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L'agriculture de firme, c'est aussi en France

Interview de François Purseigle, professeur spécialisé en sociologie des mondes agricoles (Ensa Toulouse)

© DR

On découvre dans votre livre que l'agriculture de firme n'est pas réservée à l'Amérique du Sud ou à l'Afrique. C'est aussi en France.
C'est vrai, cela fait maintenant huit ans que nous travaillons sur ce sujet. Mais l'objet de recherche est complexe car les portes ne s'ouvrent pas facilement. Les managers se cachent car ils savent qu'ils font l'objet de controverses. Nous avons, à travers ce livre, voulu décrire la réalité de ces entreprises agricoles, et donner la parole aux dirigeants à travers des verbatims.

Qu'est-ce qui, selon vous, fait la spécificité de l'agriculture de firme en France ?
C'est sans doute une prise de distance vis-à-vis du modèle d'exploitation familiale défendu par les politiques publiques et les organisations agricoles, mais aussi plébiscité par les citoyens et les consommateurs. Pourtant, la plupart de ces entreprises ont des capitaux de type familial, mais la structure capitalistique est souvent sous forme de consortium, avec holding et filiales, dans lequel on a parfois du mal à identifier les flux financiers. Les dirigeants n'ont pas d'approche patrimoniale de l'agriculture mais une approche économique. Ils s'identifient davantage à un grand patron d'entreprise qu'au chef de tribu qu'était leur parent agriculteur. C'est aussi une rationalisation des modes de gestion de l'entreprise et du management, avec un décloisonnement des fonctions et une spécialisation des salariés.

 

 

 

Suite de l'article à lire dans le Réveil Lozère n°1434, du 16 novembre 2017, en page 2.

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