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La suppression de l’aide au maintien des surfaces en agriculture bio au delà de 5 ans

Jean-Philippe Viollet, président de la Chambre d’agriculture de la Creuse, avait donné rendez-vous sur l’exploitation de Pierre et Marie Chartron, à Évaux-les-Bains.
Jean-Philippe Viollet, président de la Chambre d’agriculture de la Creuse, avait donné rendez-vous sur l’exploitation de Pierre et Marie Chartron, à Évaux-les-Bains.
© CDA 23

Depuis la PAC de 2010, des aides spécifiques à l’agriculture biologique avaient été mises en place pour remplacer les Contrats Territoriaux d’Exploitation.
Ainsi deux aides ont été créées : l’aide à la conversion en agriculture biologique (SAB-C) et l’aide au maintien des surfaces en agriculture biologique (SAB-M).
Les agriculteurs qui adhérent au respect du cahier des charges de l’agriculture biologique peuvent prétendre à l’aide à la conversion pendant 5 ans. Si cette aide est maintenue pour la nouvelle PAC 2015, il n’en va pas de même pour ce qui concerne l’aide au maintien dont les agriculteurs pouvaient bénéficier de façon pérenne et toutes productions confondues...

Un choix politique étonnant ...
Depuis janvier 2015, le ministère a décidé de confier aux régions le choix des critères d’attribution des aides du deuxième pilier de la PAC, notamment pour l’aide au maintien.  Contrairement aux Régions Poitou-Charentes et à l’Aquitaine, régions voisines avec lesquelles le Limousin est censé fusionner prochainement, le choix de notre région s’est porté sur une limitation de la période d’attribution de cette aide à 5 ans. Ainsi, les agriculteurs engagés depuis plus de 10 ans en agriculture biologique, « les précurseurs de la bio » ne percevront plus aucune aide spécifique à l’agriculture biologique en 2015. Pour Jean-Philippe Viollet, président de la Chambre d’Agriculture de la Creuse, ce choix est d’autant plus incompréhensible que le gouvernement et l’Europe affirment chaque jour, à qui veut bien l’entendre, leur ambition en termes de développement de l’agriculture biologique. Il demande à ce que les actes soient en cohérence avec les paroles et que l’on essaie de construire une politique harmonieuse entre les régions destinées à être rapprochées.
Enfin, il précise que pour lui, tout projet économique se doit d’être soutenu et encouragé par la Chambre d’Agriculture. C’est pourquoi, il assure mettre la même fougue à défendre des projets tels que l’atelier d’engraissement collectif de Saint-Martial-le-Vieux ou des projets relatifs au développement de l’agriculture biologique. Il cite pour l’exemple, la mise à disposition d’une salariée de la Chambre d’Agriculture pour l’animation de l’association GAB Creuse, via la récente signature d’une convention (voir édition de la semaine dernière, ndlr)

Un signal négatif en direction des agriculteurs bio
Pour Pierre Chartron, agriculteur qui s’est converti à l’agriculture biologique en 1999, le manque à gagner va être important. En effet, l’aide au maintien pour le département de la Creuse constituait un budget de 363 000 euros pour 81 exploitations. Les exploitations qui seront concernées par la suppression de cette aide verront leur montant de subvention diminuer de 4 000 euros en moyenne.
Pour lui, même s’il lui reste quelques marges de manœuvre pour palier le manque à gagner (comme le fait de retarder certains investissements par exemple), il n’en reste pas moins vrai que sur le long terme, les répercussions auront forcément un impact sur l’activité générale de son exploitation.
Par ailleurs, il pense que la conduite d’une exploitation en agriculture biologique étant plus contraignante qu’en agriculture conventionnelle, un soutien d’aides global permettant de réajuster les revenus des exploitants ayant fait le choix de la bio est nécessaire et se justifie pleinement.
Il regrette qu’avec cette orientation, un signal négatif ait été envoyé aux producteurs bio ou aux conventionnels en phase de conversion. Il redoute les déconversions en bio et de ce fait, il espère ardemment que la région puisse revenir sur sa décision.

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