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L’abattoir mobile en Cévennes continue de se structurer

Un nouveau cap vient d’être franchi par l’association Slac, qui porte le projet d’abattoir mobile en Cévennes, avec le lancement d’une cagnotte participative pour aider au financement des travaux.

Un groupe écoute une personne
Présentation de l'étude technico-économique de faisabilité de l'abattoir mobile en Cévennes
© Marion Ghibaudo

Lundi 12 février, à la Salle-Prunet, une restitution de l’étude technico-économique de faisabilité du projet d’abattoir mobile en Cévennes a été menée par Siméon Lefebvre, l’un des agriculteurs engagé dans le projet depuis le début et par Louise Daunizeau, chargée de mission agriculture au PETR sud-Lozère, qui a porté l’étude. Cette restitution était à destination des acteurs au sens large sollicités pour ce projet : élus locaux, chambre d’agriculture, DDETSPP, techniciens des programmes européens financeurs, et le Département, représenté par Robert Aigoin.
Depuis 2016, un collectif d’une quinzaine d’éleveurs tient à pouvoir abattre leurs animaux dans les meilleures conditions possible, en leur évitant des transports longs et stressants. Tous pratiquent un élevage extensif, de plein air, souvent avec des troupeaux transhumants, découpent et transforment eux-mêmes leurs carcasses dans les ateliers du territoire et commercialisent la viande en vente directe.
L’idée est que l’abattoir soit au plus près des fermes et du bien-être animal et que les éleveurs en soient les opérateurs. Il n’y aura pas de salarié, les éleveurs utilisateurs du service devront donc tous participer à son bon fonctionnement. Ainsi, ils réintégreront le maillon qui faisait défaut à leur autonomie dans la production, de la naissance des bêtes à la commercialisation de la viande. Une remorque a déjà été achetée par les éleveurs eux-mêmes, d’occasion, ce qui a permis de donner « un nouveau coup d’accélérateur à la structuration de l’abattoir ». Il faut désormais récolter les fonds nécessaires pour l’aménager afin d’avoir les agréments pérennes, et construire des placettes d’accueil de cette remorque à proximité des ateliers de découpe des Cévennes. Expérimental, ce projet demande à la fois une adaptation aux normes d’hygiènes et un bon montage financier. Les élus se sont montrés très intéressés par ce projet qui répond à la fois à une demande sociale forte de manger de la viande de qualité en limitant le stress chez les animaux et à une demande paysanne de pouvoir maîtriser la chaîne de production pour garantir la qualité des produits.

 

Du circuit court et de la vente directe


En effet, avec les nombreuses fermetures d’abattoir ces vingt dernières années, en Cévennes, le premier abattoir disponible se situe, en moyenne, à 1 h 20 de route (Alès ou Marvejols). Un trajet allongé qui implique une perte de temps pour les éleveurs et un stress dû au transport pour les animaux. La douzaine d’éleveurs impliquée dans le projet souhaitait donc trouver une alternative à cet abattage. 
C’est chose faite avec cette idée d’abattoir mobile, adossé à la Cuma des Hauts-Gardons. Les troupeaux concernés pour le moment sont des petits ruminants (chèvres et brebis) de races locales rustiques avec de petits effectifs et en conduite pastorale. « Depuis la naissance de nos animaux jusqu’à la transformation et la commercialisation en circuits courts (vente directe à la ferme ou au marché, boutique paysanne…), nous nous efforçons de maîtriser l’ensemble des étapes qui constituent notre métier », détaille Siméon Lefebvre. Une manière de commercialiser loin des grands circuits classiques, qui convient à tous ceux impliqués dans le projet : « la vente directe permet de discuter avec les consommateurs, et puis nos volumes ne sont pas assez importants pour faire plus. Et on ne le veut pas forcément ».

Un outil complet (presque) à la ferme

L’acquisition de cette remorque, qui était auparavant utilisée pour l’abattage rituel (Aïd-El-Kebir), demande des adaptations. En 2024, des travaux, selon les financements obtenus, seront donc engagés pour la rénovation et le réaménagement de la semi-remorque et la rédaction et le dépôt de l’agrément sanitaire pour que l’abattoir puisse fonctionner le plus tôt possible. La semi-remorque qui contiendra l’ensemble de la chaîne d’abattage sera placée dans un premier temps à Sainte-Croix-Vallée-Française, à proximité immédiate de l’atelier de découpe et de transformation de la Cuma des Hauts-Gardons. Puis lorsque les éleveurs seront familiarisés avec ce nouvel outil, la semi-remorque pourra se déplacer sur un autre site, ce qui permettra à d’autres éleveurs de l’utiliser. 
L’innovation principale dans ce projet est l’acquisition à court terme d’un « caisson d’abattage mobile ». Ce caisson, tracté par une voiture, permettra d’abattre les animaux à la ferme, sur leur lieu de vie, sans avoir à les transporter vivants, réduisant ainsi au maximum le stress pour chaque bête abattue. En effet, grâce à ce caisson et à l’évolution de la réglementation au niveau européen, il est désormais possible de réaliser les premières étapes de l’abattage à la ferme (étourdissement et saignée), puis de transporter les animaux en peaux (morts mais non éviscérés) jusqu’à la chaîne d’abattage locale pour réaliser les dernières étapes de l’abattage jusqu’à l’obtention des carcasses.

Une cagnotte et de nombreux soutiens
 

La présentation de l’étude a emporté l’adhésion des élus présents, qui ont salué « un outil de développement économique pour le territoire ». De plus, les éleveurs de l’association ont lancé, depuis le 9 février, une cagnotte participative sur la plateforme Miimosa, qui a aussi soulevé l’enthousiasme des habitants du territoire puisqu’en moins de 15 jours, ils ont récolté près de 12 000 euros. « On ne s’attendait pas à un tel soutien, ça nous fait plaisir et ça nous confirme dans notre idée que ce genre d’outil est attendu sur le territoire ». Pour structurer l’outil, le projet bénéficie d’un accompagnement sur les aspects techniques, juridiques, administratifs et financiers depuis trois ans par le PETR sud-Lozère et depuis quelques mois également par la FR Civam Occitanie.
Ne reste plus désormais qu’à obtenir les agréments et les financements pour que le projet devienne réalité.
 

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