Aller au contenu principal

La production laitière face au renouvellement des générations

Fin mars à l’initiative du Comité régional interprofessionnel de l’économie laitière (CRIEL) de Nouvelle-Aquitaine, une conférence était organisée autour du renouvellement des générations, un défi pour la filière bovins lait.

4 personnes sur une scène devant un diaporama.
Conférence du Criel Nouvelle-Aquitaine sur la transmission en bovin lait.
© Pascale Dumont

Depuis 2015 et la fin des quotas laitiers en Europe, la production bovine laitière française est en net recul (-8 %) alors qu'elle progresse dans d'autres pays de l'Union. Cette baisse est particulièrement marquée en Nouvelle-Aquitaine (-34 %). Elle intervient dans un contexte mondial où la demande prévue à l'horizon 2032 est forte. En outre, l'autosuffisance laitière de la France régresse.

Même si les marges et le résultat des exploitations bovins lait s'améliorent, elles demeurent en queue de peloton des productions au niveau rentabilité. Du côté des consommateurs, si le pouvoir d’achat reste une des principales préoccupations des Français, les ventes de produits laitiers en GMS se maintiennent malgré l'inflation. La part des laits végétaux dans les ventes reste minime. Attention toutefois : près d'un consommateur sur deux déclare restreindre ses dépenses afin de pouvoir boucler ses fins de mois. Au niveau alimentaire, la viande et le poisson sont les plus touchés mais les fromages sont également concernés.

Face à ces constats, un autre s’impose : la moitié des éleveurs laitiers a plus de 50 ans. Une vague de départs en retraite est donc attendue alors que le nombre d’installations est à peu près stable depuis 10 ans. En Nouvelle-Aquitaine, où cette proportion est encore plus marquée, on observe 2 arrivées pour 10 départs en moyenne. À noter également que l'offre disponible n'est pas toujours en rapport avec la demande. Ainsi par exemple, lorsque 9 % des exploitations à transmettre concernent le bovin lait, la demande sur cette production n'est que de 4 %. A contrario, les exploitations maraîchères à transmettre représentent 10 % du total mais ce sont 16 % des candidats qui sont intéressés par cette production.

La physionomie du porteur de projet a aussi beaucoup évolué ces dernières années : de plus en plus souvent hors cadre familial, de plus en plus de femmes, d'installation en bio… Cela révèle une approche différente du métier avec des questionnements sur les systèmes de production, le sens et les aspects humains. Pour le Crédit Agricole, l'attractivité du métier n'est pas seulement liée au revenu. La méconnaissance du métier, des formations, une image négative et caricaturale pénalise l'agriculture. La banque du secteur agricole observe également que les outils de financement alternatif (prêt d'honneur, portage financier etc.) considérés par les conseillers comme un vrai plus sur l'installation sont trop souvent inutilisés. Plusieurs chiffres « sur lesquels la filière doit travailler et trouver des solutions » invitent à la réflexion. Une installation en GAEC en hors cadre familial sur 3 éclate dans les 3 premières années d'activité. En production bovin lait, 5 € d'actifs sont nécessaires en moyenne pour dégager 1 € d’EBE. Les hors cadres familiaux représentent 24 % des installés en bovin lait contre 52 % en production caprine.

Les plus lus

À Saint-Victor, chez Gilles Tailhardat.
S’installer en élevage bovin : deux exploitations à reprendre ont ouvert leurs portes dans l’Allier

La Chambre d’agriculture de l’Allier a organisé le 26 février un après‑midi dédié à la découverte de deux exploitations bovins…

grille à bétail
La grille à bétail, un nouveau dispositif breveté

Éleveur à Saint-Priest-en-Murat, Antoine Monce a inventé un système efficace pour retenir ses vaches sur leur pâturage. Cette…

producteur de fromages dans une cave qui présente une fourme de salers AOP
Pas de vaches au Salon, mais les fromages du Gaec Troupel en concours

À Loubéjac de Carlat, le Gaec Troupel perpétue une tradition fromagère familiale en salers et cantal fermier, vieille  de…

Une jeune femme accroupie devant des aubracs au cornadis porte un gilet Chambre d'agriculture du Cantal
Maëva conseille une cinquantaine de fermes

À 22 ans, Maëva Dollé-Roullier a troqué son rêve de devenir vétérinaire contre celui  de conseillère en élevage bovin…

Surproduction laitière : la filière Saint-Nectaire asphyxiée, les producteurs sommés de réduire leur production 

Le Saint-Nectaire étouffe sous une surproduction record. Face à l’urgence, la filière appelle les producteurs à réduire…

Chenilles processionnaires : risques, périodes dangereuses et conseils pour se protéger

Les chenilles processionnaires, aussi fascinantes que dangereuses, refont surface et entrent dans la période ou elles…

Publicité
Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 100€/an
Liste à puce
Accédez à tous les articles du site Réussir lait
Profitez de l’ensemble des cotations de la filière Réussir lait
Consultez les revues Réussir lait au format numérique, sur tous les supports
Ne manquez aucune information grâce aux newsletters de la filière laitière