L’agriculture et la chasse dans le sang
À 26 ans, Claire a déjà plusieurs vies. Éleveuse de bovins allaitants à Neuvic, trésorière des Jeunes Agriculteurs de Corrèze, cavalière, joueuse de rugby et passionnée de chasse, elle incarne cette nouvelle génération d’agriculteursqui jongle entre engagement professionnel, vie rurale et passions assumées.
À 26 ans, Claire a déjà plusieurs vies. Éleveuse de bovins allaitants à Neuvic, trésorière des Jeunes Agriculteurs de Corrèze, cavalière, joueuse de rugby et passionnée de chasse, elle incarne cette nouvelle génération d’agriculteursqui jongle entre engagement professionnel, vie rurale et passions assumées.
Sur l’exploitation familiale, qu’elle conduit en GAEC avec son père, Claire a trouvé sa place sans jamais renier ses convictions. Avec une centaine de vaches limousines sur près de 180 hectares d’herbe, le système est simple : du broutard avant tout. Un choix réfléchi et pleinement revendiqué.
Quand je me suis installée à 19 ans, je voulais garder du temps pour vivre aussi. J’avais déjà la chasse, le rugby, les chevaux. Le système broutard me permettait de m’installer progressivement sans être dépendante matin et soir des animaux. »
Une philosophie qui ne l’empêche pas d’être passionnée par son métier.
Depuis son plus jeune âge, les bovins font partie de son quotidien. Sa mère élevait des veaux sous la mère, et, enfant, sa « garderie » se trouvait déjà dans l’étable. « Quand je rentrais de l’école, j’étais avec les veaux. J’avais une balançoire à côté du foin. J’ai toujours aimé ça. »
Aujourd’hui, Claire apporte progressivement sa vision et ses idées à l’exploitation familiale. Aux côtés de son père, agriculteur expérimenté, les échanges sont nombreux et permettent de faire évoluer certaines pratiques, tout en s’appuyant sur le savoir-faire acquis au fil des années.
Mon père a énormément d’expérience et il a toujours porté l’exploitation. On discute beaucoup des choses à faire et, petit à petit, on trouve un équilibre entre sa façon de travailler et les nouvelles idées que je peux apporter. »
Une chasseuse depuis l’enfance
Mais s’il y a bien une passion qui anime Claire autant que l’agriculture, c’est la chasse. Elle a commencé à suivre son grand-père, puis son père, dès l’enfance. À 10 ans, elle accompagnait déjà les chiens dans les bois autour de Neuvic. Depuis, elle n’a jamais arrêté. « Mon père ne m’a jamais forcée. J’avais envie de le suivre, ça me plaisait et j’y revenais toujours. »
Dans ce monde longtemps considéré comme masculin, elle n’a jamais eu le sentiment de devoir faire ses preuves davantage qu’un autre.
La fille de Roland qui ne chasse pas, c’est qu’elle est malade ! Franchement, ça n’a jamais posé le moindre problème. Au contraire, quand j’étais petite, j’étais chouchoutée par tout le monde. »
Aujourd’hui encore, elle consacre ses week-ends et ses jours fériés à la chasse, qu’elle pratique avec son père, son compagnon, son cousin et quelques amis proches. Une équipe soudée où règne une ambiance familiale.
Entre gestion du gibier et protection des cultures
Pour Claire, agriculture et chasse sont indissociables. En tant qu’éleveuse, elle constate quotidiennement les dégâtscausés par certaines espèces et mesure l’importance d’une régulation raisonnée.
Nous sommes les mieux placés pour voir ce qui bouge. Les clôtures défoncées, les dégâts dans les parcelles, les passages de sangliers, on les voit tous les jours. »
La chasse est aussi, selon elle, un moyen concret de protéger les exploitations agricoles. « Quand on constate des dégâts, on intervient rapidement. Les sangliers, si vous ne les bougez pas, ils restent dans le même secteur. »
Cette double casquette d’agricultrice et de chasseuse lui permet d’avoir un regard nuancé sur les débats autour de la faune sauvage.
Il en faut pour tout le monde. Certains chasseurs veulent tout protéger, certains agriculteurs voudraient tout détruire. Moi je suis entre les deux. Il faut trouver un équilibre. »
Une jeune femme engagée
Au-delà de la ferme et de la chasse, Claire s’investit également au sein des Jeunes Agriculteurs de Corrèze, dont elle occupe le poste de trésorière. Elle admire les jeunes qui s’installent aujourd’hui en partant de zéro.
« Moi, j’avais déjà une structure familiale. Quand je vois les jeunes qui se lancent seuls avec des investissements énormes, je leur tire mon chapeau. J’aurais eu peur de porter de tels montants. »
Attachée à son territoire, à son métier et à ses passions, Claire représente une génération qui refuse de choisir entre vie professionnelle et vie personnelle. Lorsqu’elle n’est pas auprès de ses vaches ou derrière ses chiens, elle profite de ses chevaux ou retrouve son compagnon pour une journée de chasse dans les bois de Haute-Corrèze. Une vie menée à cent à l’heure, mais toujours avec les mêmes fils conducteurs : la ruralité, la nature et la liberté.
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