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L’agriculture bavaroise tire son épingle du jeu

Venu en voisin, mais de l’autre côté du Rhin, le Dr Reinhard Schick, conseiller technique auprès du ministre de l’agriculture de Bavière, a bien voulu répondre positivement à l’invitation de la FDSEA pour son congrès afin d’expliquer quelle vision avaient les agriculteurs allemands de cette réforme de la PAC.

Docteur Reinhard Schick
Docteur Reinhard Schick
© D.R.

Si le climat économique de l’Allemagne et en Bavière plus particulièrement semble être meilleur actuellement qu’au cours de ces dernières années, « l’optimisme lié à la reprise économique est désormais plus fort et plus durable » et le « baromètre conjoncturel des agriculteurs allemands montre des signes plus positifs que par le passé ».

En Bavière, l’agriculture demeure l’un des secteurs les plus dynamiques de son économie et sa productivité a plus que doublé depuis ces 20 dernières années. Si ce renforcement de la productivité n’est pas lié à une industrialisation massive, elle découle néanmoins d’une consolidation durable des exploitations agricoles qui évoluent depuis de nombreuses années vers la multifonctionnalité et diversifient leurs activités économiques.
Les valeurs de la production agricole s’élèvent actuellement à 9 milliards d’euros et se décomposent pour 30 % du secteur laitier, 15 % des céréales, 15 % des plantes fourragères et 12 % du secteur bovin. Avec 33 milliards d’euros de chiffre d’affaires dégagé par an, l’économie
agricole et forestière se situe au 3ème rang après le secteur automobile et les machines outils.
Si 70 % de la surface agricole, qui représentent 3,5 millions d’hectares sont détenues par des exploitants agricoles, dont le revenu moyen s’élève à 34 000 Euros/an, la taille moyenne des exploitations n’excéde pas 36 hectares et la majorité d’entres elles sont exploitées à temps partiel.
La mise en œuvre de la réforme de la PAC ne s’est pas faite sans heurt également, comme en France.
La différence s’explique du fait que le découplage en Allemagne a été réalisé avec un modèle mixte qui combine d’une part le paiement des aides sur une base historique (comme en France)
et d’autre part sur les bases de données régionales d’une prime homogène par hectare et dont la surface éligible de l’exploitation détermine le volume des aides à percevoir.

Ce système est jugé trop complexe sur le plan administratif, estime le Dr Schick qui précise que la Bavière dans ce schéma a perdu près de 20 millions d’euros, car cette méthode « tend à favoriser davantage les élevages extensifs et pénalise les exploitations laitières à dominante intensive ».
Concernant le 2ème pilier, la Bavière a récupéré 30 % des crédits européens alloués à
l’Allemagne dans le domaine du développement durable pour la période 2007/2013. Les axes de travail porteront essentiellement sur la modernisation des exploitations agricoles, l’augmentation de la valorisation des produits agricoles, les mesures agri-environnementales et les indemnités compensatoires pour les régions de montagne et les zones défavorisées.

Mais au-delà de la description de l’agriculture bavaroise, M. Schick a également précisé quelques demandes fortes sur le plan politique, au plan européen, à savoir « une réduction radicale da la bureaucratie, un repositionnement puissant de l’Union Européenne dans le cadre des négociations à l’OMC et les stabilisations des marchés agricoles et notamment la reconduction, sans augmentation, des quotas laitiers jusqu’en 2015 ».




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