Aller au contenu principal

« La transmission est l’affaire de tous : anticipez-la pour ne pas la subir »

Experte en installation et transmission agricole, Delphine Guilhot, sociologue à Montbrison dans la Loire intervient en tant qu'accompagnatrice et formatrice au sein de la coopérative d’activité Le Parapluie.

Une femme à lunettes tenant un micro devant un écran de projection
Delphine Guilhot, sociologue, a récemment tenu une conférence dans l’Allier sur la transmission et l'accompagnement des cédants d'exploitations agricoles.
© Fabien Reveret

Quel est votre rôle en tant que sociologue ?

Delphine Guilhot : J'accompagne les cédants dans leur projet de transmission d’exploitation qui est un véritable enjeu pour le métier et pour les territoires.

 

Quel accompagnement proposez-vous aux agriculteurs qui vous sollicitent ?

D.G. : En tant que sociologue, je suis avant tout une praticienne qui opère selon le processus des sciences humaines, basé notamment sur les différents facteurs psychosociaux que peuvent être les rapports sociaux, la reconnaissance du travail, la capacité à se projeter sur l’après-transmission et la confiance en soi.

Lire aussi -> Transmission : Trois histoires d’agriculteurs

 

Pourquoi la transmission d’une exploitation agricole est-elle si compliquée ?

D.G. : Tout d’abord, transmettre son exploitation, c’est remettre à une ou des personnes de confiance, des biens en déléguant un pouvoir, en acceptant de cesser soi-même son activité tout en recherchant une continuité. Et c’est bien là toute l’étendue du problème car c’est un long processus auquel il faut commencer à réfléchir et à mûrir plusieurs années avant l’arrêt d’activité. C’est pourquoi les cédants se retrouvent très souvent confrontés à des problèmes auxquels ils ne sont pas forcément préparés. La confiance est la base de tout afin d’établir un contact viable entre le cédant et le repreneur.

Lire aussi -> Recruter les futurs talents de la Gen Z

 

Quels sont, selon vous, les facteurs expliquant ces difficultés ?

D.G. : Pour ma part, comme je l’ai déjà évoqué, les facteurs psychosociaux sont un vrai frein à la transmission. Si ces facteurs ne sont pas clairement identifiés, la personne aura des difficultés à débuter sa transmission, surtout si celle-ci se fait hors cadre familial. Il n’est pas rare par exemple, que des cédants n’arrivent pas à se faire à l’idée de quitter leur maison qui fait partie intégrante de l’exploitation. La transmission dépend également de la vision qu’a le cédant de son exploitation. Il doit être persuadé que son exploitation a de la valeur et du potentiel afin d’intéresser un éventuel repreneur. Mais ce n’est pas tout, les facteurs économiques, générationnels et structurels sont également à prendre en compte, tout comme le côté administratif qui est devenu de plus en plus lourd. La partie économique quant à elle, s’avère être un point capital dans l’optique d’une installation viable.

Lire aussi -> « Corrèze, Territoire de reprise »

 

Alors quels conseils donneriez-vous pour une bonne transmission ?

D.G. : La chose primordiale pour les cédants est d’anticiper la transmission afin que le passage de témoin avec le futur repreneur s’effectue le mieux possible. C’est un travail en amont pour se préparer à transmettre. Sans anticipation, le cédant s’expose à certaines déconvenues.

 

Les plus lus

Mickaël Vignal, au centre, a investi dans une centrale photovoltaïque de 36 kWc dont une partie de la production est autoconsommée.
Avec la baisse des tarifs de rachat d'électricité, l’autoconsommation est-elle devenue rentable ? 

À Sugères, Mickaël Vignal, éleveur laitier, a investi dans l'énergie solaire pour réduire sa facture d’électricité de 28…

Un nouveau kit d’introduction dérogatoire a été mis en place par le GDS. Il concerne les lots d’au moins 10 bovins âgés de moins de 24 mois, destinés uniquement à la boucherie ou à l’export.
Au 1er avril 2026 : les règles d'introduction des bovins évoluent

Les règles d’introduction des bovins en Haute-Loire évoluent le 1er avril 2026 afin de mieux concilier sécurité…

portrait de Domniqué Chargé, président de La Coopérative Agricole.
Dominique Chargé voit les coopératives “prêtes à reconstruire de la souveraineté”

Dans un pays aux 2 100 coopératives et où trois agriculteurs sur quatre sont adhérents, le chef de l’organisation faîtière des…

tank à lait avec des gens
Surproduction laitière : « L’enjeu est de faire la marche arrière la plus basse possible sur les prix »

Florent Kaplon, président du CRIEL et directeur amont des fromageries Dischamps analyse la conjoncture laitière et apporte un…

Le Cantal est le département de la région où la collecte laitière a le plus progressé fin 2025.
Lait de vache : Pourquoi la collecte laitière augmente ?

Depuis la fin de l'année, la production laitière a fortement augmenté à la faveur d'un automne clément et de fourrages…

De gauche à droite : Pierre Prallon, JA 43, Lionel Guy, président de la section lait de la FDSEA 43, Éric Richard, administrateur de la FNPL et vice-président  section lait de la FDSEA 43, Ludovic Blin, vice-président de la FNPL, J-Paul Peyral, administrateur FNPL et Géraud Bruel, président de la section lait du Cantal.
Tournée régionale FNPL : les éleveurs paient l’addition d’un manque d’anticipation industriel dans la crise laitière

En 2026, les éleveurs laitiers français paient le prix fort d’un manque d’anticipation industriel. C'est l'analyse portée par…

Publicité
Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 100€/an
Liste à puce
Accédez à tous les articles du site Réussir lait
Profitez de l’ensemble des cotations de la filière Réussir lait
Consultez les revues Réussir lait au format numérique, sur tous les supports
Ne manquez aucune information grâce aux newsletters de la filière laitière