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L’abattoir d’Ambert remis sur les rails

Depuis novembre dernier, l’abattoir d’Ambert est entre les mains de la municipalité qui a investi 50 000€ pour la mise en conformité.

L’abattoir d’Ambert renforce son process pour plus de qualité
L’abattoir d’Ambert renforce son process pour plus de qualité
© M.C.

Dernier outil municipal du genre dans le Puy-de-Dôme, l’abattoir d’Ambert permet à de nombreux agriculteurs, bouchers et grossistes du Livradois-Forez de pérenniser leur activité. Entre les mains de la municipalité depuis le 15 novembre dernier, la commune met tout en œuvre pour le maintenir à flot. Plus de 50 000€ ont d’ores et déjà été investis pour effacer la trace des différents manquements précédents et offrir aux clients une base seine. « Les mises en conformité urgentes ont été réalisées et validées par la DDPP, le personnel formé et la gestion revue. Nous avons désormais un outil offrant qualité et sécurité » assure Johan Imbert, mai-re adjoint d’Ambert et président de l’abattoir.

Une gestion remodelée

Souvenez-vous en novembre 2019, la mairie d’Ambert annonçait résilier son contrat de délégation de service public (DSP) auprès de la société SEAMA, gestionnaire de l’abattoir en raison de plusieurs défaillances. La municipalité reprend alors en main son outil dans lequel « elle croit à 100% ». Quelques travaux, la formation du personnel et une gestion rigoureuse plus tard, il est plus que jamais opérationnel. «Nous avons changé certains matériels et outils pour améliorer le confort et la sécurité de travail de nos salariés. La qualité de production est améliorée et surtout nous avons un produit conforme aux attentes de nos clients et aux normes sanitaires. »

La plus grande révolution au sein de l’abattoir est la traçabilité. Dès son arrivée, Johan Imbert a instauré une organisation ne laissant aucune possibilité à l’erreur et à la tromperie. « Avant, nous avions un système sous forme d’étiquetage qui pouvait tomber ou être permuté. Désormais, le numéro de chaque propriétaire est inscrit sur chaque carcasse à l’aide d’un feutre alimentaire. Nous organisons régulièrement, et inopinément, des contrôles en interne pour vérifier le suivi de ce protocole. » L’expédition des comman- des a également été réformée. Il y a encore quelques mois, les clients pouvaient aller chercher eux-mêmes leur carcasse dans les frigos. « Nous avons fermé et sécurisé toutes les portes. On ne rentre plus dans l’abattoir d’Ambert comme dans un moulin ! Un opérateur s’occupe maintenant de servir les clients .»

Faire du cousu-main

La gestion de l’abattoir d’Ambert va rester encore quelque temps dans le giron de la mairie. La municipalité espère, à terme, parvenir à construire avec l’aide de la Communauté de Communes, une Société d’Economie Mixte. « Ce n’est encore qu’à l’état de projet mais dans notre idée nous aimerions intégrer des professionnels (bouchers, grossistes, agriculteurs…) dans cette gestion. L’abattoir d’Ambert est un outil de montagne. Il permet de maintenir une activité économique sur notre zone. Il est primordial et indispensable que tout le monde participe à sa pérennité. » Cette équité souhaitée passera en premier lieu par une harmonisation de la grille tarifaire pour « lisser les différences entre petits et gros clients ».

Johan Imbert promet également de travailler sur la réactivité de l’abattoir pour en finir avec des délais de plusieurs mois entre la prise de rendez-vous et l’abattage. « Les agriculteurs qui ont une bête à abattre ne peuvent pas se permettre d’attendre deux mois pour l’amener » précise-t-il.

Prochainement également, l’argent de la revente des cuirs, jusque là reversé uniquement aux bouchers, le sera aussi pour les agriculteurs. « Cela peut représenter jusqu’à 35€ pour un veau. »

Enfin, toujours dans sa démarche de recherche de qualité et en tant qu’acteur du territoire, l’abattoir a ouvert son site internet. Elle y présente ses activités et ses prestations, mais aussi l’activité de ses clients, majoritairement des éleveurs. Un service gratuit qui vient renforcer la politique des nouveaux gestionnaires « créer un service cousu-main».

Seulement pour perdurer, l’abattoir a besoin de volume.En raison des différentes problématiques précédentes, son tonnage annuel en 2018 est tombé sous la barre des 1 000 tonnes alors que son optimum est fixé à 1 200 tonnes.

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