour.

D´abord la charte départementale

Aussi invite-t-il les éleveurs du département qui ne l´ont pas encore fait à signer rapidement la charte des bonnes pratiques pour accompagner la réglementation. Cet engagement n´intéresse cependant que la production ; elle ne qualifie pas toute l´exploitation. C´est justement toute la différence avec ce que propose Farre. "L´agriculture raisonnée engage toute l´exploitation, de l´analyse de sol à tous les ateliers d´élevage", explique Michel Combes. Des contraintes ? Loin d´être insurmontables selon l´association, qui parle de précautions qui servent à la fois la sécurité et... l´économie : proscrire une cuve à fuel dans le même local que les engrais stoppe le risque d´explosion ; réaliser une analyse de sol avant de fertiliser permet de connaître avec précision les besoins et de n´épandre que la juste dose. "J´ai personnellement réalisé sur ces deux dernières années l´équivalent de 15 000 F d´économie d´engrais (2 300 euros), simplement en sachant ce dont le sol a besoin, en fonction du semis choisi", témoigne l´éleveur de Prunet. C´est ainsi que l´an dernier, après une analyse de sol qui montrait un excédent en phosphore, il a décidé de ne pas en épandre, contrairement aux autres années.

Une démarche peu contraignante

Pour s´inscrire dans cette démarche d´agriculture raisonnée, le chef d´exploitation, après avoir signé la charte des bonnes pratiques, devra effectuer un audit réalisé par un organisme indépendant. Il peut auparavant se procurer auprès de Farre-15 le cahier des charges et auto-évaluer son exploitation. "Ce cahier des charges compte 95 points, mais nombre d´entre eux ne concernent pas forcément l´agriculture cantalienne ; beaucoup d´autres sont respectés naturellement depuis longtemps", rassure Michel Combes. "On se rend vite compte qu´il n´y a pas besoin de fournir d´énormes efforts pour respecter ces précautions". Une nouveauté toutefois : l´éleveur engagé devra enregistrer par écrit chacune des opérations effectuées (plantation, traitement, récolte, etc.). Ce type de démarche n´est pas aussi innovante qu´il y paraît, notamment au regard d´autres pays comme l´Allemagne, bien plus en avance que la France. Les exploitations ont pourtant intérêt à être qualifiées, puisqu´à en croire Michel Combes, les grandes marques de distributeurs demandent un étiquetage officiel "Issu de l´agriculture raisonnée", en vue d´une différenciation positive des produits.

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