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La sécheresse n’a pas entamé les récoltes

Globalement, une année plutôt bonne pour le colza, le blé et l’orge. Ce sera plus compliqué pour les triticales (hybride artificiel entre le blé et le seigle) et le maïs.

Dans l’ensemble, les récoltes de blé, d’orge et de colza ont débuté en temps et en heure, début juillet. Elles n’ont pas été précoces, mais extrêmement rapides. Aucun épisode pluvieux n’est venu interrompre le travail.

Un manque de rayonnement pour le colza

Concernant le colza, le soleil a clairement manqué. Le début du cycle a été extrêmement humide et couvert. La floraison n’a pas duré très longtemps. Résultat, la moyenne des récoltes s’élève à un petit 3 tonnes par hectare, avec des variations pouvant aller de 2 à 3,5 selon les parcelles. À noter, quelques dégâts liés aux ravageurs d’automne sur certaines parcelles semées et levées trop tardivement, notamment dans le Sud du département, entre Gannat et Bellenaves. Certains secteurs ont même été enlevés. « Face à la résistance des insectes, l’idéal aurait été de semer au plus tôt, fin août, maximum début septembre » indiquent les techniciens de la Chambre d’agriculture.

Peu d’épis de blé mais…

Côté blé, on a évité la catastrophe. Si le nombre d’épis était initialement inférieur à la moyenne : 500 épis au m2, contre 600 à 700 en moyenne, la fertilité et le PMG (poids de mille grains) ont permis des compensations. Concrètement, les pertes de tallage liées aux excès d’eau en sortie d’hiver n’ont pas causé de conséquences graves. « Finalement, on a limité la casse. La sècheresse quant à elle n’a pas impacté les résultats : on avait fait le plein d’eau avant. »  analyse Luc Fournier, technicien de la Chambre d’agriculture de l’Allier.

L’orge s’en tire bien

Malgré quelques accidents localisés (mauvais enracinements, pluies, problèmes de désherbage), le climat n’a pas entaché non plus les récoltes d’orge de l’année, qui montent à 6/7 tonnes par hectare. Là encore, la précocité des récoltes a permis d’éviter les dégâts liés à la sècheresse. Ce sera plus compliqué pour les triticales, clairement impactées par la météo de l’année, tout comme les parcelles de maïs non irriguées…

Confrontées à une année émaillée d’excès en tout genre, les cultures auvergnates de colza et de blé plafonnent. Les rendements sont aussi hétérogènes que le climat a été chaotique.

À l’initiative de la Chambre régionale d’agriculture d’Auvergne-Rhône-Alpes, d’Arvalis et de Terres Inovia, des techniciens des chambres départementales d’agriculture et d’instituts techniques, se sont retrouvés début septembre à Gannat. Objectif : analyser la dernière campagne céréalière en confrontant leurs résultats sur le colza et les céréales d’hiver. Au niveau du colza, les surfaces en Auvergne-Rhône-Alpes ont progressé de + 23,4 % par rapport à la moyenne de ces trois dernières années. 45 000 hectares de colza ont ainsi été semés durant cette campagne, dont 18 000 hectares en Auvergne (14 000 ha dans l’Allier, 3 000 ha dans le Puy-de-Dôme, et 1 000 ha en Haute-Loire). Au final, la moyenne des rendements est proche de 29 q/ha. Un volume décevant par rapport à 2017, qui restera une année exceptionnelle avec une moyenne de 36 q/ha. « L’asphyxie racinaire constatée en hiver, (ndlr : liée notamment au gel et aux larves d’insectes d’automne), a eu un impact majeur sur l’alimentation de la plante en phase printanière. Sur les secteurs concernés, les mécanismes de compensation n’ont pas pu se mettre en place », explique Arnaud Micheneau de Terres Inovia. Par ailleurs, les températures élevées en floraison ont conduit à une demande importante sur un temps réduit en énergie pour évoluer en siliques. « Or le rayonnement comparable aux normales, n’a pas permis de satisfaire cette demande, conduisant à des avortements. La fin du remplissage a également été perturbée par des maladies en fin de cycle », note le technicien.

Une implantation compliquée

Tout comme le colza, la campagne 2018 du blé d’hiver a été pénalisée dès le départ par des semis « dans le sec », avec des levées qui, par endroit, ont pu être retardées jusqu’à fin octobre. « En décembre et janvier, les cultures ont globalement bénéficié de températures douces et de précipitations assez abondantes. En février, elles ont localement chuté jusqu’à -15°C et ce durant plusieurs jours, altérant de fait le potentiel de certaines parcelles », analyse Sébastien Poitevin du bureau régional d’Arvalis. Au final, selon les premières estimations d’Agreste, le rendement moyen en Auvergne devrait s’établir autour de 55 q/ha. Dans le détail, une moyenne de 63 q/ha dans le Puy-de-Dôme (+3,3 % par rapport à 2017) pour une sole globale de 42 000 ha ; une moyenne de 60 q/ha dans l’Allier (-0,8 % par rapport à 2017) pour une sole globale de 54 000 ha ; une moyenne de 45 q/ha dans le Cantal (+2,2 % par rapport à 2017) pour une sole globale de 5 000 ha et une moyenne de 52 q/ha en Haute-Loire (+8,3 % par rapport à 2017) pour une sole globale de 14 000 ha. Ces moyennes cachent toutefois de fortes disparités, comme l’explique Mickaël Bimbard, technicien de la Chambre d’agriculture de l’Allier :
« Les résultats vont de 30 à 100 q/ha. L’hétérogénéité des rendements en blé s’est accentuée. Les excès climatiques en tout genre ont accéléré ce phénomène ».
Le déficit d’épis a été quasiment général, y compris sur les terres les plus fertiles. « Nous avons dénombré 750-800 épis au m² alors que normalement, on monte
à 1 000 épis ». Un phénomène qui au final pèse lourdement sur le rendement.

Sophie Chatenet


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